Les acteurs sociaux pour une police démilitarisée

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Un groupe d’activistes sociaux a présenté le vendredi 11 septembre en fin d’après- midi  son aide mémoire sur le profil du policier de demain. Cela s’est passé au collège Boboto.  Dans l’esprit de Me’ Irène Essambo, Missak Kassongo, Lootchi Kizungu…  et qui se réclament des Forces Vives ; l’ébauche ficelée par le noyau du Réseau pour la Réforme du Secteur Sécuritaire  « RRSS » au terme des échanges avec plusieurs couches de la population, y compris les policiers, devrait être enrichie des observations de leurs hôtes du week end passé. Ils mettront à la disposition des élus du peuple et d’autres personnes intéressées au problème de maintien d’ordre une seconde version dans les jours à venir.

 

            Quelques galonnés de la police, entre autres, le général Elesse et des officiers de ce service public et des députés nationaux avaient assisté à la présentation de l’aide mémoire en question.

            Conçu en forme de livret d’une trentaine de pages, ce guide parle du cadre légal réglementaire, de la nature, des définitions, missions, obligations du policier. Mais également des relations entre la police et l’armée, de la rédevabilité des membres de ce corps, du régime disciplinaire, du recrutement …

 

Police démilitarisée 

            Commentant « leur » livret, Irène Essambo, Missak Kassongo se sont dits partisans d’une police démilitarisée. Le concept démilitarisé doit être compris comme le souci  de se démarquer  de l’armée. Par exemple, mettre de côté ,  les appellations de général, colonel … dans la police. En outre, les policiers ne vont plus se munir des armes létales pour faire face à certaines situations pour se servir des matraques, balles en caoutchouc…. Néanmoins, pour des raisons de légitime défense,  ils peuvent avoir à leur  disposition des armes à feu.  Les problèmes de spécialisation , libéralisation, de la privatisation de la police figurent aussi en bonne place dans l’aide mémoire.

Pour Irène Essambo et consorts, l’unicité de la police ne peut souffrir d’aucune contestation. Toutefois, pour des raisons évidentes, on parle de la police judiciaire,. Le policier  peut aussi être présent dans les  aéroports, les parcs pour animaux, ports, les services des douanes, des forêts, … Le législateur a  donc l’obligation de créer des lois devant permettre à la police de sécuriser les divers endroits énumérés ci-haut par la création des unités spécialisées. Elle peut faire cela avec d’autres services civils.

Ils se sont inquiétés de la prolifération des sociétés de gardiennage qui pratiquent des coûts prohibitifs.

Des questions aussi sensibles chez nous comme la création des syndicats de la police, du budget de ce corps de maintien d’ordre, des concepts comme police de proximité, ,  Ou simplement  la problématique   de la justiciabilité  de la police ou encore   la nécessité d’une cohabitation entre la gendarmerie et la police.

            Les animateurs des Forces Vives soulignent que sous d’autres cieux, les syndicats de police existent depuis des lustres.  La sécurité étant un domaine sensible et le droit de grève garanti par la constitution mais devant s’exercer dans des conditions fixées par la loi qui peut en limiter ou restreindre l’exercice,  la création d’un organe censé canaliser les revendications des policiers et les transmettre à qui de droit, serait une bonne chose., estiment-ils. Par ailleurs, le policier en tant que membre d’un corps de   service public civil devrait être jugé devant une juridiction civile de droit commun. Mais la constitution congolaise en a décidé autrement.  Le débat pourrait se faire au niveau de la constitution du siège à élargir aux policiers ayant étudié le droit, lit-on.

            La redevabilité doit être comprise comme l’obligation qu’a le policier de rendre compte à la hiérarchie, à la population, … D’autant plus que le salaire du policier  provient du contribuable.

            En ce qui concerne le profil , les rédacteurs du livret  sont d’avis que seules les personnes se sentant la vocation de policier devraient être recrutées. Les recruteurs doivent établir un critérium rigoureux. Quand on sait que le policier a le devoir de sécuriser les personnes et leurs biens. Mais a aussi l’obligation d’être  apolitique, impartial,  respectueux des droits humains des personnes à sécuriser.

            Lootchi Kizungu ; Missak Kassongo, etc tout heureux de voir le président de la commission défense et sécurité de l’Assemblée Nationale, d’autres députés et même des officiers de police commenter leur étude tout au long de la conférence débat, ont dit attendre des autres députés nationaux de tenir compte des observations et autres questions formulées au collège Boboto..

            C’est probablement en raison de l’imminence des débats en plenière  au niveau de l’Assemblée Nationale du projet de loi sur la police que le noyau du  RRSS s’est décidé à mettre à la portée du public la première version de leur aide mémoire.

 

Jean-Pierre Nkutu

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