Les braqueurs des «wewa» dans les filets de la police criminelle

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Kinshasa connaît depuis plus d’une année, plusieurs vols de motos. Les différentes unités de la police provinciale ont enregistré à ce sujet, un nombre élevé des cas de braquages des motocyclistes. Ce genre des vols est souvent perpétré la nuit, dans certains quartiers périphériques. Les lieux de braquage, comme on peut s’en rendre compte, sont très éloignés des sous-commissariats et postes de police. Ce qui représente une menace sérieuse pour la profession des taxis-motos communément appelés «  Wewa ».

    A analyser ces méfaits, on constate que deux modus operandi sont utilisés par les malfaiteurs. Tout commence, comme il faudrait le signaler, par la  location de l’engin. Le client qui est lui-même voleur, donnera une destination où l’attendent impatiemment les autres membres de sa bande, armés et prêts à agresser toute victime. Dernièrement, au croisement des avenues Bongolo et Kasa-vubu, une dizaine des motocyclistes assis sur les sièges de leurs engins, moteur éteint, taillaient bavette. Eric Kilandamoko, l’un des motards accueillit avec courtoisie un client. Le client discute de la destination et négocia le prix de la course à 5.000 FC. Après accord, le « wewa » l’embarqua pour le quartier Kimbangu de Yolo-Nord sur une ruelle qui débouchait sur la rivière Kalamu. Et c’est là que dans une broussaille, sortirent trois malfaiteurs. Le « wewa » entouré, reçut l’ordre de descendre de l’engin. Sa vie, comme il l’a rapporté la semaine dernière, dépendait à cet instant, plus de sa soumission aux ordres des délinquants, que de sa résistance. L’un d’eux s’est mit à le fouiller. Non seulement on le détroussa de recettes de la journée, mais on lui a arraché sa moto. Traumatisé, Eric Kilandamoko tenta de se confier aux passants qui empruntent cette ruelle. Tous lui reprochèrent le fait d’avoir accepté très tard, une course ayant pour destination finale, le bord de la rivière. Un coin où opèrent souvent des bandes des malfaiteurs de tous acabits.


    Le second mode opératoire, comme nous avons eu à le relever,  n’est pas assez différent du premier. La course du taxi-moto se termine sur un terrain de football non clôturé. Dès que le client descend de l’engin, il prend tout son temps pour chercher de l’argent dans ses poches. Ce stratagème permet à ses lieutenants de venir les surprendre sur le lieu.  Sympho Kabeya, un taxi-motocycliste se rappelle encore aujourd’hui l’agression dont il a été victime au mois de juin à Kingabwa, à la sortie de la 14 ème rue Limete. Cette nuit-là, il avait transporté deux jeunes garçons et devait les déposer dans les parages de l’ancienne société Ozacaf. Il était 1 H du matin et la circulation était rare dans ce secteur. Dès que les deux clients sont descendus, l’un d’eux a aussitôt agrippé le « wewa » au cou, alors que ce dernier lui exigeait l’argent de la course. Soudain, un troisième lascar est arrivé sur le lieu. C’est lui qui a tiré un coup de feu en l’air et s’est emparé de la moto. Tabassé, Sympho Kabeya pleurait. Voilà que les trois bandits sont remontés sur sa moto et ont pris une destination inconnue. Le matin, une plainte a été déposée à un poste de police.

Le bataillon de la police d’investigations criminelles en scène

    Début août, Bobette Mwanza a saisi le Bataillon de la police d’investigations criminelles pour se plaindre au sujet du vol de sa moto. Cet engin a été extorqué à son taxi-motocycliste par des bandits qui l’ont agressé, au moment où il réclamait le paiement de la course de taxi. L’un d’eux l’avait menacé avec une machette. Pour sauver sa vie, le « wewa » leur a abandonné l’engin. Avec le récit de la victime, les enquêteurs se sont fait une idée du secteur où probablement devait opérer cette bande. Grâce aux éléments fournis sur les caractéristiques de l’engin, les limiers de la police criminelle sont parvenus à soumettre à un contrôle particulier, les motos trouvées à un terminus. Coup de chance, une moto était dépourvue des documents d’achat. Le suspect interpelé, a reconnu qu’il était voleur des motos. Il s’appelait Landu Lubanda alias Modogo, habitant dans la commune de Ngiri-Ngiri. A son actif, un lot d’engins dont il ignore les circonstances de vols, tellement ils sont nombreux. Néanmoins, il a aidé à l’arrestation de l’un de ses acolytes, en la personne de Nendaka Seke alias Mike, sans profession, domicilié au camp Luka. Ce dernier, réputé récidiviste, avait été arrêté au sein de cette même unité de la police, pour escroquerie immobilière. Il se présentait comme propriétaire des parcelles d’autrui, qu’il a tenté de revendre avec ses comparses.


    Les enquêteurs de la police criminelle ont pu récupérer deux motos de fabrication chinoise et de marque Boxer MB 100 de couleur rouge. Mercredi dernier, le dossier judiciaire de l’audition de ces deux prévenus, ainsi que les deux engins constituant des pièces à conviction, ont été transmis au parquet de grande instance de la Gombe. Au Bataillon de la police d’investigations criminelles, on estime que des recherches ne sont pas terminées. Elles continueront pour retrouver les autres membres de la bande à Modogo, ainsi que ceux qui avaient braqué d’autres motocyclistes et emporté leurs engins. A cette unité, l’on croit savoir que certaines de ces motos ont été revendues dans la ville de Kinshasa. Et l’on attend des indicateurs occasionnels qui disposeraient des informations sur les criminels et les réseaux de vente des motos volées pour pouvoir éradiquer ce genre des méfaits, aujourd’hui assez répandus dans la capitale.

                                                              J.R.T.
   

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