L’enrôlement mal parti à Kinshasa !

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Des motards en cortège ce 8/5/2011 sur une des avenues principale de Kinshasa, lors de la campagne d'enrolement des électeurs par la CENI. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des motards en cortège ce 8/5/2011 sur une des avenues principale de Kinshasa, lors de la campagne d’enrolement des électeurs par la CENI. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Rage, exaspération, colère, irritation, déception et grincements de dents étaient au rendez-vous dans les centres et bureaux d’inscription des électeurs de 4 communes de Kinshasa, hier dimanche 28 mai 2017. Que ce soit à Barumbu, Lingwala, Kinshasa ou Gombe, les
mêmes plaintes : ouverture tardive des bureaux, carence de machines, lenteur, déficit de communication, favoritisme, fermeture précoce, etc. Bref, un dysfonctionnement et un amateurisme primaire étalés au grand jour !

A Barumbu, par exemple, le centre d’inscription installé au Collège St Charles Lwanga a ouvert ses portes autour de 10 heures, alors que la population avait formé avec engouement une longue file d’une centaine de personnes depuis 6 heures du matin ! Avec deux machines d’enregistrement d’électeurs, dont une servait de décoration car tombée en panne avant même le début des opérations, jusqu’autour de 16 heures, moins de 20 personnes étaient enrôlées. Alors que la clôture était prévue à 17 heures, les agents de sécurité dudit centre ont décidé d’arrêter la distribution des jetons d’arrivée à 14 heures. «
Nous sommes là en train d’attendre depuis plus de 4 heures. C’est au compte-gouttes qu’on enregistre les candidats à l’enrôlement. En une heure, c’est plus ou moins 3 personnes seulement qui ont été régularisées en ma présence… », s’est indigné un sexagénaire, fonctionnaire de son état.

Néanmoins, un agent de la CENI sur place a justifié le retard par l’absence, entre autres, du courant électrique, obligeant le recours à un groupe électrogène.

A l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA/Ndolo), ce sont des étudiants qui ont pris en charge la sécurité de l’unique bureau du centre. Avec une seule machine opérationnelle, ce centre fonctionne au gré des humeurs de ces « agents de sécurité »
improvisés. Sont favorisés, des amis et connaissances, et certaines personnes aptes à engraisser la patte pour surmonter la longue attente. « Nous aurions préféré avoir des agents de l’ordre dans ce site, car nous ne maitrisons pas exactement la procédure pour avoir cette carte d’électeur. Aucune indication affichée pour savoir quels
documents présenter et les étudiants que nous rencontrons ici sur le
lieu nous répondent avec désinvolture. Il faut que la CENI prenne les
choses au sérieux et arrange certains dysfonctionnements qui ne
permettent pas le bon déroulement des opérations dans certains
centres… », a conseillé une maman qui s’apprêtait à quitter le site de
l’ISTA pour aller voir ailleurs.

Kinshasa, Gombe et Lingwala: la pagaille

Au centre implanté dans l’enceinte du collège Saint Joseph/Elikya,
dans la commune de Gombe, la population a été surprise de constater la
présence d’une seule machine pour enrôler des centaines d’électeurs.
«La deuxième implantée pour cette cause connaît un problème», a
simplement répondu un agent de la CENI qui a promis de la faire
réparer le plus tôt possible.
Autre fait dénoncé : c’est le favoritisme. Des jeunes-gens présents
sur le site de cette école centenaire depuis 5 heures ont expliqué aux
médias leur colère de voir certaines personnes arrivées quelques
heures après l’ouverture des bureaux entrer en possession de leurs
cartes d’électeurs. « Nous pouvions comprendre si c’était des
personnes de troisième âge ou bien des mamans qui portent des enfants
ou des bébés, mais pas des personnes aussi valides qui donnent
l’impression d’avoir plus des moyens financiers que les autres »,
s’est plaint Hugues Nzeza, habitant d’un des immeubles de la
concession Onatra, à la place de l’Indépendance( ex Gare centrale).
Quant à Lingwala, jusqu’a 10heures, la majorité de bureaux n’étaient
pas encore opérationnels.  Les rares qui avaient ouvert étaient
caractérisés par une lenteur injustifiable. «J’étais venu ici depuis 8
heures, et il est maintenant 11 heures, la Ceni n’a enrôlé que 6
personnes en ma présence. Je ne sais pas si je serai enrôlé à quelle
heure… », s’est interrogée une habitante de Lingwala.
Somme toute, de nombreux observateurs ont tiré la sonnette d’alarme
face à ce début cahoteux des opérations d’enrôlement et d’inscription
qui risque de décourager des millions de potentiels lecteurs de la
capitale. Déjà ceux qui affluent sur le lieu affirment tous qu’ils
sont à la recherche d’une carte qui leur servira d’identité et
permettra de résoudre différentes transactions, surtout commerciales.
Tshieke Bukasa