Léonie Kandolo : «Les politiciens doivent se mettre entête que nous sommes dans une situation exceptionnelle»

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maleoLéonie KANDOLO : «Je suis une femme activiste, je ne prône pas la révolution, mais je suis une femme révoltée par tout ce qui se passe dans la société.  J’ai un parcours un peu particulier : je viens du monde des affaires. J’ai dirigé pendant longtemps une imprimerie qui employait 120 travailleurs. Depuis la mort de mon mari, je me suis lancé dans le monde des ongs. J’ai, avec des amis avocats, créé l’ong «Protection enfants Sida». Nous avons travaillé  avec l’ Unicef  et le PNMLS et autres partenaires  dans le domaine de la sensibilisation sur le VIH/Sida et la prévention sur un programme dans  360 écoles au Katanga.  J’ai pu parfaire ma formation,  dans ce domaine,  en Afrique du Sud, où nous avons initié avec ARASA un programme pour faire la jonction entre le VIH et les Droits de l’homme dans toutes les provinces de la RDC. Ces actions ont été très importantes car  les PVV subissent beaucoup des violations par rapport à leurs droits. Toutes ces actions ont  en fin de compte  abouti la loi sur les PVV».
Question : Femme activiste, vous menez avec d’autres femmes des plaidoyers portant surtout sur votre représentativité.
 Nous, organisation des femmes, avons fait le plaidoyer auprès de la Cenco pour obtenir la participation des femmes à ces travaux, mais le plaidoyer reste un plaidoyer et non pas un pouvoir pour forcer les Evêques 
Je pense que cet accord  du 31 décembre, appelé aussi accord de la Saint Sylvestre de la Cenco qui  fait suite à l’accord du 18 octobre de la cité de  l’Oua, a donné d’autres bases qui font que tant que des mesures particulières ne sont pas signés, l’accord aussi ne sera pas mis en œuvre. Présentement, avec la mort du président du Rassemblement, Etienne  Tshisekedi, je crois qu’il y aura un blocage et la mise en œuvre prendra encore beaucoup de temps. Le problème réel est la nomination du 1er ministre. Les représentants du Rassemblement voudraient présenter un candidat, ce qui est conforme aux accords alors que les représentants de la Majorité voudraient qu’on présente plusieurs candidats pour  laisser le choix au président de la République. Pour les uns, il faut respecter la constitution et pour d’autres, il faut respecter les accords.   Or, la constitution ne prévoit aucun accord, ni de transition et du moment qu’on évolue dans le schéma des accords de la Cenco, les politiciens doivent se mettre en tête que nous sommes dans une situation exceptionnelle, c’est-à-dire en dehors de la constitution.  L’actuel 1er ministre  Samy Badibanga est de l’opposition, ce qui est déjà contraire à la constitution car nous référant à la Constitution, le 1er ministre doit venir de la majorité. 
            Autre chose : pour le rapatriement de la dépouille mortelle de Tshisekedi, les familles biologique et politique n’arrivent pas à s’entendre le gouvernement en place. Pourtant, vu l’afflux des personnes concernées par le deuil,  il faut qu’une institution organise officiellement les funérailles et même qu’il faut décréter un deuil national. De plus, j’estime  que l’on soit d’accord ou pas avec le combat mené par Etienne Tshisekedi de son vivant, reconnaissons qu’il est aujourd’hui considéré comme le monument de notre histoire, une personnalité politique de premier plan pour la démocratie. Nous sommes tous dans le deuil,  dans la tristesse. 
            J’exhorte les uns et les autres,  de mettre un peu d’eau dans le vin pour faire évoluer les choses afin que la situation soit décantée.
 
Q. Quelles sont vos autres actions sur terrain en tant qu’activiste ?
 
Je suis membre d’une coalition à publier ce que vous payez» qui travaille sur les ressources naturelles,  pour créer la transparence entre les industries extractives gérées par les expatriés, dans le Katanga et  pour comprendre ce que ces entreprises payent, ce que l’Etat déclare et ce dont la population peut bénéficier. Je suis active dans les organisations des femmes et membre fondateur de Cafco. Lors des élections en 2011, j’ai conduis, en tant que porte-parole,  la mission nationale d’observation, dirigé par Eisa pour le compte de Cafco et le rapport a été présenté à l’Hôtel Memling.
            Il faut  que les femmes se positionnent et participent massivement aux élections prochaines. Déjà, sur terrain, nous les sensibilisons à s’enrôler et à intégrer les partis politiques. Moi-même, je les encourage au travers les activités organisées dans le cadre des associations des femmes. Je mène mon combat pour que les femmes se retrouvent sur la scène politique ainsi que dans la gestion de la chose publique  par des articles publiés dans la presse.  J’anime, en tant qu’analyste politique, des émissions dans certaines chaînes de la place, notamment l’émission «Profondeur «avec Kibambi, «Forum des médias» avec Kalonda sur la RTNC 2 et même à dans la presse internationale. A ce sujet, j’annonce que bientôt, je vais animer une nouvelle  émission «Pilipili» de grande envergure, d’une chaîne de télévision française «Mangembo» et dont les affiches publicitaires vont être lancées incessamment. Cette chaîne «Mangembo» travaille en partenariat avec quelques chaînes de télévision en RDC.
            J’ai publié, en tant qu’analyste politique, avec Annie  Matundu, un rapport synthèse sur les violations des droits des hommes et des femmes dans les mines artisanales. Ce rapport, très apprécié, a été  présenté à la dernière session des Droits de l’homme  à  Genève en Suisse.
            J’ai participé à une  formation NRGI sur les ressources naturelles à l’université d’été  à Douala au Cameroun, Je suis  en train de rédiger  un rapport sur le conflit local pour la  société au Katanga. Comme le rapport est encore sous presse, je ne saurai vous en dire plus.
 
Q Qu’attendez-vous des actions pour les femmes ?
 
Tous nos  rapports et  toutes nos activités en tant activistes de la Société civile, ont pour but de pouvoir changer quelque chose. Le plaidoyer au Parlement sur la parité a eu un écho favorable et la loi a été promulguée. Nous avons fait le plaidoyer  auprès des partis politique par rapport au positionnement de la femme.
Tout ce que la femme fait et qui lui  donne une visibilité est  toujours un acquis pour les femmes et  quelque part, à travers nos actions de plaidoyer, nous inspirons les femmes, surtout les plus jeunes et nous devenons pour certaines autres un modèle. Tenez, la finalité du plaidoyer en matière du VIH/Sida à abouti à changer la vie des PVV qui après nos actions, bénéficient des ARV. La loi a été votée et la vie des PVV a beaucoup changé. Nous poursuivons  les activités au Katanga  dans les écoles car l’âge des relations sexuelles en RDC pour les filles est de 9 à  12 ans. Voilà pourquoi il faut sensibiliser les jeunes- filles les plus tôt possible car s’il faut attendre qu’elles atteignent la majorité, 18 ans,  c’est  tard.
 
CM (C.P.)