Les agents de la Police criminelle sur les traces des malfaiteurs

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Le braquage spectaculaire du samedi 24 mai 2014, à 9 H 50’, de la fourgonnette de Raw Bank, perpétré avec une précision au millimètre près, à l’entrée des véhicules, devant l’usine de la Bralima, sur avenue Kabasele Tshiamala, pourrait commencer à livrer ses secrets. Cinq jours après ce coup, seule la reconstitution des faits effectuée par les enquêteurs de la Police d’investigations criminelles du Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa, avec la collaboration des victimes, jetterait un éclairage sur toutes les zones d’ombre qui assombrissaient toutes les étapes du braquage. Selon une source, les limiers lâchés sur cette affaire sont parvenus à bâtir une version mettant en lumière, tout le scénario de cet acte de banditisme. 

            En effet, le samedi 24 mai 2014, comme il faudrait le rappeler aujourd’hui, la direction financière de la Bralima avait apprêté dès 8 heures du matin, la somme des recettes de vente de ses produits.  Douze sacs contenant chacun 12.500.000 FC et un treizième sac, des devises. Pendant que les agents de la Bralima s’impatientaient, les coups de fil sont échangés entre les responsables de cette société brassicole et les cadres de sa banque. Le convoyage des fonds est confirmé pour cette journée. D’ailleurs, une fourgonnette a quitté Raw Bank pour l’avenue Kabasele Tshiamala.

            Une heure plus tard, une fourgonnette se signalait à l’entrée des véhicules. A bord, il y a le chauffeur, deux agents et un policier d’escorte. Seul à la guérite, l’agent de la société de gardiennage ASCO, refuse l’entrée au policier. Une vive discussion s’engage, malgré les explications fournies. Le brigadier Kalonji Tshimanga va se résoudre finalement à attendre la fourgonnette à sa sortie de l’usine.

            Le véhicule de Raw Bank s’engouffre alors dans les installations de la société brassicole et va se garer devant la caisse. L’embarquement des sacs d’argent se fait sans incident. Et après l’embarquement, l’engin va ressortir.

            A la sortie de l’usine, le chauffeur s’arrête. Il invite le policier d’escorte à venir les rejoindre pour regagner la banque. C’est à ce moment que quatre gaillards armés et en tenue civile, surgissent de nulle part. Ils braquent à la fois, le brigadier Kalonji à qui ils arrachent son arme et ordonnent de se coucher par terre. D’autres bandits ont arraché les clefs de contact de la fourgonnette. Le coffre arrière ouvert, les braqueurs sont attirés par la cargaison. Ils regrettent d’avoir amené une voiture de marque Mitsubishi Lancer, couleur verte, dont les plaques d’immatriculation sont recouvertes par des sachets noirs. Sa capacité de charge est visiblement moindre par rapport au gros butin. Ils s’interrogent alors sur les voies et moyens de tout embarquer. Car, de telles occasions de cambriolage sont rares. D’ailleurs, sur l’avenue Kabasele Tshiamala, les véhicules effectuent leur ballet sans se rendre compte de ce braquage.

Un braquage organisé qui dévoile la participation des complices internes

            Le chauffeur du fourgon est descendu furtivement du véhicule et refermé la portière, avant d’aller se réfugier derrière des camions de transport en stationnement. Ayant découvert tard la fuite du conducteur de Raw Bank, les bandits vont se contenter de deux sacs embarqués dans leur engin. Ils tiraient des coups de feu en l’air pour dissuader les éventuels poursuivants. La Mitsubishi des malfaiteurs a démarré en trombe et pris une destination inconnue. Seule satisfaction pour ces braqueurs, le butin constitué de deux sacs, ainsi que l’arme du brigadier Kalonji Tshimanga.

            Selon des informations obtenues auprès des travailleurs de la Bralima, les deux colis contenaient la bagatelle somme de 25 millions de FC.

            La Police criminelle qui a eu à enquêter sur une vingtaine de ce genre d’affaires criminelles, va orienter ses recherches sur les malfaiteurs. Ces bandits, selon toute vraisemblance, n’en seraient pas à leur premier coup. Ce sont récidivistes dont le modus operandi dévoile leur professionnalisme. Et dans cette unité, l’on croit savoir que l’attaque des convois des fonds est une spécialité propre à une catégorie des braqueurs maintes fois arrêtés et maintes fois transférés dans les parquets militaires.

            Une chose demeure surprenante. Le fait que malgré leurs nombreux antécédents judiciaires, ces multi-récidivistes ne purgent pas la totalité de leurs peines de condamnation. Certains même parmi eux, ne franchissent pas la porte d’entrée de la Prison militaire de Ndolo, pour des raisons difficiles à deviner et à comprendre.

Sur base des différentes descriptions faites de ces bandits qui ont opéré en plein jour et à visage découvert, les limiers de la Police criminelle du Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa, sont certainement sur la piste de ces brigands. Ils se sont faits une idée de l’identité de ces délinquants et il n’est pas loin le temps où ils localiseront leur refuge, avant de les appréhender.

            Au moment où nous couchons ces lignes, l’on croit savoir que ces membres de la pègre enivrés par le butin, se livreraient à des orgies dans les meilleures boîtes de nuit de Kinshasa, évitant ainsi de se pavaner pendant la journée. Probablement qu’ils attendent des informations sur d’autres agences de banques commerciales de la place, pour se livrer à d’autres attaques.

            Dans cette affaire, quelques suspects sont aujourd’hui dans le collimateur de la police criminelle.

J.R.T.    

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