Le pavé d’une Congolaise du Sud-Kivu

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concertation nationaleOreli Bitondo, une activiste de la Société civile du Sud-Kivu, a crevé l’abcès sur la présence des étrangers dans les services de sécurité congolais. Ce serait là, d’après la précitée, une des causes de l’absence et de la faiblesse de l’Etat dans la province du Sud-Kivu, précisément dans le territoire de Mwenga.

C’est au cours de la plénière d’hier lundi 23 septembre dans les Etats Généraux chargés de « Décentralisation et Renforcement de l’autorité de l’Etat » en la salle des Spectacles du Palais du peuple que l’incident s’est produit. Dans son intervention, Oreli Bitondo a fait une description macabre de l’Etat de non-droit qui règne dans certains villages de Mwenga occupés par la force négative rwandaise « FDLR ».

Pour cette femme de Mwenga, cette faiblesse de l’Etat est causée par la présence des étrangers dans les services de sécurité congolais, qui travaillent pour le compte des ennemis. Elle a fait savoir que dans certains villages du même territoire, des Rwandais s’imposent en maitres, au détriment des autochtones, contraints de vivre dans la clandestinité ou en exil dans les pays voisins.

Révolté par ce coup de gueule de Bitondo, l’ancien Vice-gouverneur du Bas-Congo, Deo Nkusu, est sorti du bois à travers une sorte de motion incidentielle, pour balayer d’un revers de la main les allégations de cette activiste de la Société civile du Sud –Kivu qui, selon lui, accuse le chef de l’Etat de nommer des étrangers dans les « services ».

Deo Nkusu n’a pas digéré le fait que certains proches du Chef de l’Etat, à l’instar d’un des co-modérateur des Etats  Généraux de « Décentralisation et Renfoncement de l’autorité de l’Etat », en l’occurrence l’ancien Directeur de cabinet du président de la République, le professeur Adolphe Lumanu, ont gardé silence face à de telles insinuations.

Taxé de Rwandais lors de la dernière élection du gouverneur de Bas-Congo, Deo Nkusu a déclaré que la fameuse présence des étrangers ne relève que de la délation pour éliminer des adversaires politiques.

Face à la montée de la tension dans la salle des Spectacles, Lumanu a dû calmer le jeu en faisant remarquer que le président Joseph Kabila a convoqué les Concertations nationales pour que les Congolais abordent tous les sujets d’intérêt national sans tabou, afin de trouver des solutions idoines aux problèmes qui menacent la survie de la Nation.

L’ancien ministre de l’Intérieur a souligné que la dénonciation de la présence des étrangers dans les services de sécurité ou d’autres institutions ne stigmatise pas une quelconque ethnie.

Il faut noter que tout au long de ce débat, la plupart  d’intervenants ont reconnu la faiblesse de l’Etat congolais à l’Est et proposé comme pistes de solutions le renforcement du dispositif national de défense, de la justice, l’assainissement de l’administration publique, etc.

ERIC WEMBA        

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