Le plan Mukoko pour l’émergence de la RD Congo

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A l’initiative de B-One télévision, le professeur Daniel Mukoko Samba, Vice-premier ministre et ministre du Budget, a animé une conférence au Grand Hôtel Kinshasa, le vendredi 30 mai 2014, autour du thème : « Vers l’émergence. Quels sont les mécanismes à mettre en place pour qu’un pays l’atteigne dans le délai voulu ». La démarche, selon l’orateur, est de livrer à l’assistance les mécanismes qu’un pays devra mettre sur pied pour atteindre l’émergence, qui, en ce qui nous concerne, est un appel du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, au moment de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2011. « Il avait fixé une échéance à la nation pour 2030 afin que le Congo devienne un pays émergent d’ici cet horizon. C’est important de comprendre le sens de cet appel qui ressemble à celui du général De Gaulle du 18 juin 1940… » a d’entrée de jeu souligné le professeur.

Définissant « pays émergents » comme des pays dont le PIB par habitant est inférieur à celui des pays développés, mais qui connaissent une croissance économique rapide, et dont le niveau de vie ainsi que les structures économiques convergent vers ceux des pays développés, Daniel Mukoko a néanmoins précisé qu’il n’y a pas un modèle type à copier ici, mais à suivre. « Pour deux raisons principales, la RDC aspire à l’émergence : d’abord notre géographie et les appétits stratégiques autour de nous ; ensuite, nos propres défis internes dont les principaux sont d’ordre démographique et urbain. Un pays qui aspire à l’émergence est celui qui sait jouer sur le marché international et capable de gagner des parties des marchés, ce qui est impossible, si non ne réussit pas le rattrapage technique…» a-t-il indiqué.

Les signes

 Quels sont signes montrant que le pays est sur la voie de l’émergence ? Avec quel type de dirigeants ? A ce questionnement, le Vice-premier ministre a fait observer qu’il y a un refus de tendances actuelles dans la marche vers l’émergence. Pour lui, il faut une rupture, car avec la tendance actuelle on arrivera quelque part, mais pas assurément à l’émergence. « C’est un nouveau sentier qu’il faut créer ; il faut réaliser un changement d’échelle. Cela est possible ! » a-t-il clamé.

Dans le lot des préalables, Daniel Mukoko a cité la sécurité alimentaire, parce qu’au-delà du degré d’indépendance qu’il confère au pays, elle montre le mieux le besoin du changement ; et aussi le progrès de l’insertion financière. « Bientôt 51% des Congolais vivront en villes ; Où vont-ils travailler ? Comment vont-ils se mouvoir ? Il faut aujourd’hui aller chercher l’argent l’extérieur, en veillant à créer une vraie classe moyenne, un vrai entreprenariat congolais » a-t-il préconisé.  Avant d’ajouter que l’appel du Chef de l’Etat à l’émergence n’est pas un vœu pieux, car il y a un lien étroit entre accélération de croissance, maintien de l’unité du pays et défense de l’intégrité territoriale.

Il convient de noter que l’émergence est soit au niveau quantitatif, avec un décollage des activités productrices, soit au niveau qualitatif, grâce à la complexification / diversification de l’économie et de la société en rupture avec l’ancien modèle, et à l’apparition de caractéristiques nouvelles, correspondant à la notion d’émergence appliquée à l’économie. On parle d’ailleurs aussi d’ « économies émergentes » ou d’émergence économique.

La liste des pays auxquels s’applique ce terme varie selon les sources et selon les époques. On a ainsi le BRIC qui est le premier à désigner les quatre principaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui sont susceptibles de jouer un rôle de premier plan dans l’économie mondiale dans un futur plus ou moins proche. BRIC, apparait en 2011 avec l’ajout de l’Afrique du Sud qui participe désormais aux sommets regroupant ces pays. BRICM est également invoqué pour prendre en compte le Mexique ou BRICI, l’Indonésie.

Soulignons qu’à l’introduction de cette conférence, l’ambassadeur Mutamba, propriétaire de B-One TV, avait souligné que le cycle de ces conférences dont l’ancrage est le travail, permet d’examiner comment notre pays s’organise, se projette dans le futur.

Tshieke Bukasa

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