L’éclairage de Mgr Djomo sur le combat de la Cenco

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La loi américaine  sur les minerais de sang , leurs implications en RDC et ailleurs , le travail de fourmi abattu par les chrétiens catholiques congolais et américains pour en  arriver là…  ,  ont  été au centre de la conférence de presse de la Cenco d’ hier lundi 2 août 2010 au Centre interdiocésain.. Jennifer Georges,  résidente de Catholic Relief  Services « CRS » en RDC , le président de la Cenco, monseigneur Djomo, le directeur du Cepas,  Ferdinand Muhigirwa… ont été les principaux orateurs de la journée. On y a noté la présence des délégués de la Présidence et de certains ministères. En guise d’introduction, le premier secrétaire adjoint de la Cenco, l’abbé Nshole  a dit qu’ en initiant cette conférence de presse, ils veulent rester fidèles à leur mission, celle de promouvoir la liberté. En RDC, les richesses naturelles deviennent la cause de misère des Congolais.

 Nicolas Djomo, lui,  a fait observer que la Cenco accorde une attention particulière à  l’exploitation des ressources  de la RDC depuis dix ans. Et ce après avoir établi les liens existant entre l’extraction des minerais, les violations des droits de l’homme et les conflits armés. Il a remercié le gouvernement américain  mais également les évêques catholiques, le pendant de  Caritas de la Conférence épiscopale des évêques  américains «  USCCB »pour avoir contribué à l’adoption de la loi sur les minerais extraits dans les zones de conflits.

 

      La longue marche

 Et d’ajouter  qu’ils avaient d’abord adressé un mémo au Secrétaire général des Nations Unies en 2002 pour faire comprendre au patron de l’Onu le paradoxe de l’abondance des ressources naturelles  du Congo Kinshasa et la pauvreté criante de sa population. En 2007 , ils ont créé  un organe  chargé de suivre les questions inhérentes aux richesses du sous-sol, à savoir : la . Commission Episcopale pour les Ressources Naturelles « CERN ».
  Par le canal de  CRS et de l’USCCB, la Cenco a pu accéder au projet de loi « Congo conflict mineral Act ». Nicolas Djomo a dit avoir rencontré aux USA, l’initiateur de ladite loi,   le sénateur  catholique Sam Brownback en mai 2009. Après l’avoir analysée, ils se sont adressés à l’USCCB pour obtenir son adoption. Leurs collègues américains et  ceux du CRS ont effectué à leur tour du forcing auprès des parlementaires, décideurs politiques, croyants catholiques et autres investisseurs américains pour obtenir gain de cause. Finalement, elle a été adoptée le 21 juillet 2010. .
 
            Défis

Les mesures d’application seront-elles efficaces en RDC,  chez nos voisins  et aux USA?
 Le climat fragile de sécurité dans la région ne produira-t-il pas des effets pervers à ceux attendus ? Telles sont les questions qui se posent en ce moment.  La solution est de renforcer les mesures économiques  déjà prises, le processus démocratique ou encore la bonne gouvernance, a-t-il indiqué.
  Pour sa part, Jennifer Georges Poidatz a planché sur les implications de la loi 111- 203 aux USA, pour le gouvernement, les investisseurs américains… et l’article 1502 qui traite des ressources minérales, sources des conflits en RDC.
 Le Département d’Etat, l’Agence de Développement international … devront définir d’ici six mois une stratégie pour appréhender les liens entre les violations des droits humains, les groupes armés, l’extraction des minerais liés aux conflits. « Nous espérons que cette stratégie va renforcer la collaboration  entre les gouvernements congolais, américain, les pays limitrophes, la communauté internationale », a-t-elle souligné.
 Ajoutant plus loin que le Département d’Etat doit publier une « Carte des minerais liés aux conflits »  délimitant les zones riches en minerais, les routes commerciales, les secteurs contrôlés par les groupes armés…
 A terme, des rapports devraient être établis sur l’efficacité de la loi  pour ce qui est  de promouvoir  la paix et la sécurité, les problèmes relatifs aux entreprises peu enclines à se soumettre à l’Autorité de Régulation des Marchés Financiers Américains « SEC »
  Les entreprises américaines, enregistrées au SEC seront obligées de divulguer si elles utilisent des minéraux qui sont présents à l’état naturel dans les zones de conflit ou d’un pays limitrophe. Jennifer a aussi fait allusion de l’article 1504 relatif à l’obligation de la part des entreprises éligibles au SEC de déclarer les commissions liées au développement commercial des hydrocarbones, les paiements effectués auprès des gouvernements américain et congolais.
 Répondant aux questions des médias, le jésuite Muhigirwa et le président de la Cenco ont dit qu’avant de prendre langue avec les américains, la porte leur a été fermée dans certains pays africains.  Ils vont rester en contact avec le ministère des Mines.
Ferdinand Muhigirwa a fait observer qu’à terme, les entreprises américaines risquent de décreter un embargo à l’endroit de nos minerais. La certification de nos minerais, mais également d’autres pays voisins apparaissent comme des solutions appropriées pour nous permettre de tirer profit de nos ressources naturelles.

Jean- Pierre Nkutu

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