Lèpre : la RDC 5me pays endémique au monde

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La 63ème Journée Internationale de lutte contre la lèpre n’est pas passée inaperçue hier dimanche 31 janvier 2016 à Kinshasa. Le programme National de lutte contre la Lèpre(PNL), en collaboration avec le ministère de la Santé publique, a organisé une journée de sensibilisation à son siège située dans la commune de Lingwala. Plusieurs thèmes ont été évoqués à cette occasion. Il s’est agi entre autres de « La lèpre se soigne, consultez vite un centre de santé pour toute tâche sur la peau » ; « La lèpre se soigne et le traitement est gratuit dans tous les centres de santé » et « La lèpre est guérissable; dépistée précocement, elle ne cause pas de mutilations ».

Médecin Directeur du PNL, le Docteur Jean Norbert Mputu a, dans son allocution, soutenu que la lèpre est éliminée en RDC comme programme de santé publique depuis le 31 décembre 2007. Mais, cela ne veut pas dire que cette maladie n’existe plus au pays. Elle est encore partout, même à Kinshasa.

Actuellement, dans le monde, la RDC est citée parmi les pays les plus endémiques en ce qui concerne la lèpre. Au niveau mondial, le pays occupe la 5ème place tandis qu’il arrive en 2ème position sur le plan africain, après l’Ethiopie. Et sur les 26 provinces, huit sont particulirièment atteintes : Haut Katanga, Equateur, Tshuapa, Maindombe, Haut Uélé, Bas Uélé et Tshopo.

Toutefois, les autres provinces ne sont pas épargnées, a martelé Jean Norbert Mputu. C’est le cas de la ville de Kinshasa, où il y a une moyenne d’environ  40 à 50 nouveaux cas. Le problème le plus important et inquiétant pour Kinshasa est qu’un malade sur deux est dépisté en retard. Et lorsqu’un malade est dépisté en retard, il présente des malformations qui ne sont pas faciles à éliminer car elles peuvent réapparaître malgré la prise en charge médicale.

            Cette situation parait inexplicable au regard des centres de sante et médias que l’on rencontre à travers la capitale congolaise. Pour mettre fin à cette situation, il faut qu’il y ait une forte implication des masses.

            Etant donné que cette maladie n’a pas disparu du pays, le médecin directeur du PNL a recommandé une consultation urgente à la moindre apparition des tâches au niveau de la peau, tout en soulignant que pour ce qui est du traitement, il reste gratuit et que dans les 48 heures après avoir commencé le traitement, le patient ne transmet plus la maladie. Les personnes les plus dangereuses sont celles qui ne font pas dépister.

            Pour sa part, le Docteur Pamphile Lubamba, représentant des différents partenaires, a soutenu que le ministère de la Santé publique a la lourde responsabilité d’organiser la lutte contre cette maladie au niveau de la communauté nationale. Quant aux partenaires, il leur appartient de mobiliser des moyens conséquents, à côté de ceux du gouvernement, pour alléger le fardeau de ceux qui souffrent de cette maladie millénaire.

Il faut signaler que cette journée s’est terminée par la remise des vivres aux malades guéris de la lèpre. Elle a connu aussi un témoignage d’un ancien malade qui n’a pas hésité à inviter la population à la vigilance au sujet de l’apparition des tâches suspectes au niveau de la peau mais aussi à choisir un hôpital de référence pour la prise en charge, afin de prévenir des complications de nature à rendre le malade invalide à vie ou le conduire au pire.

                         Yves Kadima