Les boulangeries asphyxiées par les taxes

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Mises à part la taxe douanière et l’impôt sur le chiffre d’affaires (ICA) à l’importation qui sanctionnent sérieusement les matières premières qui sont importées pour la fabrication du pain, le secteur de panification national bute, en plus, de façon notable aux divers frais qui alourdissent les charges d’exploitation des boulangeries, induisant ainsi une précarité financière préjudiciable à leur survie.Les opérateurs économiques de ce secteur vital particulièrement pour les populations des centres urbains – que Le Phare a rencontrés au ministère de l’Economie nationale et de l’Industrie – crient secours auprès des autorités de la République pour qu’une attention soit accordée à la réduction des taxes qui menacent la panification dans notre pays. Ils demadent que tous les ministères ayant dans leurs attributions l’importation des intrants et l’autorité sur les prix pour la panification, se concertent pour que le pain reste à la portée du pouvoir d’achat du commun des Congolais. Ces opérateurs se plaignent dans le cas d’espèces, des frais exagérés – autres que la taxes douanière et l’ICA – qui sont dus aux frais administratifs de OCC, Ogefrem, Tally Occ, Feri, DGDA, Frais de banques, Quarantaine et Agriculture, Frais de chargement par tonne, Frais de manutention etc. Selon des statistiques ces frais interviennent à plus de 30% sur le chiffre d’affaires des opérateurs de ce secteur. 

Nécessité d’un cadre juridique 

          C’est véritablement là un handicap à conjurer. Les mêmes statistiques des producteurs de pains montrent qu’au moment où la population kinoise  en particulier a doublé ou même triplé sa taille démographique, la production du pain, elle, a décliné. Plus d’une décennie plus tôt, notre pays comptait plus de 1.000 opérateurs économiques dans le secteur de la panification pour une population qui se chiffrait à  3 ou 4 millions d’habitants. Aujourd’hui, les données sont révélatrices d’une crise de pain qui pointe à l’horizon : l’effectif des opérateurs économiques dans ce secteur a baissé jusqu’à 300, avec parmi eux, deux à trois grandes boulangeries de taille industrielle, étant donné que le reste est constitué des PME ou petites boulangeries (qualifiées dans le jargon kinois de boulangerie ya sima ya ndako). Hier pourtant on pouvait compter une dizaine des grandes unités de panification telles que Qvo Vadis, BKTF, de renommée nationale.

          En outre, les opérateurs du secteur redoutent d’autres projets de lois qui seraient actuellement en examen au niveau du parlement dans le but d’alourdir les taxes lors de l’importation de la farine de froment et d’autres matières premières inhérentes à la fabrication du pain. Selon cette profession, cet accroissement tarifaire, fiscal et parafiscal qui pourra frapper encore ce secteur, risque de le plonger dans un état végétatif. Ils rappellent aux décideurs, tant au parlement qu’au gouvernement, que ce secteur est pourvoyeur d’emplois directs et indirects pour des milliers des compatriotes.Les quelques usines qui résistent encore risquent de fermer. Et cela concluent-ils, est défavorable au développement du pays. Pour empêcher cela, les autorités feraient mieux de doter ce secteur d’un cadre juridique adapté à l’essor de ce secteur. 

SAKAZ

 

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