Le Sud-Kivu menacé par des rébellions pro rwandaises

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Les masques sont en train de tomber les uns après les autres et à une allure vertigineuse dans ce qu’il conviendrait désormais d’appeler la guerre de  balkanisation de la RDC. Il ne se passe plus un jour sans que l’on apprenne que tel ou tel officier de l’ex-CNDP n’ait fait défection en compagnie d’un bataillon pour rejoindre les maquis ou pour tirer dans le dos de ses anciens compagnons d’armes des FARDC. C’est ce qui s’est passé hier lundi 6 août à Kitindi, une localité du territoire de Shabunda dans le Sud Kivu où des éléments du 1.009ème régiment de l’armée nationale congolaise, avec à leur tête un certain major Thierry, non autrement identifié, et chargé des renseignements du 1er bataillon de ce régiment ont  tenté de faire défection en compagnie d’autres militaires.

 Ceux-ci, a-t-on appris des sources proches du commandement militaire et des activistes des droits de l’homme, proviendraient tous de l’ex-CNDP aujourd’hui appelé  M23. Lui-même est d’expression rwandophone et dont le véritable nom, comme ses congénères,  demeure du domaine du secret défense,  a-t-on indiqué.

 Cette tentative de défection s’est buttée à une riposte sévère des militaires loyalistes des FARDC, ce qui a malheureusement provoqué une débandade généralisée des populations locales qui ont pris le chemin de la brousse. Des malins en ont profité pour se livrer aux pillages. Dieu merci, l’on n’a déploré aucune perte en vie  humaine. Mais le centre de santé de Ngoma a été pillé de fond en comble, notamment les médicaments, les matériels de travail et une somme de 3.000 dollars Us.
 Cheval de Troie… 
 Cette tentative de défection des éléments des FARDC provenant de l’ex-CNDP ressemble à bien d’autres que l’on vient de vivre dans les territoires de Masisi et Rutshuru. D’une part, ce sont toujours et encore des actes de violence perpétrés par des éléments des FARDC provenant de l’ex-CNDP et d’expression rwandophone. D’autre part, ces éléments finissent par rejoindre le M23 après avoir tiré dans le dos de leurs anciens compagnons d’armes des FARDC, causant des dégâts énormes en vies humaines et en armes et munitions de guerre ,sans oublier les traumatismes provoqués au sein des populations civiles non armées. Preuve s’il en faut une que ces éléments de l’ex-CNDP proviennent tous du Rwanda comme leurs congénères du nébuleux M23, dans la mesure où ils n’utilisent uniquement et souvent que des prénoms ou des surnoms du genre « Zaïrois, Sultani Makenga, etc » pour cacher leurs véritables identités rwandaises. La RDC paie  cher sa précipitation à recourir à ces fameux programmes de mixages et brassages des éléments venus tout droit du Rwanda et dont les officiers supérieurs, provenant comme par hasard et curieusement de la même communauté ethnique, ont toujours refusé de venir à Kinshasa  leurs fiches d’identité et de formation militaire.  


 Il ne fait  plus l’ombre du moindre doute que l’on est en face d’une stratégie délibérément et méticuleusement élaborée de longue date par Kigali et Kampala, déterminés à exercer des pressions additionnelles sur le gouvernement central pour le contraindre à des négociations qui vont aboutir aux mêmes résultats probablement plus compliqués que ceux que revendique le M23, étant donné que, mutatis mutandis, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Ce que redoutent les différentes forces vives du pays, car cela va renforcer la thèse proclamée urbi et orbi par Kigali selon laquelle la guerre en RDC est une affaire congolo-congolaise. Cette stratégie vise aussi à étendre la guerre au Sud Kivu et probablement vers le Grand Nord où l’on fait déjà état des tracts lancés dans les rues des villes de Butembo et Beni mettant en garde toute personnalité politique qui serait en voie de créer ou de rallier un autre mouvement de rébellion pour appliquer le plan concocté par le Rwanda et l’Ouganda dans leurs ambitions de créer le « Congo Oriental ».
 La même stratégie vise à disperser les FARDC avec l’émergence de plusieurs zones de combat, ce qui se traduira par un coût économique et financier considérable sur le trésor public, notamment en termes des recrutements additionnels des jeunes recrues, l’achat des armes et munitions de guerre. Comme autres effets, il sied de signaler l’énervement et le découragement des populations civiles qui n’auront d’autre choix que de prendre le chemin de l’exode et d’errance à travers les brousses environnantes, exposées ainsi à la famine, aux intempéries, aux bêtes sauvages et inévitables épidémies mortelles. La RDC se dirige donc  inexorablement vers une situation pire que le génocide rwandais de 1994 et cela, sous les yeux et la barbe de la fameuse communauté internationale.    

F.M. 

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