Le MLC exige un nouveau consensus national

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La fâcherie contre la dernière sortie médiatique du président de la Commission Electorale Indépendante(CEI), l’abbé Apollinaire Malumalu, continue de dominer le microcosme politique congolais. Le samedi 14 août 2010, le siège de l’Interfédération de Kinshasa du Mouvement de Libération du Congo(MLC), plein comme un œuf, a accueilli ses cadres, militants et sympathisants venus pour avoir des éclaircissements sur la position officielle du parti au sujet du nouveau calendrier électoral publié par la CEI la semaine dernière. 

            A cette occasion, le président de l’Interfédération du MLC/Kinshasa, Adam Bombole Intole, a accordé le privilège au Secrétaire général, François Muamba Tshishimbi, de s’entretenir avec son auditoire sur cette question d’intérêt majeur. D’entrée de jeu, le numéro 1 du MLC a souligné que son intervention vise à attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le grave dysfonctionnement et le risque majeurs du dérapage du processus électoral en cours. Ce processus, rappelle-t-il, qui a demeuré avec la deuxième guerre de libération en 1998, année de la création du MLC, avait convaincu toutes les parties de déposer les armes en vue d’une transition apaisée devant aboutir à des élections libres, transparentes et démocratiques. « Pour aller à ces élections, il a fallu un consensus autant sur le cessez-le-feu que sur le choix d’un arbitre indépendant que nous avons appelé CEI… » a clamé François Muamba, tout en soulignant que son parti n’a jamais dérogé à son engagement d’œuvrer pour la paix, malgré les malheureux événements d’août 2006 et de mars 2007. 

Patriotisme n’est pas synonyme de stupidité 

            Pour l’intérêt supérieur de la Nation, nous avons reconnu ces résultats malgré la manière dont ils nous ont été communiqués, a sèchement tranché le député national. De même, la loi portant sur la CENI  s’avère insatisfaisante pour le MLC, obligé de la cautionner pour faire avancer les choses, tout en misant sur la bonne volonté des autres. « Cela n’est pas synonyme de stupidité. Ne profitez pas de notre patriotisme pour nous faire avaler n’importe quoi ! En 2006 nous avons accepté, mais aujourd’hui nous voulons des élections réellement libres, démocratiques et transparentes. Nous n’irons pas à n’importe quel type d’élections ! » 

            Respectueux de la Constitution, le parti cher à Jean-Pierre Bemba a indiqué que depuis 2006, il est clair que la suite du processus n’était plus l’affaire de l’actuelle CEI. D’ailleurs, a rappelé François Muamba, dans son Arrêt du 22 août 2007 la Cour Suprême de Justice avait confié trois tâches à la CEI, instrument existant par la volonté d’un consensus politique, à savoir : expédier les affaires courantes et préparer sa propre liquidation; finaliser le processus électoral démarré en 2005 avec l’enrôlement et devant se clôturer avec l’organisation des locales ; mettre au point et déposer le rapport final au parlement. « Rien de plus ! » s’est exclamé Muamba, avant de poser plusieurs questions sur la besogne à laquelle se livraient tant la CEI que le gouvernement durant ces trois dernières années. «Combien de fois n’avons-nous pas attiré l’attention du gouvernement en matière budgétaire ? Tout d’un coup on veut nous faire croire qu’il y a des problèmes, alors que gouverner, c’est prévoir. Pour nous, ce sont des manoeuvres pour créer des conditions des élections tropicalisées afin que quoiqu’il arrive, un camp l’emporte » a-t-il souligné. 

Trouver un nouveau consensus       

Nul n’a le droit de modifier d’un iota, les prescriptions constitutionnelles. Nous suggérons que tout le monde se mette autour d’une table afin de trouver ensemble un consensus pour aller jusqu’au bout de ce processus, a lancé François Muamba, conscient qu’un passage en force à l’image de celui imposé par la CEI est susceptible de créer un climat malsain dans le pays. « CEI, CENI, Majorité et opposition parlementaire et extraparlementaire doivent absolument se mettre ensemble. Les élections étant la respiration du corps RD Congo qui en a vivement besoin pour vivre, une mascarade comme celle de 2006 ne sera pas acceptée. La seule solution est un nouveau consensus.

            Si tel n’est pas le cas, ceux qui tentent un passage en force, prendront seuls leurs responsabilités »a-t-il averti, en appuyant qu’il ne s’agit pas d’un piège politicien pour esquiver les élections car le MLC est déjà prêt mais veut clarifier les règles du jeu. 

Tshieke Bukasa

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