Les Congolais de Libye abandonnés ?

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Depuis que la situation politique et sécuritaire en Libye tourne à la guerre civile, de nombreux Etats d’Europe, d’Amérique, d’Asie, d’Océanie et d’Afrique ont organisé des ponts aériens en vue de l’évacuation de leurs ressortissants. Au milieu de ce sauve-qui-peut, des citoyens d’un pays d’Afrique, la République Démocratique du Congo en l’occurrence, semblent abandonnés à eux-mêmes. Ils assistent, la mort dans l’âme, au carnaval d’avions civils et militaires italiens, français, américains, anglais, canadiens, chinois, russes et autres chargés du rapatriement, par milliers, des étrangers. Des cellules de crise sont en alerte permanente à l’aéroport de Tripoli ainsi que dans les capitales occidentales, africaines et asiatiques, pour veiller à la sécurité des candidats au retour dans leurs patries d’origine.

Alors que le Conseil des ministres, lors de sa réunion du vendredi 25 février 2010, a chargé plusieurs ministres, dont celui des Affaires Etrangères de prendre les dispositions requises en vue de sécuriser nos compatriotes et d’organiser leur rapatriement, les choses ne semblent pas évoluer telles que prévues. 

En effet, plusieurs membres de la communauté congolaise  sur la centaine résidant en Libye ont envoyé des messages de détresse au Phare, dans lesquels ils signalent la situation de précarité qui est la leur.

Selon des versions concordantes recueillies par le quotidien de l’avenue Lukusa, plusieurs écueils se présentent sur la voie du rapatriement des Congolais de Kinshasa actuellement en pourparlers avec l’ambassade congolaise à Tripoli. La première difficulté est d’ordre sécuritaire. Pour sortir de la capitale libyenne en direction de la frontière tunisienne, les ressortissants étrangers le font à bord des convois diplomatiques (bus ou voitures d’ambassades), afin de ne pas tomber victimes des bavures de l’armée, des forces de sécurité, des milices ou des mercenaires de Kadhafi.

Les étrangers à peau noire et d’origine francophone courent, en plus, le danger d’être lynchés à mort par leurs propres voisins, en raison du mécontentement populaire provoqué par la présence des mercenaires étrangers en territoire libyen, que l’on dit être venus des Etats noirs francophones.

Par ailleurs, l’administration et les services de sécurité de Tunisie refoulent systématiquement les étrangers non accompagnés par au moins deux diplomates de leurs pays d’origine. A en croire les Congolais de Libye, deux membres de notre ambassade avaient accepté au départ de les convoyer jusqu’à la frontière tuniso-libyenne. Mais, à la dernière minute, l’un deux a désisté, au motif qu’il utilise sa voiture personnelle pour les courses de service et que, pour le cas d’espèce, il ne tient pas à prendre des risque car si les choses tournaient mal en chemin, il n’a aucune garantie d’être dédommagé.

Avec un seul diplomate volontaire pour le voyage de Tunisie, la communauté congolaise de Libye est bloquée. Entre-temps, l’insécurité s’accroît d’heure en heure pour les étrangers encore présents au pays de Kadhafi, singulièrement à Tripoli. Ou les rations alimentaires sont en train de se vider dans les rares grandes surfaces encore opérationnelles.  Les Congolais de la RDC ont assisté, avec des regards d’envie, peu avant la fin de la semaine, au départ de leurs frères et sœurs Congolais de Brazzaville, étroitement encadrés par les diplomates de leur pays.

Etant donné que la volonté de leur venir en aide est clairement affichée par le gouvernement, ils attendent impatiemment qu’elle soit traduite en actes. En attendant la concrétisation de la promesse gouvernementale, les ressortissants de la RDC affichent un profil bas en terre libyenne. Leurs vies sont d’autant en danger que les manifestants contre Kadhafi ont la conviction que des mercenaires congolais seraient mêlés, avec d’autres, à la sale besogne des massacres des populations civiles.        

                                   Kimp

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