Le Rwanda au portillon du Conseil de Sécurité : Kagame-Museveni : suspect tandem contre la RD Congo

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En principe, le Rwanda va faire son entrée au Conseil de Sécurité des Nations Unies, à partir du 01 janvier 2013, comme membre « non permanent ». Pendant deux ans, le pays de Paul Kagame va y représenter l’Afrique de l’Est, en remplacement de l’Afrique du Sud, qui est en train de finir son mandat en tant que représentante de l’Afrique australe.
Selon un modus vivendi adopté au niveau de cette instance onusienne, l’Afrique bénéficie de 3 sièges de membres non permanents, dont un revient à l’Afrique de l’Ouest, un second à l’Afrique Centrale et du Nord sous le régime de l’alternance et un troisième à l’Afrique de l’Est et australe sous le même principe de la rotation. Le Rwanda est assuré de siéger au Conseil de Sécurité de janvier 2013 à janvier 2015 en raison de sa candidature unique endossée en son temps par l’Union Africaine.
Ce n’est sûrement pas là une bonne nouvelle pour la République Démocratique du Congo, qui a toujours eu du mal à faire passer, dans l’opinion et les instances internationale, les thèses des nuisances du régime de Kigali à sa situation sécuritaire, particulièrement dans sa partie Est. La diplomatie congolaise, souvent tiède lorsqu’il s’agit de condamner la duplicité rwandaise dans les activités des mouvements rebelles qui écument le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, risque de connaître des moments difficiles aux Nations Unies. A moins qu’un sursaut particulier de nationalisme ne booste des officiels congolais, qui donnent l’impression de trop ménager les susceptibilités rwandaises, pour des raisons non élucidées.
 
Kagame-Museveni : curieux rapprochement
 
Les présidents ougandais Yoweri Museveni et rwandais Paul Kagame semblaient, depuis plusieurs mois, ne plus être très proches l’un de l’autre. Les observateurs ont tout en cas noté un refroidissement apparent des relations ougando-rwandaises. Aussi est-on étonne d’apprendre qu’il y a eu dernièrement une rencontre secrète entre les hommes forts de Kampala et Kigali, en territoire ougandais. Que se sont-ils dit ? Mystère !
Des sources bien informées les soupçonnent d’avoir abordé la question sécuritaire du Nord-Kivu et peut-être décidé de faire front à l’offensive des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) lancée contre les mutins du CNDP et du M. 23 actuellement arc-boutés aux frontières de leurs pays. La rencontre Kagame-Museveni est d’autant suspecte que depuis quelques jours, les hommes du général Bosco Ntaganda et du colonel Sultani Makenga, qui étaient totalement en débandade, semblent s’être quelque peu réconfortés et avoir retrouvé une certaine puissance de feu.
La nouvelle donne militaire sur le terrain ne trompe pas. Le CNDP et le M.23  doivent avoir reçu, de la part de ces deux principaux architectes des guerres d’agression contre l’ex-Zaïre en 1996 avec l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) puis contre la RDC en 1998 avec le RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) et le MLC (Mouvement de Libération du Congo), des renforts en hommes et armes constatés sur le front de l’Est, du reste dénoncés par le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.
La République Démocratique du Congo doit désormais constater qu’elle a affaire à deux voisins qui sont loin de lui faire du bien et se conduire en conséquence.
 
La Nation en danger
 
Au regard des paramètres politiques en perspective aux Natons-Unies et militaires qui prévalent à l’Est du pays, la question qui devrait préoccuper en permanence les décideurs congolais devrait être celle de savoir si toutes les dispositions sont prises pour démanteler le réseau des traîtres. Il est important que le pays procède à la collecte du maximum de données sur les complices internes de ceux qui complotent sans arrêt contre la paix et le développement du Congo. Les fameux « chevaux de Troie » qui se cachent au sein de l’armée et de la police nationales, des services de renseignements, des institutions politiques tant nationales que provinciales devraient être activement et intelligemment recherchés, démasqués et neutralisés.
La patrie a besoin de connaître les traîtres qui transmettent des plans de bataille aux mutins et autres mouvements belles parrainés par le Rwanda, les financent, les ravitaillent en armes et troupes, font leur lobbying sur la scène internationale, etc. A l’époque de l’AFDL, des « villes tombaient sans combat » et des quantités d’armes laissées aux agresseurs rwandais, ougandais et érythréens, sous prétexte de chasser la dictature de Mobutu. Il n’est pas impossible que la technique de corruption des responsables politiques et militaires congolais, déjà expérimentés avec succès par Kagame et Museveni, soit réactualisée en 2012.
  Les officiels congolais ne devraient pas faire comme s’ils ne savaient pas que les institutions de la République comme les services spéciaux sont infestés de faux Congolais arrivés chez nous grâce aux vagues de rébellions. Toutefois, la chasse aux traîtres ne devrait pas se transformer en une chasse à l’homme aveugle et complaisante, au risque de sacrifier des innocents pendant que les véritables fossoyeurs de la paix et de l’unité en RDC se prélassent dans leurs villas à Kinshasa, Goma, Gisenyi, Kigali, Kampala, etc. Un sérieux travail de dépistage des ennemis du Congo devrait s’organiser en vue de savoir qui est réellement avec les Congolais et qui n’ est pas.        
 
 Kimp
 

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