Le pavé du Dr Buassa : «Quand on jouit des avantages du pouvoir, il est difficile de contester sa légitimité ! »

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prof-buassaL’actualité politique en RDC, tel du sable mouvant, est marquée ces temps derniers, par la tempête soulevée par le projet dit de « concertations nationales », que certains voudraient ériger en dialogue national inclusif, tandis que d’autres souhaitent réduire au niveau de simple forum de réflexion pour la cohésion nationale. Et pendant que la querelle sémantique bat son plein dans tous les cénacles, pour la quête d’une formule consensuelle acceptable par tous, pendant que les chasseurs de primes traquent le secret de retombées de leur future participation en termes de durée de ces concertations nationales et du montant du perdiem; la population congolaise, véritable dindon de la farce, ne sait où donner de la tête, car toujours préoccupée par la recherche effrénée des solutions de son vécu quotidien.

Des acteurs politiques aussi bien de la Majorité présidentielle, que leurs affidés de l’opposition, tout autant que les composantes de la société civile, sont plus que jamais divisés quant aux stratégies pour régenter ces assises et en tirer seuls les dividendes, alors que la véritable opposition se bat comme un diable dans un bénitier pour amener le peuple à s’approprier ce forum qui sans avoir commencé, fait déjà couler beaucoup d’encre et de salive. Et au moment où les conciliabules se multiplient à n’en point finir et les discussions se succèdent dans chaque camp, la plate-forme politique G 14 est revenu à la charge le samedi 27 juillet dernier. Par la voix de Dr Buassa, cette structure regorgeant en son sein de quelques têtes pensantes de l’opposition allergiques à toute complicité avec la majorité présidentielle, s’est prononcée quant au projet de concertations nationales. La plateforme a aligné à la tribune, pour la circonstance, Dr Buassa, le président Ezulua et Ilito. Dans la salle VIP de Notre-Dame de Fatima, on notait également la présence du membre du comité Baelongandi et d’autres cadres.

En huit points, le G 14 a décliné sa position et attiré l’attention du peuple congolais sur les enjeux de ces fameuses concertations nationales par lesquelles il n’a pas été consulté pour la prise en compte de son cahier de charges. Oubli ou omission volontaire, Dr Buassa ne se l’explique pas. Le G 14 soutient pour sa part que pour régler des problèmes majeurs qui touchent aux intérêts vitaux de notre peuple, telle la situation dangereuse qui prévaut à l’Est et qui tend de nous imposer une balkanisation de fait, le peuple dans sa diversité et dans ses principales composantes, devait être consulté.

            Le G14 rejette avant tout l’ordonnance n° 13/078 du 26 juin 2013 portant création, organisation et fonctionnement des concertations nationales. Et pour cause !  A la suite de la crise de légitimité reconnue par la plupart des Congolais et la communauté internationale, dont les résultats contestés par certains acteurs politiques de la Majorité présidentielle et des partis de l’opposition, ont entraîné le limogeage du pasteur Ngoy Mulunda et de tout son bureau, Dr Buassa relève que ce n’est pas le pouvoir en place qui devait organiser ces concertations. Il y a eu en effet, le président du Sénat et le président de l’Assemblée nationale à avoir réfléchi seuls, sans la collaboration des plénières de leurs institutions, sur les modalités d’organisation de ce dialogue national. C’est dire que ce sont des individus et non leurs institutions qui ont dessiné la configuration de ce forum et élaboré les articulations de toute son architecture.

Dr Buassa : «La composition suffit pour orienter les décisions de ce forum ! »

            Dr Buassa a démontré que le fait de constituer huit composantes dont six sont acquises au régime en place, ne pouvait pas rassurer quant à la neutralité des participants. A ce sujet, il a fait remarquer que les membres des six composantes sont désignés par la majorité, notamment dans les institutions nationales, les institutions provinciales, les partis politiques, les autorités traditionnelles, les personnalités historiques, les experts de la présidence de la république, les invités du Chef de l’Etat, la société civile. Comme on le voit, a noté ce modérateur de G 14, le cadre de concertations nationales devait être extra-institutionnel. En outre, l’ordonnance du chef de l’Etat ne définit pas le mode de prise de décision, ainsi que l’applicabilité de ses décisions ou de ses résolutions. D’où, il a conclu que ce forum avec une telle configuration est un poison pour notre peuple.

            Le G 14 qui tient à ce que les Congolais puissent se parler entre eux, parce qu’ils ont beaucoup de choses à se dire ensemble, a indiqué Dr Buassa, accepte de participer au dialogue national inclusif, tel que recommandé par l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et dans la résolution n° 2098 du Conseil de sécurité de Nations Unies. Quant à sa composition, cette plateforme politique de l’opposition estime que ce dialogue national inclusif devait regrouper deux composantes essentielles, à savoir : d’une part, la délégation des acteurs politiques appartenant à la famille politique du chef de l’Etat et de tous ceux qui reconnaissent la légitimité des institutions issues des élections du 28 novembre 2011, et d’autre part, la délégation des acteurs politiques qui ont rejeté et qui continuent à contester les résultats des élections  de novembre 2011, et qui sont à la base de la crise de légitimité des institutions politiques de la RDC.

            Parlant de la médiation, Dr Buassa soutient la double médiation internationale à assurer conjointement par Mary Robinson, l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour la région de Grands lacs, et par le président du Congo, Denis Sassou Nguesso. Justifiant ce choix, le modérateur de G 14 note que le président Sassou Nguesso est la personne la plus outillée pour cette tâche délicate. Car, il connait bien la RDC, son histoire, ses acteurs politiques dont il a rencontré la plupart des ténors. En plus, c’est le voisin le plus proche, mieux un frère, et qui parle le français, le kikongo et le lingala, trois langues parlées en RDC. A ce titre, il est suffisamment expérimenté pour résoudre la crise congolaise.

            Par souci d’équilibre dans la direction des travaux, le G14 recommande que la modération de ces assises soit assurée à tour de rôle par les chefs des délégations de la majorité et de l’opposition. Et Dr Buassa d’ajouter qu’il est indispensable que le dialogue national inclusif, soit précédé d’une pré-concertation appelée à baliser le chemin, entre les deux camps protagonistes, en vue de préparer consensuellement les termes de référence. Compte tenu de la méfiance suscitée par la majorité au pouvoir, le G 14 invite le peuple congolais à la vigilance comme à l’époque de la Conférence nationale souveraine, afin de sauvegarder les intérêts supérieurs de la nation. Et pour terminer, Dr Buassa a martelé que le G14 opposera une fin de non recevoir à toute tentative de révision de toutes les dispositions verrouillées de la Constitution.

                                   J.R.T.    

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