Les Congolais ne fréquentent pas les Bibliothèques

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Après une rénovation importante de ses espaces, la médiathèque de l’Institut français de Kinshasa, Halle de la Gombe, a réouvert ses portes le mardi 31 mai 2011. Cette cérémonie a eu lieu en présence de l’ambassadeur français en RDC, Jacquemot, des responsables de l’Institut français, de l’artiste musicien Barly Baruti, etc. Elle a été suivie d’un grand débat sur le livre de la RDC, lire, écrire, éditer. Animé par Djate Yadi de la Radio Okapi, avec la participation des professeurs Makolo, Budimbani, Yoka et Maître Mundala, il a connu aussi la participation de plusieurs personnes, notamment des étudiants, des écrivains, des imprimeurs, des éditeurs, etc. Au cours de ce débat, deux grands points ont été évoqués, à savoir : l’accès au livre et lecture-savoir.

Après la coupure du ruban symbolique, le Directeur de l’Institut français de Kinshasa, Gilles Vaubourg a pris la parole pour souligner que cette réouverture était attendue depuis longtemps. Il a invité tout le monde à en profiter. Pour finir, il a remercié l’équipe CESAM qui agit en partenaire et tous ceux  qui les ont soutenus. Il a souligné que celle-ci n’est plus une bibliothèque, mais une médiathèque. Il y aura des livres de tous les domaines. On n’a pas oublié les enfants avec les bandes dessinées.

L’ambassadeur français en RDC, Jacquemot, a annoncé que beaucoup d’autres lieux vont s’ouvrir car Kinshasa va accueillir  bientôt le sommet de la Francophonie. Il a avoué que depuis son arrivée à Kinshasa, en l’an 2008, il n’a pas connu de véritables librairies. Dans l’enceinte de la médiathèque sont exposés des livres, des photos des poètes, des écrivains, des romanciers, des journalistes etc. tant Congolais, Africains, Français que Belges.

Déroulement du Grand Débat

L’extrait d’un film a été projeté au début, racontant l’histoire de la destruction du livre. Des pompiers ont brûlé tous les livres. Un petit garçon en a pris un, et commencé à le feuilleter. On le lui a ravi et jeté au feu. Pour le professeur Makolo, le fait d’arracher un livre entre les mains de l’enfant, signifie qu’on ne veut pas qu’il entre dans une vision du monde. Des statistiques ont été données sur l’état du livre. Sur 27 éditeurs, 19 sont à Kinshasa, 7 à Lubumbashi et 1 à Bukavu. La RDC compte 18 librairies à Kinshasa, 4 à Lubumbashi et 2 à Kisangani. Des bibliothèques vivantes, il y en a 11 à Kinshasa, 7 à Lubumbashi et 3 à Bukavu. En moyenne 70 % d’étudiants fréquentent les bibliothèques dont 27 % sont des filles. Il n’y a pas de statistiques pour les lecteurs et les spécialistes de la critique littéraire.

En ce qui concerne l’accès aux livres, le professeur Mudimbani a dit qu’il y a très peu d’étudiants qui vont dans les bibliothèques alors que l’abonnement ne coûte que 1500 FC à 4000 FC l’an. Les livres coûtent moins chers, surtout chez Médiaspaul mais les étudiants ne s’en procurent pas. Un intervenant a réagi en soulignant que la RDC est un pays sous-développé et ses habitants n’ont pas les moyens de s’acheter un livre. Un autre l’a contredit en relevant que les jeunes trouvent de l’argent pour boire et non pour acheter les livres. Donc, il y a de l’argent en RDC. D’après le professeur Makolo, les Congolais en général lisent peu. Il faut une politique nationale du livre pour que les gens se rendent compte de son utilité. Il faut aussi comprendre les fonctions sociales, économiques et fiscales du livre. Le livre est encore un bien de luxe, a souligné maître Mundala.

Le professeur Makolo de son côté renchérit que le livre est considéré comme n’importe quelle matière. Il y en a qui le vendent en l’étalant par terre. La librairie par terre contient surtout des livres volés. Selon lui, il faut multiplier les bibliothèques pour permettre aux jeunes de tous les coins d’avoir accès au livre et il faut au moins une bibliothèque dans chaque commune car la plupart de celles-ci sont situées en ville. Il y a des jeunes qui ne connaissent pas la ville et n’ont jamais vu une bibliothèque. Les étudiants ont indiqué que les professeurs leur rendent un mauvais service en mettant des syllabus à leur disposition. D’où ils n’ont plus le courage de consulter les livres.

Pour le deuxième point, la lecture-servir et la lecture-savoir, le professeur Makolo dit que les jeunes ne s’intéressent plus à la lecture littéraire. Et maître Mundala souligne que les livres prévus au programme scolaire ne sont pas sur le marché. Jusqu’à ce jour, il y a des professeurs qui utilisent leurs anciens cahiers d’élèves par manque de livres.

Georgine Lobunda (STG Ifasic)

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