Le terrible constat de Kamerhe

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Parlera ou ne parlera pas ? Vital Kamerhe a finalement décidé de rompre le silence et fixer  l’opinion sur son avenir politique.
C’est hier mardi 14 décembre, au complexe commercial GB, que l’ancien speaker de l’Assemblée nationale a affiché ses couleurs lors de la matinée politique de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), son parti politique créé en juin 2010.
Fidèle à sa nature, Vital Kamerhe n’a pas usé de la langue de bois pour dévoiler son « rêve » pour le Congo démocratique.
Mégestion notoire des affaires de l’Etat par les différents gouvernements de la majorité présidentielle qui se sont succédé au pouvoir, non tenue des promesses faites au peuple lors de la campagne pour la présidentielle de 2006, l’existence d’un gouvernement parallèle qui met le pays sens dessus dessous et irresponsable devant la représentation nationale, l’absence totale des sanctions et d’un leadership responsable…ce sont là les raisons ayant amené Vital Kamerhe à prendre ses distances vis-à-vis de son ancienne famille politique .
L’homme n’a pas voulu un seul instant escamoté l’histoire en reconnaissant sportivement le rôle qu’il avait joué pour non seulement faire élire l’actuel président, mais également pour constituer la majorité parlementaire en vue d’assurer la stabilité des institutions républicaines. 
Double démission  
      Comme il fallait s’y attendre, l’élu de Bukavu est resté légaliste. Raison pour laquelle ayant été élu sur la liste du PPRD (parti présidentiel), il n’a pas voulu provoquer la polémique. C’est ainsi qu’il a décidé de démissionner du PPRD, en renonçant tout logiquement à son mandat de député national obtenu sous la casquette dudit parti.
      Les deux démissions ont été déposées le matin d’hier, respectivement au siège du PPRD à l’intention du secrétaire général pour l’informer officiellement de son retrait et au bureau de l’Assemblée nationale concernant son renoncement au mandat de député.
      « Concernant mon avenir politique, j’ai l’honneur de vous tenir officiellement informés de ma démission du PPRD par ma lettre adressée ce jour au sec secrétaire général du PPRD et déposée au siège de ce parti ».
C’est à cette occasion qu’il a expliqué les raisons qui l’ont amené à prendre une telle décision.
      « Consécutivement à ma démission du PPRD, parti politique au nom duquel j’ai été élu député de la circonscription de Bukavu et en application de l’article 110 alinéa 1 point 3 et 4 de la Constitution et de l’article 85 alinéas 1 et 3 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, je vous annonce que je viens également de déposer ma lettre de démission  en tant que député, au président de l’Assemblée nationale ».
      Après avoir annoncé sa double démission tout à fait logique et justifiée, Vital Kamerhe s’est mis à expliquer les objectifs à atteindre par l’UNC, et son nouvel engagement avec le peuple congolais et la nation.
      L’ancien président de la chambre basse et enfant terrible de l’entourage de Joseph Kabila, a déclaré publiquement que son parti est de l’opposition. 
« Je rêve d’un Congo différent et meilleur »
      Après avoir passé en revue les vicissitudes connues dans la gestion de l’appareil étatique par les dirigeants congolais ainsi que la recherche des intérêts égoïstes en lieu et place de servir la nation et son peuple, il a dévoilé son rêve pour le Congo.
      Ce rêve se veut plus large, s’étend à plusieurs niveaux notamment national, africain et mondial.
« Notre rêve pour la RDC, et nous y croyons fermement, est de faire très rapidement de notre pays une nation démocratique, stable et prospère avec une intégration nationale basée sur une réelle décentralisation des pouvoirs. C’est-à-dire la mise en place sans atermoiement des 26 provinces prévues dans la constitution, un réseau routier, ferroviaire, fluvial, lacustre et aérien favorisant les échanges entre les différentes provinces sur base de la loi des intérêts  comparatifs, la bonne gouvernance et la mise en place d’un Etat de droit ».
      Au niveau africain et mondial, il s’est employé à démontrer les atouts dont dispose le pays pour devenir une puissance dans un proche avenir, à condition que les dirigeants comprennent bien leur mission.
      Pour ce faire, Kamerhe s’inspire de l’ancien président brésilien Lula, l’homme ayant démontré de quoi il était capable de réaliser pour son pays.
      L’insécurité ayant élu domicile à l’Est, le retard dans la mise en place de la CENI, le vote des lois relatives aux différentes réformes, la misère de la population, la modicité des salaires de ceux qui travaillent…tout a été analysé par l’orateur qui n’a pas caché sa déception face aux réalités que vivent les Congolais.
      Promettant d’aligner ses poulains de l’UNC à tous les niveaux des élections en 2011, Vital Kamerhe s’est néanmoins réservé d’annoncer sa candidature à la magistrature suprême.
      A propos, il a dit s’en remettre à la sanction du congrès de son parti, ainsi qu’à la volonté du peuple congolais.
Il a, par ailleurs, révélé  dans les réponses que la décision de créer le parti, il l’avait déjà annoncée à Etienne Tshisekedi et à Jean pierre Bemba, respectivement président national de l’UDPS (candidat présidentiel) et président national du MLC. 
 
                    Dom

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