L’émouvant témoignage de Banza Mukalayi sur l’éditeur de «Quiproquo»

0
149

Mwanza s’en est allé. Et parmi ceux qui ont porté le deuil en mémoire de l’éditeur du bihebdomadaire katangais «Quiproquo», on compte Banza Mukalayi, ami d’enfance du défunt. Ils ont fait la scolarité ensemble, de l’école primaire à l’Université, lorsque le tout bouillant Mwanza s’oriente vers les sciences « Po » et Banza opte pour les lettres. « J’ai connu Mwanza au lycée Kiwele à Lubumbashi où il dirigeait déjà un journal école appelé « Echos du lycée », témoigne cet ami d’enfance de celui qui deviendra, au fil des années, patron de presse d’un éminent hebdomadaire de la capitale cuprifère. 

            « Sitôt qu’il a terminé ses études, il est allé au journal Taïfa où il est engagé comme correcteur avant d’être désigné pour animer la rubrique « Oyé les jeunes » et moi je m’essayais au journal « Mwanga hebdo » ».

            Les deux tabloïds seront fusionnés. De l’union de deux supports, renaît Taïfa où Banza va prester, d’abord comme collaborateur puis comme journaliste. Taïfa change d’appellation et devient Mjumbe. « Mwanza est affecté comme permanent au gouvernorat de province, je suis donc resté animer les pages. Lui et moi entretenions de bons rapports. Grâce à la presse, Mwanza s’est tissé des relations avec de hauts responsables du pays, à l’exemple de Koyagialo, Konde Vila Kikanda, Mandungu, Singa Boyenge Musambay… ».

            « Mais quand je me suis lancé dans mon aventure politique en 1982, raconte Banza, Mwanza m’a soutenu au travers de ses articles naturellement avec l’accord de l’éditeur. A ma nomination comme ministre de l’Information dans le gouvernement Mulumba Lukoji, j’ai réussi à faire nommer Mwanza Directeur général adjoint à Kisenge Manganèse, poste qu’il a occupé jusqu’à l’entrée de l’Afdl en 1997 ». 

« Quiproquo  s’est imposé » 

            « Il a créé enfin Quiproquo qui s’est imposé et je sais qu’il voulait en faire un quotidien après l’avoir lancé comme un hebdomadaire puis bihebdo, hélas, la mort l’a arraché à l’affection des siens avant d’avoir réalisé ce rêve», regrette cet ancien commissaire du peuple élu de Lubumbashi qui ajoute : « Mwanza disait tout haut ce qu’il pensait, un homme insatisfait, une insatisfaction permanente qui visait, au fait, une interminable volonté de  perfection. On ne s’est jamais brouillé parce que je le connaissais et lui aussi me connaissait. De tout temps, on a gardé de bonnes relations. Je remercie tous ceux qui ont, de loin ou de près, contribué à l’organisation des obsèques ». Nommément, l’interlocuteur du Phare cite le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, « bien qu’absent, il s’est fait représenter », le président de l’Omec qui comme d’autres, lui a rendu un hommage mérité.

            « Avec la mort de Mwanza – cet homme pas distrait – une plume s’est brisée, un vide s’est créé, j’espère fermement que son œuvre lui survivra».                                                

D-I.K

LEAVE A REPLY

*