Les défenseurs de droits de l’homme dénoncent l’instrumentalisation de la justice en RDCongo

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Les défenseurs des droits de l’Homme dans notre pays n’accordent aucun crédit aux poursuites engagées par le Parquet général de la République contre le Bâtonnier national de l’Ordre des avocats en Rd Congo, Maître MBUY MBIYE Tanayi. Au contraire, ils soupçonnent une intention de nuire. A l’appui, ils ont étalé un chapelet d’irrégularités inimaginables. Ils se sont ainsi exprimés le vendredi 03 août 2012, lors d’un point de presse organisé dans la salle des réunions du «Centre pour la résolution pacifique des conflits», dans la commune de la Gombe. A la table de conférence, on a noté la présence de plusieurs responsables d’ONGs du secteur de la défense des droits humains tels que Me Jean-Marie Vianney Kwebe Wassis pour «Avocats sans frontières » ; Me Sylvain Lumu pour «Ligue des électeurs (L.E.) » ; Me Marie-André Muila Kayembe pour «Toges Noires (T.N.) » ; Me Jacob Baluishi pour « Observatoire congolais des droits humains (OCDH) » ; Me Georges Kapiamba pour « Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) ; Jean-Marie Mulumba pour « Le Conseil national des associations pour la démocratie et les droits de l’homme », etc…

En tant que citoyens soucieux de l’émergence d’un Etat de droit dans leur pays, ils ont dénoncé dans des termes durs la recrudescence de l’instrumentalisation de la justice et autres services de l’Etat ces derniers mois à travers des procédures arbitraires contre des paisibles citoyens en RDC.
Ci-dessous, le communiqué rendu public à l’issue de ce point de presse par ces Ongs.   
RSK
COMMUNIQUE DE PRESSE DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME EN RAPPORT AVEC LES POURSUITES ENGAGEES CONTRE LE BATONNIER NATIONAL DE L’ORDRE DES AVOCATS DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
 Les défenseurs des droits de l’Homme, préoccupés en tant que citoyens par la situation d’insécurité et d’agression qui sévit à l’Est de la République Démocratique du Congo, notent avec amertume la recrudescence de l’instrumentalisation de la justice et autres services de l’Etat, ces derniers mois, à travers des procédures arbitraires contre les paisibles citoyens en RDC.


 Il en est ainsi de la procédure engagée contre le Bâtonnier national de l’ordre des avocats congolais, Maître MBUY MBIYE TANAYI, dont le domicile et le cabinet ont été, le 12 juillet 2012, l’objet des perquisitions sur instruction du Procureur Général de la République. Ses ordinateurs et moniteurs, téléphones portables, DVD et autres ont été emportés au Parquet Général de la République au motif déclaré qu’il serait en intelligence avec le M23, Mouvement rebelle très actif à l’Est de la République Démocratique du Congo.
 Les défenseurs des droits de l’Homme en RDC expriment leur vive inquiétude, non seulement face à cette action du Parquet Général de la République mais, surtout face à sa lettre adressée à Monsieur le Doyen du  Conseil National de l’Ordre pour interpeller et interdire le Bâtonnier National MBUY MBIYE TANAYI sur une délation lancée sur internet, encore que la plainte du Bâtonnier National, bien antérieure à l’interpellation du Procureur Général de la République, demeure non instruite à ce jour. Et pourtant, la personne qui est à la base de la persécution du Bâtonnier MBUY MBIYE et qui se cache sous le pseudonyme de Ricky TSHISHIKU MBUYI, avance dans son second message du 18 juillet 2012, à 13h23 qu’elle était à Addis-Abeba, à la réunion de la conférence internationale des pays des grands Lacs. C’est que celle-ci est bien connue des autorités publiques qui étaient dans la délégation de la République Démocratique du Congo en Ethiopie.


Les défenseurs des droits de l’Homme dénoncent avec fermeté toutes ces tracasseries judiciaires à l’encontre du premier des avocats congolais. Elles constituent un coup dur à l’indépendance du Barreau de la République Démocratique du Congo et de ses avocats en tant que rempart ultime des citoyens pour la défense de leurs droits face à l’arbitraire des pouvoirs publics. Au moment où le Bâtonnier National est préoccupé aux impératifs de l’efficacité, de compétence comme fondement de tous les Barreaux dans le traitement des dossiers des justiciables, et ce, aux fins d’apporter leur contribution à l’édification d’un Etat de droit en leur qualité d’agent essentiel de l’administration de la justice telle que adoptée et proclamée par le 8ème Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants le 07/09/1990 à La Havane, il n’est pas indiqué de réduire I’Avocat au silence. C’est dans cette optique que s’inscrivent les affaires CHEBEYA devant la Haute Cour Militaire ; Magistrat Costa KOLESHA devant la Cour d’Appel de Lubumbashi, WOTO MPUNGA, juge humilié à KIPUSHI par les éléments de la JUNAFEC de Gabriel KYUNGU wa KUMWANZA, Président de l’Assemblée Provinciale du Katanga, et tant d’autres.


 Les défenseurs des droits de l’homme trouvent que ces travers ci-haut dénoncés qui portent atteintes à la vie et à la dignité de ceux qui concourent à la bonne administration de la justice comme pilier de la démocratie ne font pas de la République Démocratique du Congo un Etat respectueux des droits humains et de ses engagements internationaux en tant que Nation civilisée. Il est temps d’y mettre fin.
 C’est pourquoi les défenseurs des droits de l’Homme rappellent au chef de l’Etat ses prérogatives régaliennes en tant que garant de la Constitution, et lui demandent, en vertu de l’article 69 de la Constitution, de faire tout ce qui est en son pouvoir en vue d’amener le Ministre de la justice à agir, en ce qui le concerne, dans le sens d’assurer un dénouement équitable de cette affaire allant dans le sens de son classement sans suite.


Fait à Kinshasa, le 03 août 2012,
LES SIGNATAIRES,

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