Les consommateurs pour une caisse de stabilisation sociale

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Tshibumbu wa Katanda est le président d’une asbl dénommée  Collectif des Défenseurs des Consommateurs du Congo ( Col-Def ). Lui et ses pairs du comité directeur  s’interrogent   depuis plusieurs années sur la destination des reliquats  retenus par des entreprises étatiques et autres sur les factures d’eau, d’électricité, de carburant, des mouvements opérés dans les  banques et messageries financières.

De manière isolée, le reliquat d’achat de quelques litres d’essence, ou encore le  retrait d’une somme d’argent  ne représente rien. Mais en arguant l’absence de petites coupures pour justifier ces retenues, au finish  ces sociétés et entreprises privées ne s’enrichissent- elles pas sur le dos de la population et de l’Etat ? A la fin de chaque exercice fiscal, l’Etat accorde une rallonge de trois mois  aux entreprises  assujetties  au fisc pour déposer leurs bilans.
Les retenues signalées ci- dessus  sont –elles déclarées à la DGI ? Telle est la question qui les préoccupe.

Visiblement peiné,  Tshibumbu nous a dit le week-end passé qu’ils militent  pour la défense des intérêts des consommateurs. Prenons le cas des Kinois qui se ruent  vers les banques à la veille des fêtes de fin d’année pour recevoir de l’argent envoyé par leurs proches vivant en Europe. 150, 12 dollars, 200,07 dollars, 80, 07 euros, 100, 11 euros etc… sont par exemple les sommes censées recevoir les destinataires. En faisant la         sommation de différentes parties décimales  amputées de milliers  des  personnes,  les banques et messageries financières  concernées réalisent des bénéfices juteux.
Notre hôte a dit avoir déjà  fait la ronde de la DGI, et de plusieurs entreprises de la place pour exposer ce problème.  Il s’est même adressé aux plus hautes autorités du pays.

«  A ce sujet, je suis favorable à votre idée de mettre au crédit du compte de nos clients la différence due après leur paiement suite à l’absence de coupures de banque à faible valeur faciale». Telle est la réponse d’une lettre envoyée à l’ADG d’une entreprise de la place en 2005.
Dans une de leurs correspondances à une entreprise de messagerie financière,  il  a  écrit : «  En effet,  depuis 2001, tous les envois dont le montant renferme des décimales, ne nous ont été payés que jusqu’aux unités et cela pour des raisons très claires ».

Le président du Col- Def a indiqué que ses interlocuteurs se  montrent quelques fois prévenants.  Une fois, on lui tint ce langage : Une réunion va se tenir  incessamment chez nous au cours de laquelle ce problème sera débattu. Revenez dans quatre jours».  Une autre fois on lui a fait comprendre qu’il devrait se diriger vers la direction générale d’une entreprise bancaire pour poser son problème.  Mais au fil des jours, a-t-il souligné,  les portes entrebâillées se referment. Un autre jour,  ses  interlocuteurs  lui  ont répondu  d’un air gêné que leurs machines  sont  incapables de faire de calculs complexes.
«E tant qu’informaticien de formation, je leur ai proposé mon expertise », a- t-il indiqué.

Cri de cœur

Ne s’avouant pas battu, il a déclaré tourner ses regards  en ce moment en direction du ministère de l’Economie, mais aussi des responsables des partis politiques au pouvoir.  Ajoutant par la même occasion qu’il serait ravi de  voir le  ministre  de l’Economie prêter une oreille attentive au cri de cœur du Col- Def. Cela y va surtout  de l’intérêt  du petit peuple.

Et comme proposition, il  a suggéré  que  les milliards des francs congolais provenant des reliquats des factures des biens et services courants puissent être logés dans la caisse de stabiliser des prix des biens consommables. Une partie de ces fonds peuvent être reversés aux importateurs des produits congelés pour stabiliser les prix des «mpiodis», du riz, des poulets, des poissons salés, de l’huile d’arachide, des rognons….
Ces fonds devraient être gérés conjointement  par le ministère de l’Economie, les églises, des asbl comme le Col- Def, etc…
Sera-t-il entendu ? L’intéressé l’espère car la sommation de ces reliquats  va constituer une masse importante d’argent. Si elle est utilisée à bon escient, elle allégera le calvaire des consommateurs.

Jean- Pierre Nkutu

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