Les activistes de base à l’école de la non-violence active

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L’Abbé José Mpundu, prêtre et activiste de Droits humains, a pratiquement occupé l’essentiel du temps de la deuxième journée de formation organisée par l’ONG la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (V.S.V.) au profit de ses Comités de base. Une centaine des membres provenant de  toutes les communes de la  capitale, ont suivi du 27 au 28 janvier 2012, au Centre d’accueil Theresianum, à Kintambo/Jamaïque, une session de formation intitulée : «Atelier de formation sur la transformation et la résolution pacifique des conflits». L’Abbé Mpundu a développé le sous-thème intitulé : « La non-violence et la construction de la paix en Rd Congo ».

Les participants ont été étonnés d’apprendre que la «non-violence active’ n’est pas du tout celle que prônent les dirigeants politiques, les chefs militaires et policiers ou la coalition des partis politiques au pouvoir. Pour ceux-ci, la non-violence signifie que la population doit rester passive, continuer à vaquer calmement à ses occupations et laisser les décideurs politiques poursuivre leurs actions, selon leur volonté, jusqu’à ce qu’ils se décident eux-mêmes à les modifier. L’abbé José Mpundu s’est vivement élevé contre cette conception qu’il veut voir disparaître. Il a affirmé qu’à tout instant, c’est le peuple lui-même qui doit rester maître de son destin et cela par la non-violence active, et non passive. Cela exige avant tout de la détermination, de l’amour et du pardon dans le chef des activistes de droits humains et des manifestants.

En effet, revenant sur la conception vraie de la non-violence active, l’abbé Mpundu a précisé que cette pratique n’est pas une méthode destinée aux lâches ou aux peureux ; c’est une véritable résistance. Citant Martin Luther King, il a rappelé qu’en manifestant, on n’est pas obligé de se laisser faire. Mais il ne faut pas non plus répondre  par la violence. Le non-violent montre sa force non pas  en  étant passif, non pas en ne réagissant pas, mais en étant spirituellement et émotionnellement actif pour convaincre   l’adversaire qu’il est sur le mauvais chemin. Il ne s’agit donc pas d’une « non résistance passive au mal, mais d’une résistance non-violente active au mal.  Cela implique que le non-violent respecte tout homme, bourreau soit-il, car chaque être humain est créé à l’image de Dieu et peut être sauvé à tout instant par le sang du Seigneur Jésus-Christ.

Pas de paix sans vérité, justice et pardon

Cette vérité implique que la méthode non-violente n’est pas non plus destinée aux manifestants qui ne cherchent qu’à nuire à leurs adversaires ou bourreaux. Il a fait comprendre à l’assistance qu’un non-violent doit rester actif pour contraindre les dirigeants politiques et les décideurs, quels qu’ils soient, à tenir compte de l’intérêt réclamé par la population. Pour atteindre ce but, il y a trois principes à observer : le respect de l’homme, image de Dieu et pour lequel Jésus a versé son sang ; avoir de l’amour pour  l’adversaire et cet amour oblige le non-violent ou victime à dire à l’adversaire la vérité sur le mal qu’il a fait ou continue de faire pour l’amener à changer et à se sauver ; enfin,  le pardon des offenses : un non-violent doit obligatoirement savoir pardonner, et c’est cela qui brise le cycle de la violence et ramène la paix. Cette paix va de paire avec la vérité, la justice et le pardon. 

A l’ouverture de cet atelier, Dolly Ibefo Mbunga, directeur exécutif de la VSV, s’est réjoui, dans son mot de bienvenue, de la présence des participants venus apprendre les nouvelles méthodes de défense et de protection des droits humains par «la non-violence active». Il a insisté pour que, pendant les deux jours de formation, tous les participants comprennent bien l’importance et la noblesse de  leur mission qui est de combattre les violations des droits humains et les protéger, autant que faire se peut et partout où ils sont. Par ailleurs, Rostin Manketa, directeur exécutif adjoint de la VSV, a donné l’orientation pédagogique de la session avant que Me Michel Mvondo ne puisse s’appesantir sur le premier  exposé  «Sources (causes) et conséquences des conflits en Afrique en général et en Rd Congo en particulier » et « Gestion et transformation pacifique des conflits en Rd Congo ». 

SAKAZ

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