Le message de l’amie britannique : sans la Monusco, le Congo voué au chaos et à l’anarchie

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monuscoLe discours prononcé avant-hier par l’Ambassadrice de la Grande Bretagne à l’occasion de la commémoration de l’anniversaire de la naissance de la Reine Elisabeth II,  semble avoir dépassé les limites  protocolaires pour insister en des termes non équivoques sur la mission que certaines puissances occidentales tiennent à accomplir en RDC. Pour Mme Diane CORNER,  il s’agit d’une mission salvatrice car elle a comme soubassement « la défense de la démocratie considérée comme la meilleure façon d’assurer la stabilité et la prospérité en Rd Congo ». 

 Or, pour protéger cette démocratie, les trois puissances occidentales, à savoir Les Etats-Unis d’Amérique, la France et la Grande Bretagne « usent de leur position au sein du Conseil de Sécurité pour confier à la MONUSCO le mandat efficace dont elle a besoin. Voilà pourquoi nous accordons du Représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies, M. Martin KOBLER.Voir un Etat stable et prospère, c’est également la raison pour laquelle nous appuyons les efforts de l’Envoyée Spéciale Mary ROBINSON et les autres Envoyés internationaux dans leurs efforts visant la mise en œuvre de l’Accord Cadre d’Addis Abeba ».

Sans la Monusco, c’est le chaos

 Sans le dire expressément, l’Ambassadrice britannique a tenu à rappeler à l’opinion que le jour où la MONUSCO quittera la RDC, ce sera le chaos. Parce que c’est cet organisme de l’ONU qui assure la paix et la stabilité en RDC. Autrement dit, lorsque l’Occident prend position, il convient de méditer profondément avant de le vilipender, car le pire risque de frapper ce pays. Un avertissement qui n’est pas anodin, a déclaré un observateur de la scène qui se  joue dans la région des Grands Lacs.

L’ONU liée à l’histoire de la RDC

 Il s’avère qu’à chaque tournant de l’histoire tumultueuse et palpitante de ce pays, l’on retrouve l’ONU, jouant toujours un rôle de sapeur-pompier pour assurer la paix, l’intégrité territoriale et la stabilité des institutions de la République. Mme Diane CORNER devrait avoir eu à l’esprit que dès l’aube de l’indépendance du Congo, ce sont les contingents de l’ONU qui ont été au front pour préserver la paix, la stabilité et surtout l’intégrité territoriale de ce pays. Ce sont les contingents onusiens originaires du Ghana qui avaient protégé le Premier Ministre Patrice LUMUMBA retranché dans sa résidence officielle de la Gombe jusqu’à sa fuite pour rejoindre ses partisans à Kisangani. C’est l’ONU qui avait créé l’ENDA, qui est la toute première école supérieure d’administration et de la magistrature pour suppléer à la carence au sein de ce corps après le départ précipité des magistrats belges au lendemain de l’indépendance. Ce sont toujours les contingents onusiens originaires de la Malaisie qui avaient combattu aux côtés des forces armées régulières pour mettre fin à la sécession katangaise, laquelle avait touché à l’intégrité territoriale du pays. C’est suite à l’implication ouverte de ces trois puissances occidentales au sein du CIAT ou Comité International d’appui à la Transition que le pays, sorti d’une longue guerre de cinq ans, a pu organiser des élections générales pour entrer dans la troisième République. En mettant en place une constitution encore en vigueur, des institutions républicaines, une armée républicaine et nationale ainsi que les différents services de sécurité et de la police.

Sans la MONUSCO, le gouvernement de la République n’aurait pas pu en finir avec le M23, fortement appuyé par le Rwanda et l’Ouganda. Ce sont les contingents tanzaniens, malawites et sud-africains qui ont constitué la brigade spéciale d’intervention de la MONUSCO pour porter un appui logistique aux FARDC pour détruire les bases militaires du M23 et d’autres mouvements armés irréguliers qui sévissent dans les territoires de l’Est. C’est encore la MONUSCO qui s’est chargée des opérations de désarmement, de regroupement, de rapatriement et de la réinsertion des éléments des FDLR dont la présence en RDC constitue le prétexte pour le Rwanda de continuer à créer des mouvements rebelles pour cacher les pillages, les massacres, les destructions méchantes et les déplacements massifs des populations civiles non armées. En clair, sans le dire, Mme Diane CORNER a tenu à lancer un message d’avertissement aux autorités congolaises pour cesser de fermer les yeux devant ce danger de voir le pays sombrer dans l’anarchie et le chaos.

F.M.      

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