Les Casques bleus avaient préféré le corps à corps

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Au cours de la conférence de presse d’hier mercredi 25 août, le porte-parole militaire de la Mission de l’Onu pour la stabilisation de la RD Congo (Monusco), le lieutenant-colonel Gaye, a révélé les mesures qui sont désormais prises par la force des casques bleus pour prévenir l’enchaînement de viols constatés au début du mois d’août. Il s’agit, entre autres, de l’intensification de la présence des militaires onusiens par des actions de routine; l’organisation des patrouilles régulières devant bénéficier des appuis de la population et des autorités locales etc.    

            En effet, a-t-il indiqué, environ 15 villages, proches des uns des autres dans la localité de Kibua, territoire de Walikale dans le Nord-Kivu, ont fait l’objet d’une série de viols par des éléments soupçonnés appartenir aux Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) et Mai Mai Sheka le 31 juillet et le 2 août. L’information est parvenue à la Monusco le 12 août et une équipe conjointe de protection a été dépêchée vers les lieux dès le lendemain 13 août. L’équipe a déterminé qu’il y aurait environ 180 victimes.

            Dans une déclaration datée du mardi 24 août, le Secrétaire Général de l’Onu, Ban Ki-moon, s’est dit « indigné » par cette attaque et a décidé de dépêcher immédiatement le Sous-secrétaire général chargé des opérations de maintien de la paix, Atul Khare, en RDC. Il a également demandé à sa Représentante spéciale pour la violence sexuelle dans les conflits. Margot Wallstrom, de diriger les initiatives des Nations Unies en réponse à cet incident ainsi que d’en assurer le suivi. Par ricochet, le numéro 1 de l’Onu a réitéré son appel à la démobilisation des groupes armés en RDC et leur adhésion au processus de paix en cours.

            Tout en invitant les autorités congolaises à mener une enquête sur ces incidents, à poursuivre en justice les auteurs de ces crimes et à renouveler leurs efforts pour mettre fin à l’insécurité qui sévit dans cette partie du pays, la Monusco à son niveau indique que les investigations sur le terrain sont déjà en cours.

Notons par ailleurs que dans le territoire de Shabunda, on observe la poursuite des mouvements de populations à la suite des attaques des FDLR lancées au début du mois d’août. En attendant, les vérifications en cours, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies ( OCHA) a estimé à 11.700 le nombre de ménages déplacés au cours de ces derniers jours à Shabunda Centre où plus de 10.000 autres ménages déplacés vivaient avant cette crise. 

Meurtre des 3 casques bleus : la Monusco a évité le pire 

            Au Nord-Kivu, la situation sécuritaire a été dominée, selon le même porte-parole, par l’attaque sur la Base Opérationnelle de la Force de la MONUSCO à Kirumba et le meurtre de trois Casques bleus Indiens par les miliciens. En effet, le territoire de Walikale ainsi que la région de Beni-Butembo sont restés la semaine passée les régions principalement ciblées par les groupes armés et dans lesquelles ils ont commis la plupart de leurs méfaits. C’est le cas de cette attaque sans précédent sur la Base Opérationnelle de Kirumba, située à 25 kilomètres au Nord de Kanyabayonga, survenue dans la nuit du 17 au 18 août 2010 à 1h50, qui a coûté la vie à trois Casques bleus Indiens et lors de laquelle sept autres soldats ont été blessés. Une soixantaine hommes au total, munis d’armes rudimentaires, ont délibérément attaqué la Base en se faisant passer pour des habitants de Kirumba venant chercher de l’aide. Un service commémoratif pour ces trois casques bleus a été organisé à Goma dans la matinée du 19 août 2010 et les corps ont été rapatriés en Inde le 22 août 2010. Les FARDC assistent la MONUSCO pour retrouver les auteurs de cette attaque.

Cependant, face à la préoccupation des professionnels des médias cherchant à savoir qui devrait désormais sécuriser les soldats de la paix, le porte-parole Madnodge Mounoubai a insisté sur le fait que les casques bleus se sont sacrifiés en usant du corps à corps. « Imaginez le carnage qui aurait eu lieu s’ils avaient usé de leurs armes à feu ? Que dirait aujourd’hui l’opinion publique si cela arrivait ? » a-t-il questionné.

            En guise de conclusion, le porte-parole militaire a déclaré qu’en  Province Orientale, aucune activité majeure n’a été observée la semaine dernière de la part des éléments de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) dans le Haut et dans le Bas-Uélé. La Force de la MONUSCO continue dans le cadre de l’opération RUDIA 2, de mener des patrouilles de sécurisation de nuit et de jour à Dungu et dans ses environs. Toutefois, en Ituri, des miliciens ont attaqué un restaurant dans la collectivité Walendu Bindi le 11 août 2010, mais ont rencontré la résistance de la population, qui a tué l’un d’eux. Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) continuent leur opération dans la région de Poto-Poto, avec un résultat positif sur l’environnement sécuritaire local. 

Tshieke Bukasa

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