Les braqueurs des stations d’essence dans les filets de la police

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Le paisible quartier Bibwa de la commune de Kinkole, a reçu le week-end dernier, très tôt le matin, la visite d’une équipe d’éléments de la « brigade antigang » de la Police nationale congolaise. Leur véhicule laissé loin de ce quartier, ces limiers, tous habillés en tenue civile, dissimulés parmi les habitants, et scrutant secteur par secteur, étaient en mission de service. Une mission qui avait pour objet, l’arrestation d’un bandit dont la « carte de visite » renseignait qu’il était à la fois, un élément incontrôlé, tireur d’élite à la gâchette facile et braqueur des cambistes. Bref, l’ennemi public numéro un très recherché par tous les services d’enquête de la police.
Son repaire – la maison de son père, pris d’assaut à l’aube, à l’insu des voisins, n’a rien révélé de sa présence. Mais c’est au moment où il était sollicité pour faire visiter les bâtiments annexes aux policiers, que son papa s’est interposé à la porte d’entrée, leur barrant la route, comme s’il cachait quelque chose.

En effet, pendant qu’une vive discussion s’est engagée entre eux, le malfaiteur en a profité pour sauter par la fenêtre de la chambre et tenter de disparaître à travers le dédale des parcelles environnantes. Malheureusement pour lui, les éléments du Bataillon de la police d’investigations criminelles déjà déployés dans ce secteur, l’ont cueilli comme une pomme mûre.
Mis aux arrêts sur le champ, le fugitif a été acheminé sous bonne escorte à l’état-major du Bataillon de la police d’investigations criminelles pour un interrogatoire serré.

Gobolo Ndungubako qui n’avait plus rien à cacher, s’est spontanément dévoilé aux enquêteurs. «C’est vrai que je suis voleur à main armée ! J’opère avec des amis ! Et c’est nous qui avons braqué plusieurs stations d’essence dans la ville de Kinshasa, principalement dans la partie Est». Ces révélations fracassantes qui étaient accueillies avec soulagement, avaient valeur d’aveux. Car, l’homme a accepté de faciliter la tâche aux limiers de l’inspection provinciale pour appréhender les autres membres de la bande.
Ce coup de filet était important. Il a permis aux policiers de tomber sur les braqueurs des stations d’essence qui avaient nargué les services de la police, endeuillé la Brigade de garde Charly et dépouillé quelques sociétés pétrolières de la place. Sur instructions particulières des autorités de la ville et de la hiérarchie de la police, il fallait coûte que coûte arrêter la folie meurtrière de ces inciviques opérant comme des membres d’un commando aux desseins inavoués.
Qui seraient les amis de Gobolo ? Il a cité en premier lieu, leur chef de bande, le commandant Liyanza Busiyela Bahomato Bawalio, et en second lieu, ses comparses, les policiers Kazenga Mbembi et Kayizo Kobanga.

Au début de cette semaine, sur base des informations reçues d’un indicateur proche de ces bandits, la traque s’est poursuivie dans d’autres coins de Kinshasa, où se terraient ces malfaiteurs. Ce n’était pas facile d’appréhender les autres membres de la bande, parce qu’avec leurs téléphones portables, ils étaient souvent en liaison et se communiquaient régulièrement des nouvelles. Mais comment ne pas ébruiter la nouvelle de l’arrestation d’un des membres de cette bande, surtout que par leurs épouses ou concubines interposées, rien ne pouvait passer inaperçu ?
Dieu aidant, quatre brigands ont été appréhendés en moins d’une semaine.

Reconstitution de la série des braquages sur le terrain

Après que la police criminelle eut dressé les procès-verbaux de l’interrogatoire du commandant Liyanza et de ses lieutenants, les quelques contradictions qui se sont dégagées entre les membres de cette bande, nécessitaient par la suite, non seulement une confrontation, mais aussi une reconstitution des faits sur le terrain.

Par ces méthodes, on ose croire que les enquêteurs pourront être sûrs de disposer d’une seule version échafaudée à partir des aveux de chacun. Aujourd’hui, le Bataillon de la police d’investigations criminelles, soucieux de présenter un dossier judiciaire bien ficelé de tous ces braquages des stations d’essence à l’auditorat général des Fardc, a abattu un travail appréciable qui n’exigera pas de complément d’informations à ses limiers. A moins que l’arrestation d’un membre de la bande en cavale ne puisse orienter les investigations sur des crimes non dévoilés et des braquages non signalés par le premier groupe des prévenus.

De la station Engen de Lemba Salongo à la station service située non loin de rond point Ezo, au quartier agricole, en passant par la station Engen de l’entrée de la commune de Mont Ngafula sur l’avenue By pass, la station service Elf du quartier III, commune de Ndjili et la station d’essence de la société Total de l’avenue By pass, quartier Echangeur, commune de Lemba, tous les braquages ont été reconstitués dans leurs moindres détails.
Comment les bandits ont planifié chaque braquage, comment ils étaient entrés dans chaque établissement, leur déploiement, le rôle de chacun, l’usage des armes, le vol du butin et leur fuite. Les limiers de la police criminelle savent désormais tout.

Même aussi comment ils se sont retrouvés après les coups, le lieu du partage du butin, ainsi que la part qui revenait à chaque membre de la bande.
C’est ici le lieu de féliciter tous les éléments du Bataillon de la police d’investigations criminelles qui font la fierté de la Police nationale congolaise, et ajoutent un point d’honneur à l’Inspection provinciale de la police ville de Kinshasa. Des flics intrépides et courageux qui ont choisi au quotidien, d’assurer la sécurité de la population de la capitale congolaise, en traquant souvent à pied et au péril de leurs vies, ces hordes de malfaiteurs en quête des occasions pour piller et tuer.

J.R.T.

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