Les activistes des droits de l’homme exigent la protection des civils

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Depuis que le mouvement rebelle du M 23 occupe certains territoires du Nord-Kivu, et impose son dispositif de sécurité et son administration à la tête de tous les services de l’Etat pour le contrôle de leur gestion, les populations martyrisées de cette partie de la RDC, se sont résolues soit à fuir la guerre et aller se réfugier dans les pays frontaliers de la RDC, soit à rester sur place et subir la loi de ces « seigneurs de guerre ». Les réfugiés qui ont fui les affrontements entre les Fardc et les rebelles du M 23 sont obligés de vivre aujourd’hui dans des camps sous des abris précaires faits de branchages, des sacs usagés et des sachets, et ne sachant quoi se nourrir et nourrir leurs enfants. Comble de malheur, les plus vulnérables d’entre eux dont notamment les vieillards et les enfants, sont terrassés par les maladies qui, faute de soins appropriés, en déciment quelques-uns. Quelques humanitaires dévoués pour leur cause, bien que dépassés par leur nombre – près de 90.000, et la diversité des cas de maladies qu’ils présentent aux postes de secours, ont déjà lancé un cri d’alarme et insisté pour un accroissement de l’aide alimentaire et des produits pharmaceutiques.

 Un véritable drame humanitaire, avaient-ils plaidé, frappe aux portes de ces camps de réfugiés qui reçoivent de l’aide au compte-gouttes. Il faut donc parer au plus pressé pour résoudre ces problèmes humanitaires et sauver ces nombreuses vies humaines contraintes de s’exiler loin de frontières de leurs territoires.

Par contre, les populations qui ont juré de vivre sous occupation de ces rebelles du M 23, connaissent les affres de la guerre, comme en témoignent de nombreux activistes des droits de l’homme. Pillages de ressources naturelles et des biens de populations. Femmes, jeunes filles et même des enfants violés à longueur de journées, des adultes et petits garçons sont même recrutés dans ce mouvement rebelle qui tient à imposer sa gestion des territoires sous son occupation et à étendre son hégémonie sur d’autres territoires et villages. Vouloir s’opposer à la loi de ces «  seigneurs de guerre » attire des foudres contre tout résistant. On a appris dernièrement des activistes de droits de l’homme que tous ceux qui s’opposent à la politique d’occupation des territoires encore sous leur contrôle sont soit tués, soit arrêtés et jetés en prison. La menace est tellement grande que les journalistes et les ONG de défense de Droits de l’Homme sont muselés. Les médias étrangers ne sont pas autorisés à enquêter sur les cas de viols commis sur les femmes et les petites filles, ainsi que sur des bébés. Ils ne peuvent pas non plus interroger les populations sur les exactions et autres crimes qu’elles subissent au quotidien.

Une chape de plomb couvre les crimes perpétrés par le M 23

Kasereka, un activiste de Droits de l’Homme joint vendredi soir au téléphone, en a marre de vivre sous le règne de cette occupation. Nous n’avons pas droit à la parole, a laissé entendre cet activiste de Droits de l’Homme, avant d’ajouter qu’ils vivent dans un territoire conquis comme dans une prison. Si les commerces sont ouverts pour permettre aux ménages de s’approvisionner facilement, les marchés sont placés sous haute surveillance et les activités agricoles sont perturbées avec la fuite de nombreux paysans.

            Bushiriri, un autre activiste de Droits de l’Homme de Goma, craint pour la vie des habitants des territoires gérés par les rebelles et qui envisagent de mener des actions de protestation contre cette occupation. Car, a-t-il fait remarquer, ceux qui avaient jubilé après la récupération des territoires par les rebelles du M 23, territoires évacués par les Fardc, à la suite des ordres reçus de Kinshasa, ont tous étés jetés en prison, torturés et menacés de mort. Le fait que les femmes opposées à dénoncer les habitants acharnés à la politique d’occupation du M 23 à l’Est de la RDC, ont été soumises dernièrement aux viols, comme sanctions, montre qu’elles sont exposées à toutes sortes de crimes.

            La semaine passée, le Haut-commissariat pour les réfugiés a recensé pour le seul mois de janvier 2013, 619 cas de viols au Nord-Kivu, dont 288 sur des mineurs et 43 sur des hommes. Si en 2011, on avait enregistré 4.689 cas de viols, les rebelles et autres hommes armés ont battu le record en 2012, en faisant 7.075 victimes.

            Dans ce registre des accusations portées contre les rebelles du M 23, l’ONG Human rights watch a documenté de nombreux cas et dans un rapport publié au mois de juillet dernier, elle n’a pas manqué de dénoncer les cas de viols attribués au mouvement rebelle, notamment sur 61 femmes et mineures en mars 2013. A cela, il faut ajouter une centaine de cas recensés par la Monusco.

            Que dire des journalistes congolais ou étrangers soucieux de faire la lumière sur les diverses violations des droits de l’homme perpétrées par les hommes du M 23, mais empêchés de faire leur travail, dans les territoires sous contrôle de ce mouvement rebelle ? On se rappellera que dernièrement, certains médias étrangers n’avaient pas réussi à obtenir des dirigeants du M 23, l’autorisation d’enquêter sur les viols commis sur les jeunes filles et les bébés, sur les raisons qui entravent les poursuites judiciaires contre les prétendus coupables, l’absence de prise en charge médicale des victimes et de leur indemnisation. Après les multiples défaites essuyées par le M 23 et l’ultimatum lui accordé par la Brigade internationale neutre, la menace des représailles est là. Voilà qui justifie ces craintes des ONG de défense de droits de l’homme, et plaide pour le renforcement de la sécurisation des populations locales contre les représailles des partisans du M 23.

                                   J.R.T.    

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