Les appels au boycott de l’Opposition

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evaristeComme annoncé lors du dépôt, par le ministre de l’Intérieur, du projet de loi électorale au Bureau de l’Assemblée Nationale, les députés de l’Opposition parlementaire ont mis à exécution leur menace de boycott des plénières ayant pour objet pareille matière. En effet, le lundi 12 janvier 2015, ils avaient sérieusement perturbé la séance du jour par des coups de sifflets et des chants, au moment de la présentation du texte précité par le ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, et du débat général y afférent.

La disposition à problème était celle faisant du recensement et de l’identification un préalable à la tenue des élections présidentielle et législatives. Mais, en dépit de ce tintamarre, la Majorité Présidentielle avait réussi un passage en force, en déclarant recevable le projet de loi électorale à une écrasante majorité. Croyant faire passer leurs idées au niveau de la Commission Politique, Administrative et Juridique, les délégués de l’Opposition parlementaire s’y étaient inscrits en grand nombre.

Leur déception était cependant grande de constater que l’article 8 tant controversé était maintenu dans sa formulation originale. Poursuivant son travail en solo, la Majorité présidentielle adoptait, le samedi 17 janvier 2015, au terme d’une séance marathon, le projet de loi électorale venu du gouvernement, avec des amendements sans impact sur le fond.

Aussitôt après le transfert du texte au Sénat en vue de sa seconde lecture, l’Opposition parlementaire lançait un nouvel appel au boycott et au blocage, avec la participation de la population.

Dans le but de prendre la tête de la contestation, plusieurs cadres et militants des partis de l’Opposition passaient la nuit de dimanche 18 à lundi 19 janvier 2015 dans les sièges de leurs partis, sur l’avenue de l’Enseignement, dans la commune de Kasa-Vubu, à un jet de pierres du Palais du Peuple. C’est ainsi que le lundi 19 janvier au matin, au moment où les forces de l’ordre scellaient, avec de gros cadenas les portails des parcelles abritant les sièges de différents partis de l’Opposition, leurs cadres et militants s’y trouvaient bloqués : cas de Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo, Delly Sessanga, etc.

Entre-temps, des manifestants venus spontanément des quatre coins de la capitale étaient confrontés aux forces de l’ordre à Matonge et Kasa-Vubu, dans le périmètre compris entre les avenues Kasa-Vubu, Enseignement, Ethiopie, Huileries, Gambela, Victoire et le Boulevard Triomphal. La pression populaire était telle que le Sénat, qui devait se réunir en plénière le même lundi 19 janvier, avait repoussé celle-ci au lendemain.

Kimp