Les citoyens s’interrogent : à quand la fin de l’usage des armes létales par la police ?

0
31

Après les tristes événements qui ont endeuillé à plus de deux reprises, les partis politiques de l’opposition dont l’UDPS, indigné les milieux politiques de notre pays, épris de paix et de justice, et inquiété en même temps, la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, les Congolais ont fait un triste constat de l’intervention policière en RDC. En effet, lors des manifestations publiques des formations politiques alliées au pouvoir, la police ne recourt pas aux armes à feu, mais quand il s’agit de réprimer celles des partis d’opposition, des fonctionnaires, des étudiants ou des ONG de défense des droits de l’homme, les différentes unités d’intervention larguées sur le terrain, se servent volontiers des armes létales, telles que Uzi, Fa et autres Kalashnikov. Même si la mission de rétablissement de l’ordre public perturbé ne consiste pas à s’en servir, des dérapages sont vite arrivés et le pire a toujours été déploré.

Le fait que les policiers à la gâchette facile qui violent les consignes de sécurité, ne font pas souvent l’objet des poursuites judiciaires, laisse penser, pour bien d’observateurs, à un laisser-aller, sinon à l’absence de contrôle des éléments d’intervention par les supérieurs hiérarchiques, chargés de leur encadrement sur le théâtre des opérations.

Pourtant, dans le cadre de la discipline policière, tout élément imprudent qui a tiré par mégarde, un coup de feu, au corps de garde ou ailleurs, même sans faire de victime, est immédiatement mis aux arrêts, entendu sur procès-verbal et écroué pour dissipation des munitions de guerre.
De ce constat, les Congolais continuent de s’interroger sur les méthodes policières encore en usage dans notre pays. Pourquoi cette répression à deux vitesses ?
Pour un camp politique, C’est le recours aux boucliers, casques de protection et matraques, tandis que face à l’autre camp, on utilise des armes létales. Mais qu’est-ce qui peut expliquer cette différence de traitement quand on sait que la police doit être citoyenne, apolitique et républicaine ? Qu’est-ce qui justifie le choix de ce genre des méthodes ?

Autant des questions poussent les citoyens congolais à se demander quel type de police ou de policier faut-il pour sécuriser le processus électoral congolais.
On sait que 3.000 policiers de la Légion nationale de la PIR suivent actuellement une formation spéciale pour la sécurisation du processus électoral au Centre d’instruction de la police à Maluku. Cette formation appuyée par la Mission Eupol RDCongo, la police de la Monusco, l’Agence française de coopération et d’autres partenaires, permettra à la PNC, de disposer des bataillons prêts à intervenir lors des manifestations publiques, des troubles dans les bureaux de vote et centres de compilation. Avec leur équipement constitué d’armes non létales, on suppose qu’elles seront mieux outillées pour ramener le calme et la paix durant tout le processus électoral.

L’autre question qui préoccupe également les observateurs, est celle de savoir si ces effectifs suffisent pour tout le territoire national. Comme on le voit, si cette formation ne couvre pas la plupart des unités d’intervention de la police basées dans les villes, les territoires et les secteurs, on va certainement se retrouver devant une carence des effectifs formés pour la sécurisation des élections.
Le risque majeur est que si ce problème n’est pas vite résolu, l’on aurait pendant la précampagne, la campagne électorale, les élections, et la période postélectorale, deux types d’unités d’intervention sur le terrain. L’une, formée et équipée d’armes non létales, et l’autre, non formée et utilisant des armes létales.
Voilà pourquoi il s’avère plus qu’urgent, de poursuivre cette formation et l’étendre vers d’autres forces de police qui seront déployées jusque dans les collectivités. Il faudrait d’autre part, qu’aussitôt cette formation assurée, que ces policiers formés à la sécurisation du processus électoral, soient dotés des équipements adéquats ne pouvant pas mettre en péril l’organisation des élections dans certaines parties du territoire national. Processus que tout le monde souhaite réussie dans un climat apaisé.

D’autres observateurs craignent qu’avec la carence des effectifs de la Police nationale congolaise, il soit fait recours aux unités combattantes des Fardc qui, comme on le sait, n’ont que leurs armes et la logique militaire d’«écraser» l’ennemi quand elles sont appelées en renfort. Elles ne font pas la différence entre les partis politiques de l’opposition et les « ennemis » venus de l’extérieur de notre pays.
Toute la classe politique qui appelle de tous ses vœux, des scrutins transparents, crédibles, démocratiques et apaisés, espère que le gouvernement veillera à ce que les forces de police soient déjà préparées à leurs futures missions. Cette exigence est aussi formulée par les ONG de défense des droits de l’homme, ainsi que la communauté internationale qui accompagne le processus électoral congolais depuis 2006.

J.R.T.

LEAVE A REPLY

*