Le ministre de la Santé échappe à un attentat

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La nouvelle saison criminelle 2010 a peut-être commencé avec comme première victime, un membre du gouvernement Muzito, en la personne de Victor Makwenge Kaput, ministre de la Santé.

Les malfaiteurs qui n’ont toujours pas désarmé, malgré les menaces réitérées du ministre de la Justice et celles de l’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa, ont juré de dévoiler toute leur capacité de nuisance et de renvoyer aux études, tous les responsables des services d’enquête de la Police nationale congolaise. En effet, après les opérations Kimia, le bouclage de certains quartiers de la ville et les contrôles des véhicules, la nuit, sur certains tronçons les plus fréquentés de Kinshasa, l’arrestation de quelques-uns de ses membres, la pègre a tenté de frapper un grand coup, vendredi 19 mars dans la commune de la Gombe.

Victime ciblée : le ministre de la Santé qui, jusque 19 H30’, était encore à son cabinet de travail pour liquider les dernières correspondances réceptionnées dans l’après-midi.

Soudain, une voiture Mercedes 200 Elégance, phares ronds, de couleur grise métallisée, plaques d’immatriculation BC 9224 BC, fait son entrée dans l’enceinte du ministère. Un élément en tenue et armé de la police descend de la limousine pour ouvrir la portière à un homme d’une trentaine d’années.

Les policiers de garde l’invitent poliment à décliner l’objet de sa visite tardive au cabinet de la Santé et l’identité de la personne qu’il souhaitait rencontrer.

«Je suis colonel et assistant de l’Inspecteur général de la police. J’ai rendez-vous avec le ministre, indique le visiteur, avec un air sérieux. Les policiers lui demandent de s’installer dans la salle d’attente, le temps de permettre au protocole de s’assurer de la disponibilité du ministre.

C’est à ce moment que se produit un incident  révélateur de la suite des événements. Appelé à déposer son arme au poste de garde, le policier  accompagnant le colonel refuse de s’exécuter. On le somme de se soumettre ou d’évacuer les lieux.

Accrochage entre les assaillants et l’équipe d’intervention de la PNC

Pendant ce temps,  faisant les cent pas dans la salle d’attente, un téléphone accroché à l’oreille, deux autres portables dans l’autre main, le colonel visiteur tente d’entrer en contact avec un correspondant sans y parvenir. Soudain, il adopte un ton menaçant. «Il doit voir coûte que coûte le ministre et ce,  quelles que soient ses occupations», dit-il, sur un ton énervé .

Rejoint par son  garde du corps, il déclare qu’il n’a plus de temps à perdre. Les policiers commis à la garde du ministère  comprennent alors que les assaillants sont animés de mauvaises intentions et tentent de maîtriser leur collègue policier. Plus rapide, ce dernier brandit son arme et menace d’ouvrir le feu au moindre geste suspect. Panique générale et débandade au ministère. A la suite des coups de téléphone de détresse, l’inspection générale de la police promet de dépêcher sur le lieu une équipe d’intervention rapide. La tension monte d’un cran.

Face à la nouvelle menace, les policiers de garde tentent d’endormir l’adversaire, juste le temps d’organiser la riposte. L’opération est très risquée car nul ne peut prévoir la réaction d’un lion pris en cage. La riposte va tout de même arriver, sous la forme de coups de semonce tirés par un policier qui n’était pas dans le champ de vision des visiteurs indésirables.

C’est à ce moment précisément qu’atterrit sur les lieux l’équipe d’intervetion rapide dépêchée par l’Inspection générale de la Police. Il était 21h30’.

Se sentant  pris dans un traquenard, le fameux colonel et son garde du corps tentent de se frayer une voie de sortie vers le boulevard du 30 juin. Le policier tire à volonté et vide chargeur sur chargeur. Jusqu’à ce que, faute de munitions, il tombe dans les filets de la vraie police. Son «colonel» aussi.

De cet accrochage, on ne déplore aucun blessé, ni mort, de part et d’autre. Aussitôt appréhendés, le suspect et son élément de garde sont acheminés sous haute escorte à l’Inspection générale de la police où ils sont soumis présentement à un interrogatoire serré.

Ayant appris l’incident, le ministre Victor Makwenge, quelque peu traumatisé, est sans doute désireux de connaître les raisons de cette agression manquée à son cabinet. L’a-t-on ciblé personnellement- et pourquoi? L’enquête est ouverte.                                                    

    J.R.T.

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