Leçon des grèves à la SNCC : nécessité de réhabiliter l’épine dorsale du pays

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Les travailleurs de la SNCC de Lubumbashi, Likasi, Mwene Ditu et Kalemie ont repris la grève depuis hier.  Tout est à l’arrêt dans ces villes de la République au niveau du réseau de chemin de fer avec ce que cela comporte comme conséquences sur les plans économique, social, politique, industriel et sécuritaire. La tension est très vive dans cette partie du territoire congolais car il n’y a pas longtemps que, suite à l’intervention personnelle du Premier Ministre de passage à Lubumbashi, les travailleurs avaient interrompu la grève qu’ils observaient depuis plus d’une semaine.

 A ce stade des débats, la question qui est sur toutes les lèvres est celle de savoir quel remède administrer à cette société de transport ferroviaire pour mettre définitivement fin à ces mouvements d’arrêt de travail répétitifs et qui handicapent le programme de la reconstruction du pays.  On rappelle que le Premier Ministre avait ordonné la libération des fonds nécessaires pour satisfaire aux réclamations des travailleurs qui accumulent pluisieurs dizaines des mois d’arriérés des salaires et autres avantages sociaux. Le Comité de Gestion récemment nommé avait annoncé avec pompe et solennité l’importation d’un lot important des locomotives neuves pour pallier la carence des matériels roulants devenus obsolètes. On avait cru que le terme grève n’existerait plus dans le vocabulaire du réseau ferroviaire de la RDC et que la relance des activités allait produire des emplois nouveaux directs et indirects pour le bien-être de nos compatriotes. Hélas ! Ce n’était que du vent et de l’irréel car dès hier mardi, les travailleurs de la SNCC ont débrayé en promettant cette fois-ci de ne plus céder aux promesses, disent-ils, des membres du Comité de gestion et des autorités politico-administratives.

Remise en question des méthodes de gestion

Que faire alors ? S’interrogent de nombreux observateurs qui en ont marre de ces mouvements de grève répétitifs. Car c’est devenu comme une habitude de vivre des arrêts de travail au moins une fois par mois du fait qu’à la SNCC, les grèves se succèdent les unes aux autres sans trop émouvoir les autorités politiques centrales et provinciales. Pourquoi les gestionnaires ne renouvellent-ils pas les matériels roulants devenus obsolètes et inopérants ? Pourquoi l’on ne réhabilite pas le réseau ferroviaire au niveau des rails pour élargir les traverses à la hauteur de 1 mètre 40 afin que les trains de la RDC roulent jusque dans des pays étrangers comme l’Afrique du Sud, la Tanzanie, Le Zimbabwe, la Zambie, la Namibie et le Mozambique et bien entendu l’Angola? Ces Etats qui ont énormément investi dans la modernisation de leurs réseaux ferroviaires pour les adapter aux standards internationaux, ce qui n’est pas encore le cas pour le Congo de Patrice LUMUMBA, par la faute de nos dirigeants.

Gouverner, c’est prévoir

Qui pouvait croire un jour que des pays pauvres comme l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi  allaient agresser et envahir la RDC ?  En créant des mouvements de rébellion à tour des bras, intensifier les pillages des ressources minérales, multiplier les déplacements forcés des populations civiles non armées, s’adonner à des viols, aux massacres des congolais et aux destructions méchantes des infrastructures industrielles, économico-financières et agro-pastorales dans le but de bloquer le programme de reconstruction et du développement du pays.

Qui pouvait croire un jour que le gouvernement de la République du Congo-Brazzaville allait déclencher des mouvements d’expulsions méchantes et infrahumaines de nos compatriotes alors que les peuples de ces deux Etats entretiennent des liens séculaires de sang à tous les niveaux de la vie nationale jusqu’au stade des hautes, responsabilités de deux Etats. Or, avec la modernisation du réseau de chemin de fer Pointe Noire-Brazzaville, la construction de la route entre les deux principales villes et l’éventualité de l’érection d’un pont-Rail entre les deux capitales les plus rapprochées du monde, le trafic serait plus fluide entre les deux pays. Mais, hélas ! Après les tragiques opérations de chasse à l’homme contre nos compatriotes depuis le mois d’avril, les milieux socioéconomiques et politiques sont de plus en plus tentés de remettre en cause cette éventualité de dépendre du port maritime de Pointe Noire pour les opérations d’import et  export en RDC.

On rappelle que pour assister nos frères angolais dans leur lutte pour l’indépendance de leur pays, Kinshasa avait pris la décision nationaliste de ne plus emprunter la voie ferroviaire de Dilolo vers le port maritime de Lobito. Le régime au pouvoir au Zaïre s’était fait violence pour emprunter la voie nationale du réseau ferroviaire Lubumbashi vers le port d’Ilebo. Avec comme conséquences sur le plan économique un impact sérieux sur le prix de revient à cause de la rupture des charges aux ports fluviaux d’Ilebo et de Kinshasa.  C’est fort dommage que nos frères angolais ne se rappellent plus cet effort de guerre en leur faveur contre les colonisateurs portugais.

Réhabiliter l’épine dorsale de la RDC

 Pour ne pas être surpris par nos voisins aux yeux desquels la gratitude n’est qu’un vain mot, il serait prudent et sage de lancer des grands travaux de construction du port en eaux profondes à Banana, celle d’une ligne ferroviaire entre Ilebo et Kinshasa pour ne pas subir les méfaits de la rupture des charges, la réfection intégrale de ce l’on devrait considérer comme l’ossature dorsale de la RDC, à savoir le réseau ferroviaire de la SNCC. Car, comme le dit un adage populaire, celui qui a été mordu par un serpent a souvent peur d’un roseau. Pour ne plus être surpris par l’un de nos voisins qui ont oublié tous les sacrifices consentis par le peuple congolais très hospitalier, les pouvoirs publics devraient réfléchir sur les voies et moyens de moderniser le réseau ferroviaire du pays, de sorte que nos compatriotes de l’Est ne soient plus obligés de subir le diktat des Etats belliqueux de l’Est. Cela, pour les opérations commerciales d’import et export.

F.M.                  

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