Les artistes congolais signent l’album BD «Congo50»

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Les festivités du Cinquantenaire en RDC n’ont, peut-être, pas été à la hauteur des attentes des amoureux de la culture congolaise. Parce qu’elles étaient accaparées et récupérées aux fins politiques.  Mais, les artistes congolais n’ont pas baissé les bras. C’est le cas de l’Asbl Kin Label, spécialisée dans la bande dessinée. Huit de ses bédéistes ont étalé leur savoir-faire en racontant l’histoire congolaise des 50 dernières années dans un album intitulé «Congo50 ». Il s’agit de: Asimba Bathy qui a scénarisé le premier récit, «Indépendance Chacha »;Cara Bulaya pour le récit intitulé «La longue marche » ; Jules Baisolé pour le récit intitulé «Boum Yé! » ; Didier Kawende pour le récit intitulé «Kin La Belle » Fati Kabuika pour le récit intitulé «Les affaires »; Djemba Djeis pour le récit intitulé «Dans les camps » ; Tetshim pour le récit intitulé « Retour à Lubumbashi » et Jason Kibiswa pour le récit clôturant l’album « Bâtir l’avenir ». 

            Pour Alain Brezault, coordinateur scénaristique, qui présente l’album : « l’histoire est complétée par deux chronologies, l’une politique et l’autre culturelle, ainsi que par une description de l’évolution des différents drapeaux du pays,  entraînée par les changements du pouvoir au Congo. »

 Et, de renchérir sur le scénario:« Le principal fil rouge de l’album est constitué par les jumeaux Dipanda et Lipanda (ainsi que par leurs parents durant les trois premiers épisodes).

Baptême traditionnel des jumeaux dans une famille d’un niveau social moyen qui réside dans un des quartiers populaires de Kinshasa en fête à l’occasion de la proclamation de l’indépendance du Congo.

On suivra les événements au cours du temps, morcelé en huit parties sur les cinquante ans, à travers l’évolution du garçon et de la fille, témoins au début, puis acteurs confrontés aux événements plus ou moins violents qui ont rythmé l’histoire sociale et politique de leur pays. Eux-mêmes, en vieillissant, seront amenés à se trouver séparés, pour diverses raisons familiales, sociales, économiques, politiques, dans différentes régions du Congo-Zaïre… Dans le dernier récit, les jumeaux se retrouvent en famille à Kinshasa pour fêter leurs 50 ans au milieu de leurs enfants et petits-enfants. On fête en même temps l’anniversaire du cinquantenaire de l’Indépendance qui engage la nouvelle République Démocratique du Congo sur la voie d’une démocratie participative à laquelle les populations aspirent depuis tant d’années … » 

Un partenariat fructueux 

            Cet album de Bande Dessinée est réalisé avec l’appui de l’Asbl belge Africalia et le Centre Belge de la Bande Dessinée. Il a paru le 24 juin dernier à Bruxelles, en Belgique. Pour cet apport non négligeable à la culture congolaise, Mirko Popovitch, directeur d’Africalia souligne: « La ligne claire a tracé un trait discontinu entre les lecteurs d’ici et de là-bas. Mais où est l’ici et pourquoi éditer une BD censée raconter ce qu’aujourd’hui beaucoup ignorent de l’histoire congolaise ? Le temps passe, les nouvelles générations manquent de repères et d’outils de références ou ceux-ci sont trop austères. Qui, parmi les moins de 20 ans connaît le passé colonialiste ou colonial de son pays et surtout les conséquences de cet héritage sur les 50 années d’indépendance évoquées dans cet album ?

            Ce parcours initiatique d’un demi-siècle d’histoire n’est pas un travail de représentation scientifique. Il reste le fruit d’une mémoire collective congolaise. Il est aussi le résultat d’une interprétation artistique de l’imaginaire populaire. Nous souhaitons que cette évocation culturelle de l’histoire puisse renforcer le désir de mieux se connaître et apporter sa pierre à l’édification du village global. »

            Du reste, sa mise en œuvre a été précédée d’un atelier d’encadrement scénaristique animé par Alain Brezault en janvier 2010 à Kinshasa. Une fois de plus, l’Asbl Kin Label, organisatrice a, dans le cadre de son programme triennal avec Africalia,  bénéficié de la collaboration du projet « AfriBD » d’Africultures. 

Grand succès sur son parcours 

            D’un format de 295×220 mm, l’album « Congo50 » contient 56 pages imprimées en couleurs. Il est édité en deux langues (français et néerlandais). D’où son succès lors des séances de signatures programmées à travers la Belgique. De tous les auteurs, il n’y a qu’Asimba Bathy qui a pu obtenir le visa de déplacement. D’où sa présence tant à la Rencontre publique à l’Horloge du Sud, au Bois des Rêves – Nuit Africaine,  Ottignies,  Librairie Brüsel – Boulevard Anspach, en compagnie des auteurs d’Aya de Yopougon, Marguerite Abouët et Clément Oubrerie ;  Stand à Matonge en Fête – Ixelles ; Stand à Congo Folies – Atomium – Heysel; Fnac Toison D’or; Espace Delvaux ; Ciné Apéro, Fnac Antwerpen ;  Groenplaats et Librairie Candide…  

Eddy Kabeya

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