Le testament de Bomboko : Ewanga nouveau chef des Mongo

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ewangaLe dimanche 20 avril 2014 fera date dans l’histoire de la communauté mongo. Ce jour-là, en effet, Jean Bertrand Ewanga I’sEwanga a été officiellement coopté chef de l’Union des Mongo pour succéder à l’un de pionniers de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, Justin Marie Bomboko, membre de cette tribu, décédé à  Bruxelles le 10 avril 2014.

La cérémonie traditionnelle d’intronisation  du nouveau leader de la communauté mongo  s’est déroulée dans la résidence du défunt chef de ladite communauté, Justin Marie Bomboko, à Binza-pigeon, dans la commune de Ngaliema.

Par ce choix porté sur Ewanga, les notables Mongo n’ont fait qu’exécuter le testament  du patriarche Bomboko, qui de son vivant l’avait choisi comme son dauphin, avec le consentement d’autres fondateurs de l’Union des Mongo, dont Léon Engulu, encore vivant.

Bien rôdé par son prédécesseur, Ewanga rassure les Notables mongo, convaincus que le nouveau promu réunit les qualités intellectuelles et morales requises pour pérenniser l’œuvre de Justin Marie Bomboko qui, de son vivant, ne ménageait  aucun effort pour consolider l’unité des  Mongo.

Avec son lingala châtié propre aux « bana ekanga », ce fils du terroir est à même de conserver et de promouvoir l’identité culturelle Mongo chère au patriarche Bomboko.

Dans son oraison funèbre, le nouveau chef des Mongo, Jean Bertrand Ewanga, a loué les qualités exceptionnelles de son prédécesseur, qui se distinguait par des conférences et des meetings pour la vulgarisation des idées progressistes de la libération et de l’affirmation de l’identité culturelle mongo, qui l’avaient hissé au rang des jeunes premiers de son époque, à Mbandaka.

Tout en soulignant que l’illustre disparu  était très écouté par les jeunes de sa génération, qui découvraient en lui un homme clairvoyant et un véritable meneur d’hommes, Ewanga a fait remarquer que Bomboko, bien qu’encore aux études, n’a jamais coupé les  liens avec ses frères Ndjoku Eyobaba, Engulu, Ikolo, Bolia, Ileo, etc.

            Il a ajouté que cette complicité de l’élite mongo avait donné naissance à un parti politique dénommé « Union des Mongo », avec lequel ils avaient négocié avec des compatriotes d’autres provinces, l’indépendance de la RDC.

Ewanga  a fait l’éloge d’un parcours politique et social d’une intensité exceptionnelle, une vie guidée à la fois par l’idéal de solidarité et l’exigence de progrès social, valeurs auxquelles ce pionnier de l’indépendance de la RDC accordait une importance particulière.

            «Sonder le parcours de Justin Marie Bomboko, c’est comme ouvrir un manuel d’histoire de la République Démocratique du Congo  », a –t-il souligné, avant d’indiquer que sa vie replonge au cœur des moments les plus marquants de l’histoire de la RDC. L’homme avait connu le temps colonial pour être conscient de ses travers.

Signataire de l’acte d’accession de la RDC à sa souveraineté nationale en juin 1960, pionnier et artisan de l’indépendance de la RDC, Bomboko figure, de l’avis de son successeur, avec prestige et honneur,  parmi les premiers dirigeants politiques  de notre pays et, en même temps, il a fait merveilleusement jonction entre la deuxième république et le temps présent.

            «La présence en ce lieu funéraire des gens de tous les âges, de toutes les catégories sociales et de toutes les provinces et cultures reste un témoignage vivant des valeurs républicaines, un symbole éclatant et davantage émouvant des qualités de vie qu’il laisse en héritage », a conclu le nouveau chef des mongo.

ERIC WEMBA                                    

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