Le Rwanda et l’Ouganda incorrigibles : la Monusco somme le M23 de désarmer

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m23-leadersMoins d’une semaine après les « cartes jaunes » du Conseil de Sécurité de l’ONU au Rwanda, à l’Ouganda et à la RDC, jugés solidairement coupables de soutiens militaires et financiers au M23 pour les deux premiers pays cités et aux FDLR pour le dernier, Kigali et Kampala semblent avoir décidé de « punir » les FARDC, qui mènent le jeu sur le front militaire depuis un certain temps. L’absence de condamnation des deux voisins belliqueux du grand Congo de la part de cette institution a paru comme une caution à leurs actions de torpillage de la paix au Nord-Kivu et du plan de déploiement de la Brigade d’Intervention.

Comme c’est le cas voici plusieurs années, l’alerte au nième retour des armées rwandaises et ougandaises à l’Est du pays, plus précisément dans les territoires de Beni et Nyiragongo, vient d’être donnée par la Société Civile du Nord-Kivu. S’appuyant sur des sources villageoises, cette structure fait état de la présence massive des soldats rwandais et ougandais dans les rangs du M23, mais aussi dans ceux des groupes armés qui écument cette province, dans le dessein bien arrêté de reconquérir les villes et localités perdues par ce dernier depuis la mi-juillet, après la tentative manquée de la reconquête de Goma, suivie d’une contre-offensive foudroyante des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo).

Deux axes semblent avoir été choisis pour prendre l’armée congolaise en étau : Beni pour les troupes ougandaises et Nyiragongo pour celles du Rwanda. Alors qu’une grande agitation s’observe chez les populations civiles de cette partie de la République, les autorités civiles et militaires, tant nationales que provinciales, observent un silence qui ne peut que les inquiéter. Elles sont à se demander si les services congolais de renseignements civils et militaires sont au courant des mouvements suspects des troupes rwandaises et ougandaises au Nord-Kivu.

Car, la situation du moment porte à croire que du côté des décideurs politiques et militaires congolais, il ne se remarque aucun dispositif de prévention ou de riposte contre un nouveau feuilleton de la guerre de l’Est dont le décor se précise au fil des jours. Cela fait penser aux scénarii antérieurs consistant à ne réagir qu’après la conquête de plusieurs villes, localités et villages par des « envahisseurs » en provenance de l’autre côté de la frontière.

Nécessité de réponses rassurantes

            En ce moment où tous les échos émanant du front font état du comportement héroïque des FARDC face aux rebelles du M23 et à leurs alliés rwando-ougandais, les populations de Beni, Nyiragongo, Rutshuru, Kiwanja, Rumangabo et autres ont besoin des réponses rassurantes quant à la capacité de défense du territoire national par nos compatriotes sous le drapeau. Ils aimeraient que cela se manifeste à travers des actions concrètes sur le terrain, telle la contre-offensive qui a amené dernièrement le M23 à décrocher au-delà de 15 kilomètres de Goma…tel également le bombardement de sa base de Rumangabo.

            Maintenant que les prémisses d’une nouvelle guerre ougando-rwandaise contre la RDC semblent réunies, comme en 1996 et en 1998, de signaux forts d’une farouche résistance de la part de l’armée congolaise devraient être envoyés à direction de nos belliqueux voisins, de manière à ce qu’ils se rendent compte que le temps des promenades de santé au Nord-Kivu est révolu.

Parallèlement au dispositif défensif, la diplomatie congolaise ne devrait pas s’essouffler face aux avatars qu’elle rencontre dans les réunions internationale, dans ses campagnes d’explication de ce qui se passe réellement au Nord-Kivu, suite aux actions de lobbying du Rwanda et de l’Ouganda qui jettent le doute dans le camp des maîtres du monde. Tout en distribuant à la ronde les preuves de l’implication de ces deux pays dans la déstabilisation de la RDC, les décideurs congolais devraient jouer franc jeu dans la gestion du dossier des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda), fichées par la communauté internationale comme « force négative ». Toute attitude équivoque pourrait faire le lit du Rwanda, qui s’acharne à faire accréditer la thèse de la collaboration entre les FARDC et ces rebelles présumés génocidaires. Le but visé dans la diabolisation de l’armée congolaise est de justifier une nouvelle agression de la RDC, sous prétexte de pourchasser cette force négative.

La Monusco somme le M23 de désarmer

            En attendant que Kinshasa réagisse aux bruits de bottes qui se font déjà entendre dans les territoires de Beni et Nyiragongo, la Monusco vient de donner un ultimatum de 48 heures au M23, à compter du mardi 30 juillet, pour déposer les armes dans la périphérie de Goma. Selon les termes de cette sommation, les troupes onusiennes ont reçu la consigner de neutraliser, après le jeudi 1er juillet, toute personne porteuse d’une arme à feu dans la périphérie de Goma et non répertoriée comme membre de l’armée ou des services spéciaux.

            L’on ne peut que saluer pareille mesure car de nombreux éléments de groupes armés ont pris coutume de se diluer dans les milieux des paysans, agriculteurs, éleveurs, conducteurs d’engins de transport… voire des élèves et étudiants pour tromper la vigilance de la Monusco et des FARDC pour les « poignarder dans le dos » à la première occasion. Avec cette nouvelle disposition, il est permis de croire qu’il n’y aura plus de confusion entre soldats ou policiers de métier et des criminels, souvent en civil, passés maîtres dans des actions de guérilla urbaine et rurale.

            Si une telle mesure était étendue à l’ensemble de la province du Nord-Kivu, il serait possible de faire rapidement la différence entre les forces de sécurité congolaise et les « forces négatives », nationales comme étrangères.

Kimp

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