Le PMURR : bilan globalement satisfaisant

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    Le Projet multisectoriel d’urgence de reconstruction et de réhabilitation financé à partir de 14 août 2002, par la Banque mondiale et ses différents partenaires, est parvenu à son terme au mois de mars 2010, 7 ans plus tard. C’est l’heure du bilan des actions entreprises dans les divers secteurs, et de l’évaluation des projets exécutés dans les onze provinces de la RDC.

    Pour ce faire, les acteurs impliqués dans sa mise en œuvre, les bénéficiaires institutionnels et directs, sous les regards attentifs des responsables et experts de la Banque mondiale et du PNUD, cogitent depuis hier, à l’Hôtel Memling, sur les mécanismes pour l’appropriation de tous les projets, en vue de la pérennisation des acquis enregistrés. C’est le ministre du Plan Olivier Kamitatu, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, en présence de son collègue des Affaires sociales Kambere, et la vice-ministre aux Finances Jonas Mbitso Ngedra.

 

    Dans son mot de bienvenue, le coordonnateur national du PMURR a indiqué que cette rencontre visait dresser le bilan de ce projet multisectoriel, considéré comme la fille aînée de la reprise de la coopération structurelle entre la RDC et la Banque mondiale. Bilan qu’il a qualifié de globalement positif. Pour lui, le PMURR arrivé à son terme, est comme un artiste qui meurt, mais ses œuvres restent.

La directrice des opérations de la Banque mondiale pour la RDC et la république du Congo, considère quant à elle que ce projet ressemble à un dinosaure que l’on conduit à sa dernière demeure depuis le 31 mars 2010. Aujourd’hui, à la faveur de cette séance d’évaluation, il s’agira de voir ce qui a marché et pourquoi ça a marché, tout comme ce qui n’a pas marché et pourquoi ça n’a pas marché.

    Marie Françoise Marie-Nelly a rappelé l’origine de ce projet qui a vu le jour dans un contexte difficile ayant prévalu avant ce programme. En 2001 et 2002, a-t-elle fait remarquer, le pays était divisé, 60 % du territoire étaient sous occupation de la rébellion. La plupart des infrastructures qui n’avaient plus connu d’entretien, étaient dans un état de dégradation avancée.

    Le même constat était fait dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Dans le secteur agricole, le gros potentiel était en total désarroi.

    Entre plusieurs projets dans plusieurs secteurs, le choix a été porté sur un projet multisectoriel devant parer aux plus pressants des besoins. Et la Banque mondiale a créé plusieurs structures pour la mise en œuvre de ce projet, dont le BCECO, le BCMI.

    Le PMURR a bénéficié de plusieurs lignes de crédit : 412 millions de dollars pour le volet infrastructures, 148 millions de dollars pour le volet social, 7 millions de dollars dans celui de développement des stratégies de secteur, renforcement des capacités et réformes institutionnelles. Et enfin, 47 millions de dollars pour la gestion, le suivi et évaluation des programmes des projets. Le montant total alloué au projet est estimé à 680 millions de dollars. La totalité des fonds ayant été investie dans la réalisation des projets, on ne peut que se réjouir de constater que la situation a fondamentalement changé.

 

Le bilan des projets réalisés, les leçons à tirer

 

    Un rapport d’achèvement sera fait par les acteurs qui devront aborder tous les aspects financiers, techniques, environnementaux et autres.

Au moment où l’on doit évaluer l’exécution des projets, la performance réalisée, Marie Françoise Marie-Nelly préconise qu’on essaye de tirer les leçons de l’expérience menée par les autres pays en Afrique, précisément dans dix pays réputés fragiles.

    La directrice des opérations de la Banque mondiale a apprécié particulièrement la démarche participative envisagée pour l’évaluation des projets, avec l’audition des témoignages des bénéficiaires institutionnels et directs.

    Elle en a profité pour épingler quelques projets-phares des infrastructures réalisés, notamment la route Kinshasa-Matadi, l’avenue Kasa-vubu, le projet d’adduction d’eau dans la ville de Kinshasa. Dans la foulée, Marie Françoise Marie-Nelly s’est alors posé la question de savoir ce que vont devenir les actifs acquis dans le cadre de ce projet ? Comment pérenniser les projets, afin que l’on ne retombe plus à la case départ ?

    Dans le secteur de la santé, un accent particulier a été mis sur la réhabilitation et la construction de 70 centres de santé dans les provinces. D’où elle s’est interrogée sur ce qui va se passer si le ministère de la Santé ne prenait pas en charge ces nombreux centres de santé ?

    Pour ce responsable de la Banque mondiale, après la phase d’exécution des projets, il est temps de passer à la phase de développement durable.

    Pour terminer, elle a remercié tous les bailleurs, les acteurs, le comité de pilotage du PMURR, le BCMI et le BCECO, ainsi que d’autres partenaires institutionnels qui ont concouru à la réalisation de ce programme.

    Pour sa part, le ministre du Plan Olivier Kamitatu a loué l’action de la Banque mondiale qui avec ses projets, a consacré la reprise de la coopération structurelle avec la RDC, à l’époque où notre pays était considéré comme pas très fréquentable. La Banque mondiale, a-t-il fait observer, n’avait pas lésiné sur les moyens pour voler au chevet de la RDC, avec un montant total des engagements estimés à 1,7 milliard de dollars dont beaucoup dans le PMURR, dévoilant ainsi sa volonté d’accompagner le redémarrage de notre économie.

Olivier Kamitatu attend des présentes assises qu’elles soient l’occasion de préconiser les mécanismes de pérennisation des projets. Et  d’insister pour que l’aide ne crée plus des poches d’exclusion, mais qu’elle puisse également favoriser le renforcement des capacités.

Le ministre du Plan s’est d’autre part engagé à transmettre au gouvernement toutes les recommandations qui seront faites à l’issue de cet atelier dont la clôture intervient cet après-midi.

Les participants ont suivi hier dans l’après-midi, un exposé succint de Théophile Matondo, le D.G. a.i. du BCECO, sur les projets des infrastructures réalisés dans le cadre du PMURR, tandis que la sous-composante des projets sociaux a été dévoilée avec ses principales réalisations.

Si les responsables de l’Office des routes, des cellules d’appui technique à l’énergie, le coordonnateur du volet A du PMURR, ont tour à tour parlé des projets exécutés sous leur contrôle, les bénéficiaires directs ont livré leurs témoignages sur les changements apportés par les projets dans les secteurs de la santé, l’éducation, l’agriculture, et la route.

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