Les diplomates congolais de Londres redonnent de la voix

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Les démissions de quelques membres de l’Ambassade de la République Démocratique du Congo en Grande-Bretagne, pour des raisons politiques (hold up électoral) et financières (impaiement et absence de fonds de rapatriement), dont Le Phare s’était fait l’écho dans son édition du mercredi 15 février 2012, avait suscité une vive réaction du chef de la diplomatie congolaise, Alexis Thambwe Mwamba, aussi bien dans le journal précité que sur RFI. Dans sa réplique, le ministre congolais des Affaires Etrangères avait imputé les décisions de ces diplomates à une démarche visant l’obtention du statut de réfugiés politiques.

Alors que l’on croyait le dossier clos, les diplomates visés viennent de réagir. Ils persistent et signent que leurs démissions n’ont rien à avoir avec une recherche voilée d’asile politique pour eux-mêmes et les membres de leurs familles. Ils réaffirment leur refus du statu quo politique au sommet de l’Etat à la suite des irrégularités flagrantes ayant faussé les résultats des élections présidentielle et législatives nationales.

Selon eux, l’autre véritable face du problème est d’ordre financier. Le ministère des Affaires Etrangères, soulignent-ils, se montre incapable de mettre des fonds de rapatriement à la disposition des diplomates rappelés de leurs postes pour Kinshasa. S’agissant du cas précis du ministre Thambwe Mwamba, en fonction depuis 2009, on lui attribue trois messages de rappel des diplomates basés à Londres, caractérisés par un grand flou quant à la prise en charge des opérations de leur retour à la «Centrale», comme on aime à le dire dans les milieux des fonctionnaires des Affaires Etrangères.
On cite, au hasard, le cas d’une 1ère Secrétaire de notre mission diplomatique à Londres, Mme Fulako Bitombi.

 Rappelée au pays en 2009, elle avait dû poireauter pendant plusieurs mois à Londres avant d’être dépannée grâce aux recettes locales de la chancellerie. Pour ce qui est des mesdames Marie Josée Wandja et Eugénie Ntumba,  rappelées sur décision du ministère britannique des Affaires Etrangères pour la première et du gouvernement congolais pour la seconde, l’ambassade congolaise à Londres avait dû quémander pour elles des billets d’avion auprès d’une agence de voyage, Kinshasa ne leur ayant envoyé aucun rond.
On rappelle aussi le drame d’un ancien Chargé d’Affaires de la RDC à Londres qui n’avait reçu, en tout et pour tout que l’équivalent de trois mois de son salaire au titre d’indemnités de fin de carrière, après 18 ans de bons et loyaux services rendus à la Nation.

Les diplomates présumés candidats à l’asile politique font par ailleurs remarquer que l’impaiement du personnel diplomatique en postes à l’étranger est une maladie chronique pour la diplomatie congolaise. Parlant du cas spécifique de l’ambassade congolaise à Londres, ils affirment que les13 unités signalées sur la mise en place communiquée en octobre 2010 au ministère des Affaires Etrangères restent impayées, alors que leurs salaires sortent régulièrement des caisses de l’Etat. Les « enveloppes » de paie sont perçues par des personnes non reprises sur la liste établie en octobre 2010. Il s’agirait là, à leur avis, d’un détournement pur et simple des fonds publics.

Bref, les diplomates ci-après, membres à part entière du corps diplomatique congolais en Grande-Bretagne, travaillent sans salaires depuis octobre 2010 : Marie Ndjeka (2me Conseiller), André Khasa Nsungu (2me Conseiller), Bushiri Kabobo (Secrétaire/attaché financier), Baby Kazadi Moussonzo (1er Secrétaire), Mamie Yaya Efunga (1er Secrétaire) ; Koyalebo Kwangbo (2me Secrétaire) ; Sébastien Kabengele Mamba (2me Secrétaire), Joséphine Mwangu Ntumba (2me Secrétaire); Claire Mbombo Mpiana (Attachée d’Ambassade); Muepu Kabongo (Attaché d’Ambassade); Paul Mukolonga (Attaché d’Ambassade) ; Joséphine Anifa Gatanga (1er Conseiller). Londres, soutient-on, ne serait pas l’unique cas d’ambassade avec personnel accusant plusieurs mois voire des années d’arriérés, alors que des fonds de rémunérations sont régulièrement ponctionnés des caisses de l’Etat.

Kimp

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