Le puzzle en voie de reconstitution mais…

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Congolais et étrangers ont grandement soif des nouvelles liées au dossier de Floribert Chebeya, ce défenseur des droits de l’homme victime d’une mort violente il y a une semaine et dont le cadavre a été jeté dans la périphérie Ouest de la ville de Kinshasa. Tous les regards sont tournés vers le Procureur Général de la République, qui a reçu de la très haute hiérarchie de la République la lourde charge de conduire l’enquête nécessaire à la réunion d’éléments de preuves devant déboucher sur la traque des présumés meurtriers et de leurs commanditaires.

Ce haut magistrat vient de briser le silence à deux reprises, dans le cadre spécifique de l’affaire Chebeya. La première fois, c’était le lundi 07 juin 2010 devant la presse. Il a confirmé avoir ouvert une enquête à son office et qu’au stade actuel, il en était à la collecte des données pouvant lui permettre d’identifier les auteurs du crime.

La seconde fois, c’était le jeudi 10 juin 2010, toujours devant les médias. Le numéro un de la magistrature debout tenait à faire passer le message selon lequel la mort de Chebeya serait un cas de meurtre plutôt que d’assassinat et que les investigations se poursuivaient. L’on ne peut que saluer la détermination du Procureur Général de la République à creuser un dossier qui mérite de l’être.

Ce haut magistrat serait bien inspiré s’il pouvait rester à l’écoute de l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, qui est gagnée par une sorte de suspicion permanente à l’égard du système judiciaire congolais, dès lors que dans le lot des suspects sont répertoriés, en première ligne, plusieurs officiers supérieurs de la Police Nationale Congolaise, celle-là même qui est censée garantir la sécurité des personnes et de leurs biens.

Le meilleur moyen de briser le mur de la méfiance, c’est d’éviter de donner l’impression de vouloir faire cavalier seul. Etant donné que le gouvernement congolais a déjà ouvert la porte aux médecins légistes étrangers pour l’autopsie du corps, le public s’attend à une plus grande participation d’experts étrangers à d’autres volets de l’enquête, de manière à éviter que l’affaire n’emprunte de fausses pistes. Rien ne devrait ainsi être négligé : ni les résultats de l’autopsie, ni le messager du général John Numbi auprès de Chebeya, ni le rendez-vous présumé manqué du mardi 1er juin à l’ex-Circo entre les deux personnes, ni les Sms soi-disant émis par le défunt, ni les ingrédients sexuels ( préservatifs, aphrodisiaques) trouvés dans sa voiture, ni le sang coagulé traînant dans ses narines et oreilles, encore moins les traces de violence repérées au niveau de ses avant-bras, de son cou et de son visage, etc.

Il est réclamé, de partout, une commission d’enquête mixte et indépendante, à placer sous la responsabilité des Nations Unies. Personne ne veut douter que la volonté affichée par les autorités congolaises est de favoriser la manifestation de la vérité dans ce dossier. Une telle disposition d’esprit exige que l’affaire Chebeya soit le point de ralliement de toutes les personnes physiques et morales susceptibles de conférer le maximum de crédit aux conclusions de l’enquête préjuridictionnelle et de donner ainsi lieu à un procès où la RDC n’aurait rien à cacher.

Jacques Kimpozo

 

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