Les Congolais d’en-bas au bord de l’énervement : Gardes du corps, halte aux dérives !

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Les personnalités politiques de premier plan, les grands opérateurs économiques, les stars de la musique, du sport et du cinéma s’entourent souvent d’éléments armés ou de pratiquants d’arts martiaux chargés de leur sécurité rapprochée. La République Démocratique du Congo ne déroge pas à la règle. Ce qui devient particulier à notre pays, c’est la cohorte de citoyens qui, pour des raisons fondées pour les uns, et fantaisistes pour d’autres, se déplacent avec des écuries d’agents armés chargés de les protéger.

Ainsi, à Kinshasa comme en provinces, députés nationaux et provinciaux, sénateurs, ministres, vice-ministres, chefs d’entreprises publiques et privées, présidents des conseils d’administrations des sociétés, gouverneurs de province, bourgmestres…

s’exhibent avec leurs policiers ou militaires partout : bureaux, domiciles, routes, fleuves, lacs, ports, aéroports, gares de trains, hôtels, restaurants, bars, terrasses, stades, salles de cinéma, salons de coiffures, piscines publiques, champs, fermes agricoles, lieux mortuaires, etc. 

            C’est un vrai spectacle, sur les routes de Kinshasa par exemple, de voir des escortes motorisées des citoyens d’une catégorie spéciale tout bousculer sur leur passage à longueur de journée, au mépris du Code de la route et de plusieurs dispositions constitutionnelles. Les articles 11, 12, 13, 16 et 17 énoncent pourtant un certain nombre de principes, tels celui qui veut que « Les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » ; tel aussi celui qui stipule que «  tous les citoyens sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois » ; ou encore celui qui dit qu’ « aucun Congolais ne peut, en matière d’éducation ou toute autre fonction, faire l’objet d’une mesure discriminatoire ; ou enfin celui qui tranche que «  la personne humaine est sacrée ».

            Hélas, la Société congolaise, en matière de protection individuelle, a éclaté en classes. Il y a d’un côté des citoyens qui se comportent, avec le concours de leurs gardes du corps, comme s’ils disposaient du droit de vie ou de mort sur les citoyens de seconde zone, destinés à être écrasés comme des punaises dès qu’ils se retrouvent volontairement ou non sur le chemin, à être jetés dans des caniveaux en cas d’embouteillage, à être roués des coups et humiliés lors des manifestations publiques, à être plaqués contre des murs dans les escaliers…

Les voies de fait sur de paisibles citoyens coupables du crime d’avoir gêné la progression d’une escorte d’une « V.I.P. » sur une route ou dans un carrefour, d’avoir occupé dans un restaurant une table proche de celle d’un intouchable ne se comptent plus. Des cas de blessure grave, d’incapacité physique due à une bastonnade ou un coup de crosse, voire de mort d’homme ayant comme auteur des gardes du corps d’un décideur politique ou d’un mandataire public, de son épouse, de ses enfants, des frères ou sœurs, de ses oncles ou tantes, sont désormais légion. La famille, nucléaire comme élargie, d’une VIP est à craindre autant que la VIP elle-même.

Une nouvelle classe de policiers et militaires est d’ailleurs née. Il s’agit de celle comprenant des hommes en uniforme bénéficiaires, en plus de leurs soldes, des primes consistantes qui les places au-dessus de leurs compagnons d’armes, qu’ils se mettent à considérer comme des laissés pour compte. 

Il faut arrêter les dérives 

            Kinshasa a enregistré, en un temps record, une longue série de dérives qui interpellent le commun de mortel. Il est temps d’arrêter les dégâts moraux, matériels et corporels, au risque de provoquer, à la longue des situations explosives chez les « petits citoyens », sans titres ni fonctions officielles, que l’on humilie et énerve tous les jours. Cela devrait commencer par la réduction du nombre de personnalités dont la sécurité rapprochée exige la présence d’un ou de plusieurs policiers ou militaires armés. Il n’est pas normal qu’il y ait tant «d’élus» au statut de bénéficiaires  de la garde rapprochée auxquels il faut ajouter les multiples «épouses» ainsi que les enfants et autres membres de clan qui passent actuellement leur temps à narguer le petit peuple aussi bien à Kinshasa qu’en provinces  avec leurs « armées » d’agents en armes commis à leur sécurité.

            S’agissant des policiers et militaires chargés de la protection de hautes personnalités, il serait souhaitable qu’ils suivent une formation spécifique sur le maniement des armes, la psychologie des foules et la connaissance des textes légaux qui s’appliquent à eux-mêmes ainsi que leurs « patrons » en matière de maintien d’ordre public et du respect des droits des autres.

                                               Kimp.

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