Les attaques contre les institutions financières continuent !

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Le grand banditisme qui avait trouvé dans la ville de Kinshasa, son terrain de prédilection, alternant depuis plus d’un semestre, sans désemparer, des braquages, des cambriolages, des assassinats et des meurtres, s’est curieusement déplacé pour l’intérieur du pays. Et en ce mois de décembre 2013, sa signature a été décelée dans le Bas-Congo.

Dans cette partie de la république jusque-là épargnée par cette insécurité ambiante et grandissante, nous apprenons que la pègre, la redoutable, a laissé ses marques de manière indélébile dans les milieux financiers. Précisément dans la ville portuaire de Boma où dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 décembre 2013, la police provinciale du Bas-Congo a été mise en alerte, après le cambriolage spectaculaire d’une banque.

Des nouvelles en provenance de l’ancienne capitale de l’Etat indépendant du Congo, on signalent que c’est le bâtiment d’Afriland First Bank, situé au centre-ville, que des bandits avaient visé. Le lendemain matin, les agents de cet établissement bancaire faisaient une mauvaise découverte. Les portes de bureaux ouvertes, les serrures détraquées, les effets sens dessus dessous. C’est dans la caisse qu’on a enregistré les dégâts les plus importants. Les coffres-forts étaient déverrouillés et leur contenu emporté par des inconnus. Butin réalisé cette nuit-là : près de 400.000 dollars américains.

          Sur place, le seul policier présent à son poste, l’apj Kiazi Ndongala, trouvé étalé à même le sol et inanimé, était incapable d’expliquer ce qui était arrivé à la banque. Bien qu’il respirait encore, c’est dans cet état d’inconscience qu’il fut acheminé urgemment dans un centre médical pour y recevoir des soins appropriés. Depuis la nuit des faits, un de ses collègues était introuvable dans la ville de Boma et à son domicile, et ne répondait plus à l’appel de son unité. On apprendra de ses voisins de parcelle qu’il avait précipitamment quitté la ville de Boma sans révéler le lieu de sa destination et le but de son voyage.

Un policier de garde membre de la bande, en cavale depuis le cambriolage

Des jours après une cure de désintoxication, l’apj Kiazi Ndongala a fini par  retrouver ses esprits et s’exprimer. C’est lui qui va enfin révéler qu’il avait été drogué par le fugitif, à partir des mets leur apportés par une jeune fille qui passait pour la copine de ce dernier. Des sentinelles des installations des sociétés voisines diront plus tard, qu’elles avaient aperçu des groupes d’hommes en uniforme et armés, ainsi que des civils transportant du matériel de soudure et autres, débarquer à Afriland First Bank. Pendant que les techniciens s’affairaient de 22 heures à 2 heures du matin, les sentinelles étaient interdites de bouger et de crier par des éléments incontrôlés faisant la couverture. A combien étaient ces malfaiteurs ? Personne n’a pu donner le chiffre exact. Tous les témoins parlent de deux groupes qui totaliseraient une vingtaine des membres.

Aux dernières nouvelles, nous apprenons qu’une équipe d’enquêteurs venue de Matadi séjourne à Kinshasa, dans le cadre des investigations lancées au lendemain de ce cambriolage spectaculaire. Ces limiers disposeraient des éléments sur le cambriolage qui pourraient faire progresser l’enquête. Véritable coup de chance, la police provinciale de Kinshasa aurait réussi de son côté, un coup de filet intéressant. Deux suspects seraient tombés dans les filets de cette unité. Par cette arrestation, le Bataillon de la police d’investigations criminelles vient une fois de plus de réaliser une avancée majeure dans la traque de ces malfaiteurs, parmi lesquels se recrutent les braqueurs des agences de transfert des fonds et des succursales des banques commerciales, fichés dernièrement par ses services à la suite de nombreux coups. Avec des moyens de bord, si on a pu appréhender deux suspects, l’on croit savoir que pour la poursuite des recherches, des énergies seront nécessairement  mobilisées pour tenter de retrouver les traces des bandits qui viennent d’asséner un coup dur à Afriland First Bank, et qui se sont volatilisés dans la nature.

                                                                                                            J.R.T. 

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