Le processus de transformation des entreprises publiques passé au peigne fin

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Lancé le 4 février 2014 par le gouvernement, sous la supervision du Comité de Pilotage de la Réforme des Entreprises du Portefeuille de l’Etat (COPIREP), le processus de transformation des entreprises publiques en sociétés commerciales et services publics, placé sous le vocable «Projet Compétitivité et Développement du Secteur Privé, PCDSP» a été au centre d’une évaluation par son gestionnaire. C’était au cours de l’atelier dit de clôture du Projet Compétitivité et Développement du Secteur Privé, tenu le vendredi 27 juin 2014 au Grand Hôtel Kinshasa.

 Dans son mot de circonstance, le Secrétaire Exécutif adjoint du Copirep a tenu à rappeler l’objectif visé par le gouvernement à travers le processus de transformation des entreprises étatiques. C’était dans le but d’appuyer financièrement le processus d’amélioration du climat des affaires et des investissements. Le gouvernement espérait, à travers ce processus, voir les entreprises libérer des espaces qu’elles occupaient jadis de manière exclusive du fait du monopole pour permettre l’introduction des opérateurs privés dans un environnement compétitif.

L’atelier a également servi d’occasion au Copirep d’évaluer le processus de transformation qu’il a piloté pendant  plus de dix ans.

« A l’heure de la clôture du Projet, il convient de se remémorer ses objectifs de passer en revue les grandes étapes accomplies pour fixer les idées sur ce qui a été réalisé et évaluer ainsi le chemin parcouru, tout en recensant les défis non encore achevés avant de lever les regards sur les perspectives d’avenir », a-t-il déclaré. Avant de rappeler que le processus d’amélioration du climat des affaires et de réforme des entreprises publiques est une œuvre de longue haleine, qui dépasse la durée de vie d’un projet.

Pour sa part, le Directeur des Opérations de la Banque Mondiale en République Démocratique du Congo, Eustache Ouayoro a reconnu des avancées notables dont la RDC a fait montre ces dernières années. Il s’agit notamment du processus de transformation des entreprises publiques en sociétés commerciales, de création de la commission nationale Ohada, du Guichet unique, des tribunaux de commerce et du centre d’arbitrage, de l’engagement du Gouvernement dans la réalisation dudit projet par le biais du COPIREP.

Dans la phase de consolidation des acquis, le Directeur des Opérations de la Banque Mondiale au Congo a indiqué qu’il y a encore beaucoup à faire. Notamment l’amélioration de la qualité des services des entreprises commerciales, le travail à abattre pour l’épuration des bilans, l’engagement à résoudre le problème des dettes sociales, en réduisant les vielles dettes de façon à attirer les investissements privés, etc.

Du côté gouvernemental, le ministre du Plan Célestin Vunabandi a indiqué qu’en dépit des contraintes multiples qui se sont dressées dans la réalisation de ce projet, son impact positif est ressenti dans le processus d’assainissement et d’amélioration du climat des affaires. « Les bases ont été posées et il y a nécessité de les consolider », a-t-il déclaré.

En outre, le ministre Célestin Vunabandi a fait un plaidoyer pour que les bailleurs de fonds ne lâchent pas prise, de peur de voir cette structure déjà installée s’effondrer. « Votre implication est nécessaire dans cette seconde phase de transformation pour que le secteur privé, moteur de création des richesses, soit performant en République Démocratique du Congo », a-t-il conclu.

Des recommandations

  Au terme de l’évaluation des réalisations du PCDSP par le COPIREP durant les 10 ans de son existence, il s’avère la nécessité de relancer le deuxième objectif lié à la transformation. Le Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget Daniel Mukoko Samba a insisté sur la nécessité de poursuivre le projet.

En effet, le deuxième objectif, tout aussi important, est de permettre au secteur privé d’être le moteur du développement. Mais, il se fait que durant toute la période de son existence, cet aspect n’a été nullement exploité.

Comme cela est de coutume, à l’issue des travaux, les participants à l’atelier de clôture du Projet Compétitivité et Développement du Secteur Privé ont formulé quelques recommandations au Gouvernement de la République et aux bailleurs de fonds.

Au Gouvernement, il a été demandé de réaffirmer davantage sa vision du processus de réforme qui passe par son désengagement ; d’être présent dans la philosophie de la réforme, en adoptant un moyen efficace de communication pour éviter les résistances.

S’agissant de l’amélioration du climat des affaires et des investissements, il est appelé à accompagner le processus d’arbitrage pour que les Congolais s’y expriment. Le gouvernement doit aussi travailler pour l’extension des chambres de commerce en vue des garanties juridiques et judiciaires, soutenir activement le Guichet unique pour l’extension de ses activités en provinces.

Enfin, les participants recommandent au Gouvernement de prendre langue avec les bailleurs de fonds pour que le projet se poursuive.

S’agissant des bailleurs de fonds, on attend leur implication dans la réforme du secteur privé.

Dom

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