Le terrain de l’école Maadini morcelé au profit de deux hommes d’affaires

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La spoliation des terrains appartenant aux écoles n’est plus le fait des expatriés venus de l’Orient, l’on note de plus en plus des opérateurs locaux qui rivalisent d’ardeur pour occuper de manière anarchique des espaces où sont érigés des établissements scolaires. Si à Kinshasa, ce sont essentiellement des hommes d’affaires libanais qui, de connivence avec les autorités administratives et politiques, ont obtenu des autorisations de morcellement des terrains d’écoles pour y ériger des immeubles à caractère commercial, en provinces ce sont des Congolais qui s’adonnent à ce sale jeu.

A Lubumbashi, le torchon brûle entre le comité des parents de l’Institut Maadini et le gouvernement provincial au sujet d’une partie de terrain appartenant à cette école et qu’un homme d’affaires du nom de Chez Ntemba occupe. Selon une lettre envoyée au gouverneur de la Province par le comité des parents, l’homme d’affaires en question serait en possession d’un contrat de location d’une partie du terrain de cette école. Il y a quelque temps, la Gécamines avait procédé au toilettage de ses différentes concessions dont entre autres celle où est construite l’Institut Maadini et après avoir versé sur le compte du Conservateur des Titres Immobiliers la somme de 70.000 dollars Us, elle attendait l’obtention du titre de propriété. C’est alors que l’homme d’affaires Chez Ntemba va sortir de ses gonds pour se proclamer propriétaire des lieux qui lui auraient été attribués par l’Etat, a-t-il déclaré sur le plateau de la chaîne de télévision locale WATANSHI.

On rappelle qu’en 2008, le gouverneur de la province avait demandé à la Gécamines d’autoriser Chez Ntemba d’organiser la Foire du Katanga sur cet espace qu’il avait promis de libérer à la clôture de cette manifestation foraine. Cependant, chaque fois que la Gécamines demande à Chez Ntemba de libérer les lieux, le gouvernement provincial, par la voix du ministre provincial des Affaires foncières, s’interposait pour le supplier de surseoir à cette démarche. C’est ainsi que le 10 décembre de l’année dernière, le sang des élèves a coulé sur ce terrain du fait qu’ils se sont heurtés à la farouche opposition des éléments de garde installés par cet homme d’affaires. Les élèves tenaient à organiser une rencontre de football et les éléments de garde les en avaient empêchés. Des accrochages eurent lieu et se soldèrent par des blessés dans les rangs des élèves de l’Institut Maadini, indique-t-on dans la lettre de protestation du comité des parents. Ce dernier constate avec amertume que le gouvernement provincial se prépare à autoriser le morcellement de ce terrain au profit de cet homme d’affaires pour y construire un bar du nom de Katanga Show. L’autre morcellement serait déjà octroyé à un opérateur sud-africain.

Chez Ntemba se vante d’un arrêté de morcellement

Approché, l’un des représentants de cet homme d’affaires à Kinshasa a indiqué que son entreprise a bénéficié d’une mesure administrative lui accordant une partie du terrain en exécution d’un arrêté de morcellement signé par l’autorité administrative et politique. « Chez Ntemba n’est pas la seule société ayant bénéficié de cet arrêté de morcellement. Un opérateur économique sud africain a déjà démarré les travaux d’aménagement de la partie lui octroyée », a fait savoir  Kayembe.  Y a-t-il eu des accrochages entre des élèves de cet institut et les éléments de garde placés par votre entreprise sur ce terrain ? Selon lui s’agit là des affabulations gratuites faites par ceux qui ne veulent pas se plier à une décision administratives, la loi est dure mais c’est la loi, s’est-il écrié. 

Plusieurs écoles spoliées !

L’asbl « S.O.S Kinshasa » et certaines organisations de parents d’élèves de Kinshasa ne baissent pas les bras pour réclamer la restitution des espaces des écoles de la ville spoliés par des opérateurs économiques avec la complicité des autorités administratives et politiques. Notamment, les terrains de l’ex-Athénée de la Gare, de l’Institut de la Gombe, etc. Le même combat concerne les espaces verts qui sont envahis, tel celui de la 7ème Rue que le gouvernement central voudrait octroyer à la société pétrolière angolaise SONANGOL pour y construire une station-service et une chaîne de magasins. Ces organisations ont promis d’en appeler à une mobilisation générale des habitants de cette commune pour s’opposer à de telles opérations maffieuses qui réduisent ou détruisent des espaces de jeu et des sports pour les enfants. Sur l’espace de la 7ème Rue, il y a un terrain de volley Ball, de basket Ball et une sorte de jardin public doté des bancs destinés aux parents accompagnant les enfants de bas âge pour jouer sur la pelouse. Que va-t-il se passer lorsque des centaines de milliers d’habitants mobilisés par des organisations vont se retrouver en face des agents de l’ordre dépêchés par l’autorité urbaine ou centrale ayant autorisé le morcellement. Le sang va encore couler.

                                 Castro                 

 

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