L’éclairage d’Endundo sur l’après Copenhague

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Le ministre de l’Environnement, Conservation de la nature et Tourisme était hier mercredi 31 mars 2010 face aux acteurs politiques  et sociaux pour éclairer leur lanterne sur deux thèmes, à savoir les retombées du sommet de Copenhague, la politique gouvernementale en matière de changement climatique.

Lors de ce face-à-face à l’Hôtel Memling,  José Endundo a commencé par énumérer nos ressources hydriques, forestières (la RDC a 145 millions d’hectares de forêt, des eaux douces en grande quantité…) et surtout le faible niveau de déforestation de nos forêts (0,2 à 0,3%) ces vingt dernières années. En émettant un signal d’alarme sur le danger imminent  avec l’asseèchement du lac Tchad  dont la superficie est passée de 28.000 à 2.000 km2 et le débit de la rivière Oubangi qui est en train de diminuer de volume. Il a conclu  que la RDC a donc un rôle majeur à jouer en matière de changement climatique. Il nous faut avoir une réelle volonté politique pour remplir nos obligations. Et d’indiquer que le code forestier en vigueur depuis 2002 est aujourd’hui dépassé. D’autant plus qu’à l’époque, la notion du crédit carbone n’était pas en vogue. L’administration environnementale, dotée d’un personnel vieillissant, souffre d’un manque criant des universitaires capables de mieux défendre la voix de la RDC dans les forum internationaux ou encore d’insuffler un vent nouveau au secteur de l’environnement. Dans la foulée, il a fait état du projet de loi sur le tourisme qui sera envoyée à l’attention des élus du peuple dans un proche avenir.

Signaux inquiétants

Et comme pour rappeler à l’assistance l’importance qu’il y a à s’intéresser à la problématique du changement climatique, il a évoqué les cas des pays situés le long des océans comme les Pays-Bas ou encore le Bangladesh, menacés à terme par la montée des eaux. Les principaux pays ayant précipité le phénomène dit de changement climatique sont les nations industrialisées. Enumérant les paramètres qui accélèrent le phénomène de la montée des eaux, il a épinglé, entre autres, le fait que l’industrialisation s’accompagne d’une forte demande d’énergie,  les avions, véhicules consommant trop de carburant, la déforestation suite à la demande des paysans en bois de chauffage. Aujourd’hui en tête de peloton, il y a la Chine Populaire et les USA qui demeurent les « grands pollueurs » et qui ont cette obligation de nous reverser d’importantes sommes d’argent dans le cadre de la taxe sur le carbone.

Cri de cœur des « pollueurs »

L’Afrique, peu industrialisée jusqu’ici, déverse 4 % des émissions des gaz à effet de serre. Les pollueurs se tournent aujourd’hui vers les nations en voie de développement pour l’absorption du carbone. La RDC, le Brésil, l’Indonésie font partie de G3 capables de dépanner les pollueurs, a indiqué José Endundo. En somme, s’ils tiennent à la préservation de nos forêts, ils ont l’obligation de nous verser des compensations financières. Avec une démographie galopante et un accroissement des besoins alimentaires, nos populations vont se tourner vers les forêts pour survivre. Entre temps, la RDC compte au moins 600.000 pygmées, a averti le ministre de l’Environnement.

Revenant au sommet de Copenhague, l’orateur principal du jour a dit qu’il n’a pas apporté grand-chose à nos attentes. La raison principale de ce raté est l’intrusion de la politique dans un domaine technique. Paris, Oslo, Bonn et Cancun au Mexique sont les villes censées abriter d’autres rencontres à format réduit où les discussions vont se poursuivre pour enfin voir les nations signer un traité satisfaisant en matière de changement climatique. La RDC, bien positionnée pour les prochains rendez-vous va discuter avec d’autres pays des modalités de partage des compensations financières censées lui revenir.

En conclusion, le ministre José Endundo a plaidé pour l’insertion  du volet  ’environnement  dans la seconde partie du DSCRP. Et comme le changement climatique  induit une transformation du mode de vie partout sur la planète, la RDC  doit se décider si  elle va accompagner ou subir ces mutations.

En sa qualité de parrain de cette rencontre mensuelle de mars, Vincent Tobi, directeur résident de Promoting Credible Elections Democratic Governance in Africa «  Eisa », est revenu sur la place de choix qu’occupe l’environnement dans la vie des nations et des individus.

                                                Jean- Pierre Nkutu

 

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