Les architectes congolais dénoncent l’anarchie

0
61

Pour mettre un terme au désordre qui règne dans les domaines de l’Urbanisme et de l’Architecture, la Société des Architectes du Congo (SAC) en appelle à la réglementation.

La SAC a exprimé ce vœu au cours d’un point de presse que son président national a animé conjointement avec son homologue de l’Union des architectes d’Afrique, le vendredi 27 juin, au siège de l’association sis avenue ex-24 novembre.

C’est en marge de la célébration du cinquantenaire de la SAC que Claudien Mulimilwa a organisé ce face-à-face avec les médias dans un double but. A savoir : célébrer les 50 ans d’existence de la SAC, et interpeller par la même occasion les autorités nationales sur l’urgence qu’il y a à mettre de l’ordre dans les domaines de l’urbanisme et de l’architecture.

En effet, créée par Arrêté royal le 27 juin 1960, la Société des architectes congolais n’a jamais connu une quelconque réglementation en vue de mieux s’adapter aux réalités modernes en matière de construction.

Le minimum de lois, dont la plupart sont devenues obsolètes, auxquelles on se réfère à jour datent de la période coloniale, a indiqué le président de la SAC.

D’où l’appel de Claudien Mulimilwa à penser à la réglementation, notamment accélérer le vote des lois devant régir l’urbanisme, les architectes ainsi que l’exercice de la profession elle-même.

Parce que, relève la SAC, l’anarchie qui règne actuellement dans le secteur de construction est due au manque de la réglementation à laquelle les acteurs, du moins ceux reconnus du domaine, devaient être soumis.

Le fait qu’aujourd’hui n’importe quoi se tape le luxe de diriger les travaux de construction en hauteur sans avoir qualité. Ou encore calculer le risque ou conséquences que son acte pourrait causer à la société.

Pire, des expatriés se lancent dans la construction sans se référer au conseil des nationaux, de la SAC.Chose qu’on ne peut jamais s’imaginer sous d’autres cieux où il est toujours fait obligation aux étrangers de consulter les nationaux et travailler en symbiose avec eux.

En plus, constate la SAC, la tendance en Rdc est à faire plus confiance aux expatriés, à qui on confie souvent des marchés juteux, au détriment des compatriotes.

Ce, malgré les devis trop salés que lesdits expatriés présentent. 

Entreprises publiques et minières au banc des accusés

Cette situation d’anarchie entretenue par des étrangers est observée dans les entreprises aussi bien étatiques, d’économie mixte que minières où on assiste à des constructions qui s’écroulent à peine qu’on les a remises aux propriétaires.

C’est pourquoi la plupart de ces expatriés, fait observer Claudien Mulimilwa, ne mettent jamais leurs noms après la construction de l’ouvrage, comme le recommandent les normes en la matière. Raison : ils évitent non seulement d’endosser la responsabilité de l’ouvrage réalisé, mais également d’être poursuivis pour manque de qualité dans leurs pays d’origine. 

Fête perturbée par la mort de Robert Tshibanda 

Cette conférence de presse qui bouclait une série d’activités menées en marge des festivités du cinquantenaire de la SAC, a débuté en retard parce que les membres du staff revenaient du cimetière où ils ont été conduire à sa dernière demeure leur tout premier président congolais, en la personne de Robert Tshibanda, le même vendredi 27 juin 2010.

Outre le président de l’Union des architectes d’Afrique, l’Egyptien Seif Allah A. Alnaga avec qui Claudien Mulimilwa a con-animé la conférence, plusieurs membres dirigeants de l’Union étaient également de la partie. Ils étaient venus participer aux activités commémoratives de 50 ans d’existence de la SAC.

Tous ont condamné de manière unanime l’attitude du gouvernement congolais qui semble privilégier les architectes étrangers au détriment des Congolais.

Sur la même lancée, ils ont fait voir qu’il n’y a presque pas d’architectes congolais dans les travaux des 5 chantiers. 

Dom

LEAVE A REPLY

*