Le ministre Kalumba demande pardon aux députés

0
88

Palais du peuple, le parlement à Kinshasa, 2007.Sous couvert de vrais-faux ennuis de santé, le ministre des Transports et Voies de Communications, Justin Kalumba, avait échappé, au mois de mai dernier, à une motion de défiance dirigée contre lui par un député de la Majorité Présidentielle. On rappelle qu’il lui était reproché, dans ladite motion, des propos outrageants à l’endroit du Président de l’Assemblée Nationale et des élus du peuple, dans une correspondance adressée au Premier ministre, à la suite du rejet de son projet de loi relatif au Code de  la route, balayé d’un revers de la main par la motion incidentielle de l’honorable Thomas Lokondo.

Face à un cas de force majeure et après avoir mis sur pied une Commission spéciale sous la direction du député national et ministre honoraire de la Santé, Victor  Makweng Kaput, pour vérifier  l’état de santé réel du titulaire du portefeuille des Transports et Voies de Communications, le speaker de la chambre basse du Parlement, Aubin Minaku, avait résolu de renvoyer l’examen de cette motion de défiance à la session de septembre.

Alors que l’opinion s’impatiente de connaître la sanction qui  lui sera infligée, surtout que la motion dirigée contre lui vient de sa famille politique, Justin Kalumba, qui tient  à conserver son fauteuil, a anticipé en optant pour le bas profil.

Dans une lettre adressée récemment au Président de l’Assemblée nationale, le ministre des Transports et Voies de Communications présente ses excuses à l’ensemble des députés nationaux. Il justifie son initiative par le malentendu suscité par sa note du 21 mai 2015, adressée au chef du gouvernement, à la suite du rejet par l’Assemblée nationale, du projet de loi portant Code de la route.

Dans la même correspondance, Justin Kalumba s’engage à tirer toutes les leçons de ce malentendu et à faire en sorte qu’il ne se produise plus à l’avenir. On apprend que quelques jours plus tôt, il s’était excusé publiquement devant les députés de la Majorité présidentielle, pour son écart de langage.

Après ce geste d’humilité de ce membre du gouvernement, la balle est maintenant dans le camp des élus du peuple, qui ont le dernier mot pour l’acceptation ou et le rejet de ce mea culpa.

Vont-ils revoir leur position après avoir subi l’outrage du patron des Transports et Voies de Communications ? Rien ne le garantit dans un contexte de fronde du G7 à l’intérieur de la Majorité et des relations difficiles entre le président de l’Assemblée Nationale, Aubin Minaku, et le Premier ministre, Augustin Matata.

Bien d’observateurs pensent que le pardon, qui est un acte moral, ne peut pas annuler une motion de défiance, une prérogative dévolue aux députés par la Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée.

On signale, par des sources parlementaires, qu’une autre motion, ficelée par un député de l’Opposition, et adressée au ministre des Transports et Voies de Communications, au sujet du dossier  des aéronefs achetés par le gouvernement pour la compagnie nationale aérienne Congo Airways, dont le coût réel serait en-deçà des chiffres présentés par la partie gouvernementale.

            Eric Wemba