Le Secrétaire général de l’UNPC : «Les médias sont sous pression fiscale et des taxes qui n’ont de sens que l’asphyxie pour les réduire au silence»

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– Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,   

–  Distingués Invités,

– Chers Confrères, Chères consoeurs,

            Il y a dix ans, dans ce même somptueux Salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa, le Vice-président de la République chargé des questions socioculturelles de la transition, Arthur ZAHIDI NGOMA pour ne pas le citer, ouvrait les travaux du Congrès de refondation de la presse rd-congolaise.

–           Pendant dix ans, nous avons célébré, chaque année, la Journée Internationale de la Liberté de la Presse, avec l’appui bienveillant des ONGs partenaires. Au moment où la dernière d’entre elles, en l’occurrence la FEI (France Expertise Internationale) fermait ses portes, la profession a été ravie de savoir que le Gouvernement de la République prenait  désormais en charge l’organisation de cette Journée.

            Mais la joie de la profession est si grande que, pour la première fois, la célébration de cette Journée est présidée personnellement par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Au nom de tous les professionnels des médias et au nôtre propre, nous le prions d’accepter notre gratitude. Car, sa présence est un message fort pour tous ceux de nos confrères et consoeurs qui pensent que le Gouvernement de la République ne fait rien pour la presse. D’où notre espoir que ce précieux geste aura certainement une suite d’attention particulière à la profession médiatique.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

            Le thème retenu pour 2014 : « La liberté des médias pour un avenir meilleur : contribuer à l’agenda de développement post-2015» n’a pas de signification particulière pour les médias en RDC dont l’avenir nous parait obscur.

En effet, Monsieur le Premier Ministre, lors de votre investiture il y a deux ans révolus, vous aviez vous-même annoncé vous investir pour la dépénalisation des délits de presse. A notre connaissance, aucun écho ne nous est encore parvenu sur votre engagement dans ce sens-là.

            La loi n° 96-002 du 22 juin 1996, sur l’exercice de a liberté de la presse prévoit les aides et certains avantages de l’Etat à la presse. Jusqu’à ce jour, nous n’en vivons aucune concrétisation.

            En 2007, une ligne budgétaire de l’ordre de deux millions de dollars américains était inscrite au budget de l’Etat au profit de la presse. Malheureusement, elle n’a jamais été décaissée au profit de cette presse jusqu’à ce jour. Chose grave, nous apprenons qu’elle vient d’être élaguée dudit Budget.

            Cependant, les médias sont sous pression fiscale et des taxes qui n’ont de sens que l’asphyxie pour les réduire au silence.

Et pourtant, les quelques annonces publicitaires, qui assurent, tant bien que mal, la survie à la presse ne profitent qu’à quelques maisons de presse au détriment du plus grand nombre pour plusieurs raisons que nous ne saurons évoquer ici. Celles qui peuvent être disponibles sont données aux conditions de celui qui donne, à prendre ou à laisser. Donc, une logique de tarif imposé.

            Les médias eux-mêmes ont cessé de donner l’information puisée à la source pour se contenter des communiqués officiels que vous retrouvez, avec les mêmes fautes, dans tous les organes de presse, plus pour la survie que pour l’information. Et nous en passons.

            Dans ces conditions-là, il est difficile d’espérer un travail de qualité de la part du professionnel de la presse.

            Voilà pourquoi, l’occasion faisant le larron, nous profitons de votre présence, Excellence Monsieur le Premier Ministre, pour vous prier de vous pencher sur la presse en RDC comme vous le faites si bien, depuis l’année dernière, dans le domaine du Sport, avec le Tour cycliste international du Congo et la Boxe.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

            Tous les instruments internationaux du secteur des médias, repris dans la législation rd-congolaise, affirment que « toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations et des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorité publique ».

            D’autre part, nous ne pouvons pas passer sous silence l’apport combien méritoire de Son Excellence Monsieur le Ministre des Médias pour avoir porté ce projet « Bal de la presse » au cours duquel est remis le prix Tshimpumpu. Nous exprimons toute notre reconnaissance et plaidons pour que, à jamais vive ce Ball.

            Nous saluons le geste combien louable du Gouvernement de la République fait bénéficier à notre confrère, Patrick PALATA , les effets de la loi sur l’amnistie.

            Tout autant, nous le remercions pour ses bonnes dispositions sur l’initiative de l’institution du Prix Lucien TSHIMPUMPU pour la promotion de la liberté de la presse qu’organisent l’Union Nationale de la Presse du Congo et l’Observatoire des Médias Congolais en vue d’apporter un plus dans l’exercice de la profession de journaliste et, aussi, de permettre aux meilleurs d’entre eux d’arrondir les angles face à la précarité de leur situation sociale.

            Pour terminer, nous lançons un appel pathétique à Monsieur le Premier Ministre pour qu’il prenne aussi en compte le dossier de la presse afin que ses membres se sentent sécurisés sur tous les plans.

            Nous vous souhaitons tous la bienvenue et une bonne fête de la liberté de la presse.

Merci de votre attention !

Kinshasa, le 3 mai 2014

Kasonga Tshilunde, Secrétaire Général de l’UNPC

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