Le Parc des Virunga menacé par les enjeux politiques

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88L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) a lancé, le 25 juin 2013, une vaste opération de déguerpissement d’occupants illégaux du Parc National des Virunga, dans le secteur de Kasindi, Lubiriha et Kambo, au Nord-Kivu. Il s’est agi, pour la circonstance, de la destruction, par les gardes de ce site, d’environ 30 hectares de champs ainsi que d’une trentaine de maisons en pailles ou en tôles. Mais avant d’en arriver à cette mesure extrême, il avait été décidé, au cours d’une réunion de sécurité présidée par l’Administrateur du territoire de Beni, en date du 29 mars 2013, avec la participation des délégués de l’ICCN et des responsables locaux de tous les services de l’Etat, d’accorder un délai de grâce aux agriculteurs et propriétaires des constructions anarchiques se trouvant à l’intérieur du Parc de Virunga.

            Dans le souci de ne pas surprendre leur bonne foi dans l’application des lois de la République et des conventions internationales relatives à la protection de ce patrimoine mondial, il leur avait été accordé un moratoire de deux mois, assorti d’une prolongation de deux semaines après son expiration. En plus, une large campagne de sensibilisation avait été menée, auparavant, sur la nécessité de préserver les espèces végétales et animales rares dont regorge le Parc National des Virunga, après leur pillage par des seigneurs de guerre qui écument la partie Est du pays voici près de deux décennies.

            Tout se serait passé sans incident, n’eut été la campagne d’intoxication des autochtones par des acteurs politiques du coin, qui les ont chauffés à blanc, les poussant à s’opposer à l’opération d’assainissement du Parc des Virunga. Ils ont failli atteindre leur but car le 26 juin 2013, des inciviques se sont attaqués aux personnels et à un véhicule de l’ICCN, puis tenté d’incendier le poste de patrouille de l’ICCN à Lubiriha. Mais, au bout du compte, il y a eu plus de peur que de mal et le calme a été rétabli par les gardes des lieux.

            A en croire des informations en circulation à travers le territoires de Beni en général et le secteur de Kasindi, Lubiriha et Kambo en particulier, des acteurs politiques malintentionnés voudraient se servir des agriculteurs et envahisseurs du Parc de Virunga comme fond de commerce pour la campagne électorale future relative aux élections des députés provinciaux, sénateurs, gouverneurs de provinces, bourgmestres et chefs de secteurs. Aussi, dans le dessein de se faire passer pour des avocats et protecteurs des autochtones, ils ont distillé des nouvelles selon lesquelles les gardes de l’ICCN auraient chassé des citoyens congolais du Parc des Virunga et contraints ceux-ci à s’exiler en Ouganda.

            L’affaire a fait grand bruit dans les milieux politiques de Beni et de Kinshasa mais après vérification, il a été constaté qu’aucun autochtone n’a franchi la frontière congolo-ougandaise et tout est rentré dans l’ordre après l’incident du 26 juin 2013. Ce qu’il faut craindre est que la politisation du dossier du Parc de Virunga ne porter un grave préjudice aux animaux et végétaux de ce site compté parmi les plus stratégiques et les plus vastes d’Afrique, avec plus de 800.000 hectares. On croit savoir qu’au-delà des visées électoralistes, la manipulation des autochtones viserait à faire tomber des têtes à l’ICCN, où pourtant les responsables ne font qu’appliquer les règles relatives à la sauvegarde des espèces végétales et animales de ce site, qui fait la renommée de la RDC dans tous les cercles internationaux des amoureux de la nature.

                                       Kimp

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