Les congolais chassés par la mauvaise gouvernance

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Combien des fois les Congolais se verront-ils refoulés de l’Angola ? Jusques à quant Kinshasa fera-t-il la sourde oreille devant de telles violences sur ses propres ressortissants chassés comme des bêtes sauvages par les autorités d’un Etat voisin pourtant considéré comme ami et frère de par les liens séculaires de sang, de voisinage et d’une riche histoire commune avant, pendant et après la colonisation ? Les images retransmises et les reportages des médias tant nationaux qu’étrangers sont édifiantes et poignantes : des femmes dénonçant des actes des viols massifs perpétrés par des hommes en tenue et en armes, des confiscations des biens personnels tels que l’argent, les bijoux, etc.

 Comme le disait Martin Luther King « ce qui effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons. A la fin nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis ». Il ne se passe plus un trimestre sans que l’Angola n’expulse sans ménagement et par des actes de violence rare des milliers des Congolais qui ont cru aux relations fraternelles et amicales tissées depuis des générations ancestrales à travers des tribus transfrontalières étalées sur plus de 2.000 Kms des frontières que les participants à la Conférence de Berlin en 1885 avaient tracées sur la base de leur imagination se basant sur des cartes ne tenant pas compte des affinités tribales et ethniques.

Ingratitude caractérisée

Avant les indépendances des pays africains, le Congo était la terre d’accueil par excellence. Des Africains provenaient de tous les quatre points cardinaux du continent, notamment de l’Afrique Occidentale, du Centre, de l’Est, du Nord et du Sud et même des Iles des Océans Atlantique et Indien. Ils étaient tous attirés par les climats variés, la beauté des paysages, le sens d’accueil des populations autochtones, les richesses naturelles du sol et du sous-sol, bref des possibilités d’emplois qu’ils ne pouvaient pas trouver chez eux.

 Pour l’Angola particulièrement, des milliers des ressortissants de ce pays qui partage plus de 2.000 Kms des frontières communes ont toujours vécu en harmonie avec les populations autochtones, une situation considérée toujours comme un modèle de cohabitation pacifique. Tout d’abord pendant toute la période de la colonisation portugaise, des millions des sujets angolais s’étaient déversés dans les provinces du Bas Congo, de Bandundu et du Katanga pour fuir les affres de cette situation historique qui dura jusqu’en 1975, mais qui se perpétua encore pendant la longue guerre civile pour la prise et le contrôle du pouvoir d’Etat par l’un des mouvements politico-militaires.

Quelle n’a été la surprise des Congolais fuyant leur pays vers le voisin du sud de vivre les affres non pas d’une guerre civile mais de se voir refoulés chaque fois et subir des atrocités infrahumaines de la part de ceux-là qu’ils considéraient comme des frères, Raison pour laquelle ils les avaient hébergés durant des décennies et dont certains avaient conclu des liens d’alliance matrimoniales jusqu’à se procurer illégalement et à peu des frais la nationalité congolaise grâce à la magie de la politique du recours à l’authenticité prônée par le régime en place avec particulièrement le changement des noms.

Ce qui permit à certains parmi eux d’exercer des hautes fonctions politiques et de grande responsabilité dans les entreprises commerciales privées et paraétatiques. Tous ces bienfaits semblent avoir été oubliés par les voisins angolais qui ne se gênent pas le moins du monde à recourir aux méthodes violentes et criminelles pour refouler ceux qui les avaient hébergés pendant des décennies. Combien des morts parmi les femmes, enfants et vieillards congolais n’a-t-on pas enregistrés, combien des blessés graves parmi les refoulés congolais d’Angola n’a-t-on pas enregistrés, combien des femmes et filles congolaises même de bas âge n’ont-elles pas été violées par des militaires et policiers angolais lors des opérations de refoulement ? On ne compte pas les biens meubles et immeubles appartenant aux ressortissants congolais vivant en Angola ravis sans motif valable par les autorités de ce pays frère ? Tout se passe dans un silence inquiétant des autorités de Kinshasa qui se cachent comme des autruches face aux actes de violence, aux humiliations et massacres de leurs concitoyens et cela au grand jour par des gens qui avaient bénéficié de l’accueil, soutien militaire et politique du Congo.

Mauvaise gouvernance
    
Si depuis deux à trois décennies, les Congolais ont pris le chemin de l’exil dans des pays voisins et même de l’Occident, c’est pour fuir la mauvaise gouvernance de leurs dirigeants. Mauvaise gouvernance qui a détruit tout le tissu économico-social, industriel et agropastoral les condamnant ainsi au chômage de sorte que sur cent diplômés sortis des universités et instituts supérieurs, seuls dix peuvent se trouver un emploi. Les autres se verront contraints de recourir à l’informel, notamment la vente des cartes de téléphonie cellulaire ou le cambisme le long des avenues, marchés ou aux abords des grands magasins. Il est tout de même paradoxal que les habitants d’un pays béni des dieux dans tous les domaines de vie soient contraints à l’exil pour survivre grâce à de petits boulots. Exactement comme ce fut le cas de tous les ressortissants des pays d’Afrique toute entière vers les années avant 1960 qui venaient au Congo par centaines des milliers attirés par les chances d’embauche et des climats variés et riches et surtout de l’accueil par les populations autochtones.

Les congolais paient aujourd’hui le prix le plus lourd à cause de la mauvaise gouvernance de leurs dirigeants. Un  paradoxe inimaginable, une humiliation incroyable et cruelle pour des populations d’un pays regorgeant toutes les richesses que Dieu a produites et dont certaines n’existent qu’en RDC. Comme disent les ressortissants d’un pays voisin de l’Est : « Après avoir créé le Monde, Dieu est allé se reposer au Congo ».
Bien gouvernée, la RDC ne manquerait de rien. Son espace vital – 2.345.000 km² – peut héberger jusqu’à 1.000.000.000 d’âmes. Ses terres, d’une fertilité providentielle, sont capables de nourrir l’Afrique tout entière. Elle est gâtée en eau douce, en ressources naturelles et minérales. Son budget annuel, actuellement chiffré à plus ou moins 7.000.000.000 de $ Us peut être multiplié par 10, et pourquoi pas par 20. La République Démocratique du Congo, c’est vraiment l’image de la millionnaire mendiante. A cause de la mauvaise gouvernance, ses filles et fils sont devenus des mendiants et nomades universellement connus et épinglés en mal. Les Congolais sont chassés de partout comme s’il n’avait pas une patrie. C’est triste.
F.M.

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