Léopards : tacite reconduction du contrat de Patrice Neveu?

0
38

Quel que soit le genre de contrat signé par l’Etat congolais avec l’entraîneur-sélectionneur Patrice Neveu, il ne faut pas être savant ou initié dans le domaine du football pour conclure que le technicien français a échoué. Lamentablement et intégralement.

L’équipe A des «Léopards» n’avait pas été aux rendez-vous continental biennal du Ghana, en 2008, avec le Belge Henri Depireux. Il avait été remercié sans autre forme de procès.

Neveu avait un double défi à relever: qualifier, en 2010, les fauves de la RDC aux phases finales de la 27ème Coupe d’Afrique des Nations en Angola et de la 19ème Coupe du monde en Afrique du Sud. Les «Warriors» du Malawi ne voulant pas jouer le rôle de taureau avaient pris celui de matador pour planter leur banderille mortelle sur l’échine des «Léopards», privés même de la première étape, l’Angola, en janvier-février dernier.

La grosse comédie s’était déroulée, il y a trois semaines, au siège de la Fédération congolaise de football association (FECOFA) où Patrice Neveu avait été invité pour répondre à quelques questions dont celle de prouver de quoi il avait été capable avec l’équipe nationale A, composée des joueurs émigrés et locaux, et surtout quelles sont ses perspectives d’avenir avec cette formation. Que cachent son comportement et celui de ses interrogateurs?

Pourtant, bon nombre de sportifs congolais en sont aujourd’hui à redouter terriblement les éliminatoires de la 28ème Coupe d’Afrique des Nations pour la simple et bonne raison que les «Léopards» ont été placés, par le tirage au sort, dans le groupe E avec l’un des super-favoris de l’épreuve, le «onze» camerounais des «Lions Indomptables» de Samuël Eto’o, et l’ensemble sénégalais de «Lions de la Teranga» de Mamadou Niang sans parler de la sélection de l’Ile Maurice, le petit poucet. Pourquoi? Parce que Patrice Neveu n’a rien prouvé. Aucune amélioration n’a été entrevue dans l’évolution des joueurs mis à sa disposition, sur le plan technique et surtout tactique. Pire, en chômage pendant plus de 8 mois jusqu’aux matches amicaux date-FIFA, en février écoulé, contre le Sénégal puis le Qatar, il se prélassait dans une suite au Grand Hôtel Kinshasa tout en se tapant une vingtaine de milliers d’euros de salaire mensuel. «S’il m’était donné de poursuivre avec l’équipe nationale de la RDC, j’exigerai plus de professionnalisme  et d’organisation dans la manière de travailler», déclarait-il récemment faisant allusion à son contrat arrivé à expiration au milieu de ce mois de mars.

A titre d’exemple, Anouma, le président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), dont l’équipe nationale, les «Eléphants», qualifiée et en Angola et en Afrique du Sud, n’avait pas hésité, un seul instant, pour chasser l’entraîneur serbe Alilhojic, à la carte de visite bien remplie, à cause de la prestation moyenne des joueurs qui n’avaient pas pu atteindre les demi-finales, fin janvier dernier. Pour Patrice Neveu, responsable d’un vrai désastre national, on laisse traîner les choses alors que les contre-performances ne plaident nullement pour lui. De quoi se demander sérieusement quel type de contrat les juristes des ministères et de la fédération ont-ils fait lier cet entraîneur à la sélection A de la RDC? Ceux qui disent qu’il y a anguille sous roche ne sont pas très loin de la vérité…

SIKI NTETANI MBEMBA

LEAVE A REPLY

*