Les abolitionnistes parlent d’une seule voix

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Les travaux du 4ème Congrès mondial contre la peine de mort se poursuivent sans désemparer à Genève. Après une journée d’ouverture marquée par la présence de plusieurs dirigeants politiques tant nationaux qu’internationaux, qui ne sont plus à présenter, militants associatifs et représentants d’organisations internationales se sont encore retrouvés jeudi 25 février 2010 au CICG (Centre international des conférences de Genève). Ceci, après la poignante représentation de la pièce théâtrale tirée du célèbre roman de Victor Hugo «Le dernier jour d’un condamné «, qui a ému plus d’un mercredi soir.

Autant que les témoignages d’un ancien condamné à mort et un petit-fils d’une victime de meurtre, qui ont expliqué à l’assistance que la compassion permet de refermer les blessures et non pas la peine de mort.

Dans la capitale helvétique, le constat a été fait selon lequel les militants d’organisations de défense des droits de l’homme et les professionnels de la justice qui s’opposent à la peine de mort dans leurs pays respectifs, sont confrontés à des obstacle politiques, judiciaires ou religieux importants. Souvent largement minoritaires, les abolitionnistes peinent à faire entendre leur voix auprès d’une opinion publique mal informée, qui persiste à imaginer, à tort, que la peine capitale est le seul moyen de lutter efficacement contre la criminalité.

Alliance contre la peine de mort

Selon les chiffres qui circulent ici, sur les 192 Etats que comptent l’Organisation des Nations Unies, 132 ont déjà fait acte d’abolitionnistes, tantôt en signant, tantôt en supprimant effectivement la peine de mort, ou encore en votant le moratoire universel signé en 2007 au siège de l’ONU. Ce qui est une victoire énorme, d’après les congressistes. Il reste que les représentants des 56 pays rétentionnistes présents à Genève expriment leur détermination à poursuivre le combat jusqu’à obtenir la suppression totale d’une sanction dont les principales victimes sont souvent des mineurs et des malades mentaux.

Aussi les dirigeants politiques et militants abolitionnistes entendent-ils faire alliance pour contrer le verdict capital. Telle semble la première tendance de la déclaration finale du congrès dont la clôture est prévue pour ce vendredi. En attendant, les congressistes étaient conviés jeudi à une autre soirée exceptionnelle, où la chanteuse Emily Loizeau était attendue pour ses chansons alternant avec les témoignages d’autres victimes de la peine de mort, que les abolitionnistes considèrent toujours comme un crime d’Etat.

Germain KADIMA

(Envoyé spécial à Genève)

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