L’«Economie» absente des débats pré-électoraux

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Lentement et avec beaucoup des douleurs, le peuple congolais s’achemine vers les urnes afin de choisir, le 28 novembre prochain, les membres des institutions dirigeantes du pays. Au moment où l’on assiste, depuis un certain temps, au dépôt des candidatures des différents prétendants tant à la magistrature suprême qu’à la députation, des observateurs avertis notent avec regret la carence des discussions de fond sur les matières économiques lors des débats entre acteurs politiques. Dans le lot, la Ligue pour l’Amélioration de l’Environnement des Affaires en RDC(LAEA) est monté au créneau pour attirer l’attention de futurs décideurs sur la nécessité d’intégrer les questions économiques dans leurs altercations.

A cet effet, au cours d’un entretien à bâtons rompus, mardi 6 septembre 2011, le président de la Ligue, Me Don DeoGracias Midagu, a indiqué que c’est le moment pour tout citoyen d’interroger les candidats aux différents postes sur la place qu’ils réservent à l’Economie dans leurs projets d’une nouvelle société congolaise qui sera tournée vers le progrès et le développement.

En effet, se convainc-t-il, quand on sait que la réussite de tout programme d’un gouvernement repose sur son financement, on a le droit de se poser des questions sur les mécanismes que les différents candidats espèrent enclencher en vue d’accroitre notre budget national. « Dans d’autres pays comme la France et les USA, à plus d’une année de la tenue des élections présidentielles, les anciens candidats tels que Sarkozy et Obama s’évertuaient à démontrer à leurs opinions respectives par A+B comment ils vont trouver l’argent indispensable à l’augmentation des dépenses de l’Etat et le financement des programmes sociaux, la création des emplois etc. »

Pour Me Midagu, ceux qui aspirent à gérer le Congo demain doivent nous dire comment ils feront pour donner l’impulsion au développement du Congo par le moyen de son industrialisation laquelle est pour le moment compromise par des nombreuses pesanteurs et antivaleurs comme la corruption. Cette dernière, insiste-t-il, gangrène l’administration et empêche les gros investisseurs de s’implanter au pays privant ainsi le Congo de profiter du boom que connait actuellement le marché des métaux, dopé à ce jour par la montée des Pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil.
Quant à notre pays qui représente un marché intérieur de près de 70 millions de consommateurs, le numéro 1 de la LAEA estime surtout que les candidats présidents doivent nous dire comment ils comptent réinventer l’Economie dans un pays où de tout temps les postes ministériels à haute valeur économique (Commerce, Industrie, Economie, PME, etc.) ont toujours été considérés comme des « poubelles plastiques à caser des copains et des personnalités sans envergure». Et pour preuve, rappelle-t-il, le ministère du Commerce a déjà été confié à une infirmière !

En définitive, Me Midagu DeoGracias exige de nos politiciens l’image d’une véritable campagne avec des solutions concrètes à des questions de fond comme les avantages à tirer de l’exploitation de nos ressources forestières, minières, pétrolifères, comment résoudre le problème de transport qui a un impact négatif sur la structure du prix des biens de consommation courante et qui étouffe nos populations. « Le peuple souhaite entendre les propositions des candidats sur les questions substantielles de l’économie… » a-t-il déclaré, tout en déplorant un fait qui passe inaperçu à ce jour : la désertion des cabinets ministériels par ses agents dont les regards semblent tous être tournés sur les élections.

Tshieke Bukasa

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