Les Bakata-Katanga donnent raison à Obama

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miliciens_kata_katangaLe décret du président américain, Barack Obama, transmis le mardi 08 juillet 2014 au Congrès, et dont la trame s’articule autour de la situation sécuritaire en République Démocratique du Congo, continue d’agiter le microcosme politique congolais. Le point qui fait le plus débat est celui concernant l’élargissement des sanctions financières – gel des biens et avoirs financiers – aux parrains des groupes armés, notamment des personnes physiques individuellement ciblées par le Secrétaire au Trésor, en concertation avec le Secrétaire d’Etat.

 Des personnalités politiques congolaises se sentiraient-elles visées par les mesures annoncées par le numéro un des USA ? Toujours est-il que la panique semble s’être emparée des hommes et femmes qui se savent impliqués dans l’instrumentalisation des « forces négatives » qui entretiennent l’insécurité en territoire congolais et dans les Grands Lacs, que Washington considère désormais comme « une menace inhabituelle et extraordinaire pour la politique étrangère des Etats-Unis d’Amérique ».

A ceux qui tentent de soutenir que les « forces négatives », internes et externes, seraient en train de vivre leurs derniers jours en Province Orientale, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et au Katanga, à travers des opérations combinées de reddition volontaire ou de traque armée, selon le cas, les Bakata-Katanga viennent d’apporter un cinglant démenti. En effet, avec les désertions en cascade que l’on enregistre depuis un certain temps, au site de cantonnement de Kalemie, où des ex-combattants candidats au désarmement volontaire étaient en attente de leur transfert à Kitona, ceux-ci viennent de donner raison à Obama, qui pense qu’il faut une cure spéciale pour venir à bout de l’insécurité planifiée en RDC.

 L’on croit savoir que le refus subit des Bakata-Katanga de renoncer à leurs activités criminelles dans la province du Katanga tient certainement au fait qu’ils se savent protégés par des mains noires, qui tiennent absolument à la séparation de cette entité territoriale de l’Etat congolais. En regagnant en catastrophe leur milieu naturel, les éléments de ce groupe armé ont sans doute fait foi aux rumeurs en circulation dans cette partie de la République à la veille de la fête du 30 juin 2014 et qui faisaient état de la proclamation de l’ « indépendance du Katanga » le 11 juillet 2014.

Il était question, pour certains nostalgiques, de faire de cette date une journée historique, à l’image de celle du 11 juillet 1960, laquelle avait marqué, il y a 54 ans, la naissance de l’Etat Indépendant du Katanga, avec comme Chef de l’Etat Moïse Tshombe. Au regard des initiatives du genre de celle consistant à amener des criminels à Kitona, en vue de leur intégration au sein de l’armée régulière, alors que leur place est dans une prison, où il devrait expier leurs nombreux forfaits, il y a lieu d’en appeler à l’application sans faille, par l’administration américaine, des sanctions envisagées contre les protecteurs des forces négatives en République Démocratique du Congo.

Les populations civiles congolaises sont en effet écœurées de voir des seigneurs de guerre et leurs hommes, passés maîtres dans les massacres, les pillages, les vols, les viols et les atteintes récurrentes aux droits de l’homme, recevoir régulièrement des « primes spéciales » pour leurs crimes, sous forme d’offres d’intégration ou réintégration dans l’armée nationale, d’amnistie et d’autres faveurs destinées à leur éviter des procès suivis des condamnations à des peines d’emprisonnement à perpétuité et à des confiscations générales de leurs biens. L’impunité des membres des groupes armés est si courante en République Démocratique du Congo que d’aucuns adhèrent à l’idée d’Obama de faire le ménage sur la scène congolaise en lieu et place des Congolais.

                                               Kimp

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