Le matériel médical : un véritable casse-tête

0
49

Pour administrer des soins de qualité aux malades,  les hommes en blouse blanche doivent disposer d’un matériel médical adéquat. Cela est nécessaire dans la mesure où les médecins appelés à faire des diagnostics sur les patients doivent avoir à leur portée des salles d’opérations bien équipées, des appareils  lasers, de radiographie en grand nombre et des modèles récents….
D’une manière générale, Kinshasa est relativement bien pourvue en établissements hospitaliers de référence. On peut citer : l’ex hôpital Mama Yemo, les Cliniques Universitaires, la Clinique Ngaliema, l’hôpital de l’Amitié sino-congolaise, l’hôpital de Mutombo Dikembe, l’hôpital de Ndjili, du Cinquantenaire présentement en construction…. A cela, il faut ajouter les, les cliniques privés, les dispensaires….

La situation est moins reluisante dans l’arrière pays. Il est vrai qu’on dispose des hôpitaux de référence dans les grands centres du pays.  En outre , il se pose le problème de mobilité quand aux personnes domiciliées loin des centres urbains.

En somme, le vrai  problème est celui- ci  : les médecins affectés dans les  hôpitaux et cliniques  et généralement compétents,  disposent-ils du matériel médical  ? La réponse est négative.
Prenons le cas de la ville de Kinshasa pour dire que la quasi-totalité des salles d’opération des hôpitaux publics sont sous équipées. Pour se faire opérer, le patient a l’obligation d’acheter lui –même les gants, bistouris, compresses…bref, toute la trousse médical.

 

Quant aux appareils de radiographie, ils sont aussi en très petit nombre. Il en est de même des scanners et lasers. Les patients affectés des problèmes de nerfs doivent disposer de moyens conséquents pour se faire soigner. On leur dira par exemple de se diriger vers une clinique privée située  du côté du rond point Mandela pour passer au scanner. Comment comprendre que des hôpitaux puissent manquer cet appareil ?
Si le scanner est quasiment introuvable  dans les hôpitaux et cliniques publics, il est difficile de dire avec précision l’établissement hospitalier de l’Etat  où il y a  le laser.

Le monde à l’envers

En fait, les médecins qui se voient obligés de s’occuper des cas sérieux de fracture, des maladies internes … dirigent leurs clients auprès des cliniques privés.   Ne pouvant pas faire autrement, les clients s’exécutent. Ces gymnastiques alourdissent les frais dans la mesure où on paye doublement. C’est donc le monde à l’envers, pourrait-on dire. Ayant compris que les pouvoirs publics peinent à redresser le secteur sanitaire, ces privés en ont profité pour majorer les prix des consultations en radiographie, scanner,..

Comment en est on arrivé là ? La raison est bien simple : le budget alloué au secteur de la santé n’atteint même pas 5 %. Avec un budget aussi insignifiant, peut-on espérer voir les pouvoirs publics équiper comme il se doit nos hôpitaux ? 
Pour les gagne petits, la hantise est de ne pas tomber malade.
« Habitués à se faire soigner en Afrique du Sud si cela s’avère nécessaire, nos décideurs politiques ne voient aucun intérêt à s’occuper réellement du secteur santé », entend-on souvent auprès des gagne petits.
A l’approche des élections, les hommes « d’en haut » ont pris l’habitude de sillonner les différents coins du pays pour déposer ça et là quelques appareils médicaux. Ces gestes, certes louables, constituent des gouttes d’eau dans l’océan.

        Jean- Pierre Nkutu

LEAVE A REPLY

*